[GARR Haïti] - Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - [GARR Haïti] - Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - Organisations Partenaires Le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) est une plate-forme d'associations et d'organisations non gouvernementales travaillant sur la problématique de la migration. Tout en n'excluant pas les autres pôles de migration, le GARR concentre ses efforts sur la République Dominicaine où vivent de nombreux immigrants haïtiens et leurs descendants dans des situations déplorables. http://garr-haiti.org Thu, 16 Aug 2018 11:10:14 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr Des organisations haïtiennes de droits humains s’opposent à l’exploitation des mines métalliques en Haïti http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1838-des-organisations-haïtiennes-de-droits-humains-s’opposent-à-l’exploitation-des-mines-métalliques-en-haïti http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1838-des-organisations-haïtiennes-de-droits-humains-s’opposent-à-l’exploitation-des-mines-métalliques-en-haïti Les panélistes lors de la conférence de presse

« Eksplwatasyon min metalik p ap mennen peyi d Ayiti nan bon jan devlopman vre ! », scandaient des panélistes lors d’une conférence de presse tenue à Port-au-Prince, le 29 mars 2017.

Donnant lecture d’une note signée par GARR, POHDH, RNDDH et CE-JILAP, des représentant-e-s de ces institutions des droits humains ont averti le nouveau gouvernement haïtien et les parlementaires des conséquences dévastatrices de l’exploitation des mines métalliques sur l’environnent et les habitants des communautés concernées.

Se référant à l’énoncé de politique générale du Premier Ministre, Jack Guy LAFONTANT, où il a été question d’un nouveau projet de loi qui réglementera et permettra l’exploitation des mines tout en minimisant des impacts négatifs sur l’environnement, les panelistes ont déclaré que les autorités haïtiennes sont en train de berner la population.

M. Piervilus a souligné que l’Etat haïtien tente de convaincre les populations des zones concernées que l’industrie minière leur permettra de gagner de l’argent. Pourtant, c’est le contraire.

« C’est une mauvaise  propagande de  faire croire que l’exploitation des mines peut être un facteur de développement économique pour le pays.  Car,  les expériences antérieures ont montré que les activités d’exploitation des mines métalliques n’ont fait qu’augmenter les misères des gens, engendrer des épidémies et provoquer des phénomènes tels que la dégradation environnementale et la migration.», a dénoncé Alermy Piervilus, Secrétaire exécutif de POHDH.

Les panélistes ont dit constater qu’une frange de la communauté internationale avec la complicité de hauts fonctionnaires haïtiens veut imposer une loi illégitime qui met de côté l’instance de contrôle de l’Etat afin de donner libre cours à des compagnies étrangères pour exploiter les ressources minières du pays de façon irresponsable.

Selon eux, ce nouveau projet de loi minière enlève toutes les attributions du Parlement haïtien contrairement à celle en vigueur depuis 1976.

Les organisations signataires de la note ont adressé à l’Etat haïtien un ensemble de recommandations très hostiles à l’exploitation de mines métalliques.  Elles prônent un dialogue entre les forces vives du pays avant que le projet de loi soit soumis au Parlement. 

Elles appellent au ministère de l’environnement et d’autres ministères concernés par la question à doter le pays d’une politique de protection de l’environnement qui est adaptée et appliquée à la réalité haïtienne avant de poursuivre tout processus d’exploitation minière.

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gsainville@garr-haiti.org (Geralda Sainville) Organisations Partenaires Thu, 30 Mar 2017 18:41:02 +0000
Pour qu’un père reste avec sa fille : contre l’expulsion de Marc, parent d’enfant français http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1777-pour-qu’un-père-reste-avec-sa-fille-contre-l’expulsion-de-marc-parent-d’enfant-français-12-août-2016-marci-ressortissant-haïtien-de-trente-quatre-ans-réside-en-france-depuis-février-2010-de-sa-relation-avec-une-ressortissante-française-naît http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1777-pour-qu’un-père-reste-avec-sa-fille-contre-l’expulsion-de-marc-parent-d’enfant-français-12-août-2016-marci-ressortissant-haïtien-de-trente-quatre-ans-réside-en-france-depuis-février-2010-de-sa-relation-avec-une-ressortissante-française-naît

Communiqué La Cimade,

Marc[i], ressortissant haïtien de trente-quatre ans, réside en France depuis février 2010. De sa relation avec une ressortissante française, naît Laura, une petite fille, le 20 décembre 2010. Marc obtient un titre de séjour en sa qualité de parent d’enfant français, régulièrement renouvelé jusqu’en 2014. Cette année-là, des difficultés contraignent […]

 

Marc[i], ressortissant haïtien de trente-quatre ans, réside en France depuis février 2010. De sa relation avec une ressortissante française, naît Laura, une petite fille, le 20 décembre 2010. Marc obtient un titre de séjour en sa qualité de parent d’enfant français, régulièrement renouvelé jusqu’en 2014.

Cette année-là, des difficultés contraignent le couple à se séparer. Marc déménage dans un autre département mais ne cesse toutefois pas sa contribution à l’entretien et à l’éducation de sa fille grâce à son activité professionnelle dans une société d’intérim (qu’il occupe depuis 4 ans).

Cependant, ces éléments ne convainquent pas la préfecture des Hauts-de-Seine qui, le 04 mai 2016, refuse de renouveler son droit au séjour et édicte une obligation de quitter le territoire (OQTF). Un recours est introduit contre ces arrêtés devant le TA de Cergy-Pontoise et une audience est prévue en novembre 2016.

Mais le 19 juillet 2016, Marc fait l’objet d’un contrôle d’identité (alors qu’il était en route pour rendre visite à sa fille). La préfecture de Seine-Saint-Denis décide de le placer en rétention le même jour en exécution de l’obligation de quitter le territoire susmentionnée.

Ayant contesté l’arrêté de placement en rétention devant le TA de Melun, cette juridiction obtient la transmission du recours contre le refus de séjour et l’OQTF initialement enregistrés à Cergy. Eu égard au court laps de temps octroyé aux personnes placées en rétention pour préparer leur défense, Marc n’arrive pas à réunir suffisamment de preuves pour emporter la conviction de la juridiction de Melun, qui rejette ses deux requêtes le 28 juillet 2016.

Le maintien en rétention de Marc a été autorisé par le juge des libertés et de la détention jusqu’au 13 août 2016. Un premier départ vers Haïti est programmé le 31 juillet 2016, mais Marc ne peut se résoudre à abandonner sa fille en France et refuse d’embarquer.

Malgré une forte mobilisation citoyenne portée par RESF pour obtenir sa libération, la préfecture de Seine-Saint-Denis a d’ores et déjà programmé un second vol pour le 16 août 2016. Une seconde prolongation de sa rétention sera sollicitée auprès du juge judiciaire samedi 13 août.

La Cimade demande la libération immédiate de Marc du centre de rétention et le renouvellement de son droit au séjour afin que sa fille Laura puisse grandir aux côtés de son père.

[i] Les prénoms ont été modifiés

 

publié le 12 août 2016

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gsainville@garr-haiti.org (Geralda Sainville) Organisations Partenaires Fri, 19 Aug 2016 17:42:04 +0000
Amnesty international: L’Onu manque à ses devoirs envers les victimes du choléra en Haïti, cinq ans après le début de l’épidémie http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1683-amnesty-international-l’onu-manque-à-ses-devoirs-envers-les-victimes-du-choléra-en-haïti-cinq-ans-après-le-début-de-l’épidémie http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1683-amnesty-international-l’onu-manque-à-ses-devoirs-envers-les-victimes-du-choléra-en-haïti-cinq-ans-après-le-début-de-l’épidémie Logo d'Amnesty international

Les Nations unies manquent gravement à leur devoir envers les victimes de l'épidémie de choléra que son personnel a déclenchée en Haïti il y a cinq ans, des milliers de malades étant dans l'attente d'un accès à des traitements efficaces et à des indemnisations, a déclaré Amnesty International.

« L'ONU ne saurait se laver les mains de la souffrance et de la douleur qu'elle a causées. Mettre en place des programmes de santé générale et des campagnes d'assainissement est important, mais n'est pas suffisant. Il faut désormais mener une enquête digne de ce nom sur l'ampleur des dégâts et élaborer un projet précis pour venir en aide à ceux qui ont contracté cette maladie et aux familles de ceux qui en sont morts, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

« S'abstenir de prendre des mesures ne fera que saper la crédibilité et la responsabilité de l'ONU en tant qu'organisme qui promeut les droits humains à travers le monde. »

Plus de 9 000 personnes sont mortes du choléra entre octobre 2010 et août 2015, et des centaines de milliers d'autres ont été infectées. La plupart des victimes viennent des secteurs pauvres et marginalisés de la société. Leurs tentatives visant à obtenir la vérité, la justice et des recours, n’ont pas été prises en compte.

Plusieurs rapports scientifiques ont identifié des employés de l'ONU venus du Népal comme les vecteurs de la maladie en Haïti. L'épidémie a éclaté dans les mois qui ont suivi le tremblement de terre qui a dévasté le pays en 2010. En outre, il est démontré que la négligence de l'ONU concernant la gestion de ses installations sanitaires et le traitement des déchets a largement contribué à la propagation de la maladie.

Dans une lettre adressée récemment au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, Amnesty International l'invite à évaluer de manière indépendante les demandes des personnes touchées et à prendre des mesures afin d'enrayer l'épidémie et d'accorder des réparations aux victimes.

 

Amnesty international

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Organisations Partenaires Mon, 19 Oct 2015 19:22:20 +0000
Session de formation nationale http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1610-session-de-formation-nationale http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1610-session-de-formation-nationale

Bonjour  Mesdames, Bonjour Messieurs !

Nous avons le plaisir de vous informer que, dans le cadre du  projet de Promotion de la citoyenneté engagée, exécuté par Equitas et Partenaires pour la Citoyenneté Engagée, une nouvelle session nationale de formation d’accompagnateurs et d’accompagnatrices communautaires va être organisée du 22 au 28 mai 2015, au local du Club Indigo, à Montrouis. 

 

 

Nous invitons donc toutes les personnes intéressées  à soumettre leurs dossiers de candidature. La date limite de réception des dépôts de candidature est fixée au 06 avril 2015. Les dossiers peuvent être envoyés en version électronique à candidature@garr-haiti.org ou par voie postale au 69, Rue Christ-Roi, Port-au-Prince, Haïti, P.O. Box 19273.

Le dossier doit inclure :

1. Le  formulaire de candidature dûment rempli ;

2. Le protocole d’engagement dûment signé par le directeur ou la directrice de l’organisation du ou de la candidat(e) ainsi que par le ou la candidat(e).

Nous vous prions de réclamer les documents susmentionnés à la personne concernée dont les coordonnées sont affichées à la fin ou d'informer à toutes les personnes de votre entourage qui pourraient être intéressées par cette formation.

Le projet de Promotion de la citoyenneté engagée est financé notamment par le Ministère des Affaires Extérieures, du Commerce et du Développement du Canada, par le Ministère des Relations Internationales du Québec et American Jewish World Service (AJWS). Il vise à bâtir des communautés plus équitables, démocratiques et sécuritaires dans lesquelles les acteurs locaux, incluant les enfants et les jeunes, garçons et filles, assument des rôles de leadership afin de répondre aux problèmes qui affectent leurs communautés, et contribuer ainsi à un respect accru des droits humains, en particulier l’égalité femmes-hommes et la non-discrimination sociale et économique des personnes en situation de vulnérabilité.

Au plaisir de vous reparler très bientôt,

 

Louna FRANCOIS

Coordonnatrice du Projet de Promotion de la citoyenneté engagée

Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) , Téls: 3722 3833  4772 4558

Emails: lounafrancois1@gmail.com" , lfrancois@garr-haiti.org"

 

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gsainville@garr-haiti.org (Geralda Sainville) Organisations Partenaires Wed, 01 Apr 2015 15:33:43 +0000
Fanm Nan Fwontyè, Fanm Toupatou: Eclairage sur la violence exercée sur les Immigrantes d’origine haitienne, celles en transit migratoire et sur les déplacées internes le long de la frontière Dominicano-Haitienne http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1580-fanm-nan-fwontyè-fanm-toupatou-eclairage-sur-la-violence-exercée-sur-les-immigrantes-d’origine-haitienne-celles-en-transit-migratoire-et-sur-les-déplacées-internes-le-long-de-la-frontière-dominicano-haitienne http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1580-fanm-nan-fwontyè-fanm-toupatou-eclairage-sur-la-violence-exercée-sur-les-immigrantes-d’origine-haitienne-celles-en-transit-migratoire-et-sur-les-déplacées-internes-le-long-de-la-frontière-dominicano-haitienne Des femmes commerçantes haïtiennes à la frontière haïtiano-dominicaine

Auteurs: Allison J. Petrozziello et Bridget Wooding

 

Les jeunes filles et femmes Haitiennes font face à de multiples formes de violence le long de la frontière Dominicano-Haitienne, qu’il s’agisse d’immigrantes, de commerçantes trans-frontalières, ou de déplacées internes suite au tremblement de terre ayant secoué Haiti en janvier 2010. Les média internationaux se sont penchés sur la violence sexuelle exercée contre les femmes au sein des camps de personnes déplacées établis à travers Haiti, occultant ainsi sans le vouloir l’attention du grand public quant à d’autres problèmes tout aussi graves, tels la situation des femmes et jeunes filles cherchant à traverser la frontière pour entrer sur le territoire de la République Dominicaine.

Cette étude qualitative met la voix des survivantes elles-mêmes au coeur de son analyse, afin de projeter un éclairage sur les typologies de la violence qui les affectent, ainsi que sur leurs agresseurs, la réponse institutionnelle, et les défaillances existantes dans la protection et les services qui leur sont offerts. En plus des graves problèmes de violence domestique qu’elles doivent confronter, les immigrantes Haitiennes racontent ainsi leurs expériences d’harcèlement sexuel et d’abus divers subis aux postes de passages frontaliers officiels; les risques de viols et d’assassinats qui les menacent le long des points de passages informels; les abus encontrés au sein des marchés transfrontaliers et dans les résidences privées où elles travaillent; les rapatriements forcés mis en oeuvre par les autorités Dominicaines en dehors de toutes les procédures établies; et le trafic humain et la prostitution forcée des jeunes filles et femmes.

Les auteurs offrent une série de recommandations aux deux gouvernements, aux autorités locales, à la société civile, aux organisations internationales, et aux immigrantes elles-mêmes, dans le but de contribuer à mettre fin à la violence subie par les fanm nan fwontyè, fanm toupatou (femmes sur la frontière, femmes partout) en République Dominicaine.

Veuillez cliquer sur le lien ci-dessous pour télécharger l'ouvrage :

http://obmica.org/images/Publicaciones/Libros/Petrozziello%20Wooding%202014%20Fanm%20nan%20fwontye%20FRANCES.pdf

 

Référence: Petrozziello, A. et Wooding, B. 2014. Fanm Nan Fwontyè, Fanm Toupatou: Eclairage sur la violence exercée sur les Immigrantes d’origine haitienne, celles en transit migratoire et sur les déplacées internes le long de la frontière Dominicano-Haitienne. Colectiva Mujer y Salud, Mujeres del Mundo, et Observatoire sur la migration et la Caraïbe (OBMICA). Editora Búho: Santo Domingo, République Dominicaine. 

 

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Organisations Partenaires Wed, 04 Feb 2015 19:31:02 +0000
Amnesty International/République Dominicaine: Le gouvernement fait preuve de mépris pour le droit international http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1545-amnesty-international-république-dominicaine-le-gouvernement-fait-preuve-de-mépris-pour-le-droit-international http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1545-amnesty-international-république-dominicaine-le-gouvernement-fait-preuve-de-mépris-pour-le-droit-international Des Dominicains/Dominicaines d'origine haïtienne victimes de l'Arrêt TC 168/13 lors d'un sit in devant la Junte Centrale Electorale.

La réaction de la République dominicaine au jugement rendu par la Cour interaméricaine des droits de l’homme sur les atteintes aux droits humains infligées à des migrants haïtiens et à des Dominicains ayant des origines haïtiennes traduit un mépris consternant envers le droit international et les responsabilités du pays sur le plan juridique, a déclaré Amnesty International.

La Cour interaméricaine des droits de l’homme a récemment rendu un jugement engageant la République dominicaine à fournir réparation pour les atteintes aux droits humains infligées à des Dominicains ayant des origines haïtiennes et à des Haïtiens illégalement expulsés du territoire, privés de papiers d’identité et arbitrairement déchus de la nationalité dominicaine, entre autres. Jeudi 23 octobre, cependant, le gouvernement a officiellement rejeté le jugement prononcé par la juridiction régionale, le tenant pour « déplacé, partial et inopportun ».

« En rejetant la décision de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, le gouvernement dominicain fait preuve de dédain envers le droit international. La Cour a estimé que de graves atteintes aux droits humains avaient été commises. La République dominicaine ne peut pas se contenter d’écarter ce jugement uniquement parce que le résultat ne lui plaît pas », a déclaré Chiara Liguori, spécialiste des Caraïbes au sein d’Amnesty International.

« En janvier 2014, le président Danilo Medina a affirmé qu’il “n’accepterait pas que les droits de quiconque soient bafoués”. C’est le moment de mettre ces paroles en pratique. »

La décision de la Cour intéraméricaine va dans le sens des recherches menées précédemment par Amnesty International. L’organisation a rassemblé des informations sur un ensemble de discriminations visant les Dominicains ayant des origines haïtiennes, notamment en matière d’accès aux documents d’identité. Cette discrimination déjà bien établie a été exacerbée en septembre 2013, à la suite d’une décision de la Cour constitutionnelle qui a rendu apatrides des milliers de personnes d’origine étrangère.

La Cour interaméricaine a estimé qu’avec la décision de septembre 2013 l’État dominicain avait négligé de prendre des mesures concrètes pour respecter les droits à la nationalité, à l’identité et à la protection judiciaire. La Cour interaméricaine a ordonné à l’État de revenir sur la décision de la Cour constitutionnelle et d’adopter toutes les mesures législatives, voire, si nécessaire, constitutionnelles, requises afin d’établir une procédure simple, accessible et conforme au droit international relatif aux droits humains pour l’enregistrement des naissances.

En mai 2014, le Congrès dominicain a approuvé à l’unanimité la loi 169/14. Cette loi créait deux catégories de personnes : celles qui, à un moment donné, avaient été inscrites à l’état civil en République dominicaine et celles dont la naissance n’avait jamais été déclarée.

Les personnes appartenant au premier groupe avaient la possibilité de récupérer la nationalité dominicaine grâce à une procédure rapide mais celles appartenant au second groupe ont été déclarées étrangères et ont dû suivre la procédure complète de demande de nationalité.

La Cour interaméricaine a considéré que les dispositions obligeant des Dominicains à se faire enregistrer en tant qu’étrangers étaient contraires au droit international relatif aux droits humains. La Cour a également signalé que le statut des parents migrants au regard de la loi sur l’immigration n’est pas transférable à l’enfant.

Amnesty International prie instamment la République dominicaine de se conformer dans les meilleurs délais et de manière efficace au jugement rendu par la Cour interaméricaine des droits de l’homme.

« Il est honteux que le gouvernement dominicain ait rejeté le jugement de la Cour avec tant de désinvolture. Si des mécanismes de protection des droits humains ont été instaurés aux niveaux régional et international, c’est justement pour garantir que les citoyens aient la possibilité de recourir à une instance supranationale lorsque, dans leur pays, ils ne parviennent pas à obtenir justice ou réparation pour les violations des droits humains qu’ils ont subies », a déclaré Chiara Liguori.

« La République dominicaine se trouve à la croisée des chemins. Va-t-elle continuer de faire subir des discriminations aux Haïtiens et aux Dominicains ayant des origines haïtiennes, ou va-t-elle prendre bonne note de ces remarques et adopter des mesures pour améliorer la vie de ces personnes vulnérables ? Ne pas respecter ce jugement menacerait les avancées réalisées ces dernières années dans certains domaines relatifs aux droits humains. »

 

Centre de Presse

Amnesty International

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Organisations Partenaires Wed, 29 Oct 2014 15:37:41 +0000
HAÏTI/Amnesty International : DES DÉFENSEURES DES DROITS DES FEMMES MENACÉES http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1477-haïti-amnesty-international-des-défenseures-des-droits-des-femmes-menacées http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1477-haïti-amnesty-international-des-défenseures-des-droits-des-femmes-menacées HAÏTI/Amnesty International :  DES DÉFENSEURES DES DROITS DES FEMMES MENACÉES

Plusieurs membres de KOFAVIV – organisation haïtienne de défense des droits des femmes basée à Port-au-Prince, la capitale du pays – ont plusieurs fois été menacés et victimes de harcèlement. Leur sécurité est toujours en danger.

Plusieurs membres de Komisyon Fanm Viktim Pou Viktim (KOFAVIV) – organisation haïtienne de défense des droits des femmes – dont sa secrétaire générale Marie Eramithe Delva, ont reçu des menaces par téléphone et par SMS, y compris des menaces de mort depuis mars 2014. Le 7 juin dernier, un SMS de ce genre a été envoyé à Malya Vilard Apolon, coordinatrice de KOFAVIV, et à la représentante légale de l’organisation. Tôt dans la matinée du 28 avril, trois hommes armés ont été vus dans la rampe d’escalier du bâtiment où se trouvent les locaux de l’organisation, et des coups de feu ont été entendus.

Ces menaces ont commencé après l’arrestation d’une femme le 24 février dernier, que la police considère comme l’auteure de précédentes menaces et d’actes de harcèlement visant Marie Eramithe Delva, Malya Vilard Apolon et d’autres membres de KOFAVIV. Cette femme aurait notamment essayé d’enlever les enfants de Marie Eramithe Delva et de Malya Vilard Apolon en juin 2013, tiré des coups de feu sur le portail du domicile de cette dernière en août et appelé anonymement l’organisation. Affolée par ces menaces, Malya Vilard Apolon a quitté Haïti avec ses enfants en mars dernier. Des plaintes concernant les coups de feu et un des SMS de menace ont été déposées auprès de la police, le 2 et le 22 mai respectivement. Il semble que rien n’ait été fait pour ouvrir des enquêtes sur ces événements et qu’aucune mesure de protection n’ait été fournie à Marie Eramithe Delva ou d’autres membres de KOFAVIV pris pour cible, malgré leurs demandes répétées.

KOFAVIV a été fondée par et en faveur des victimes de viol dans les quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince. Cette organisation fournit immédiatement un soutien essentiel à ces personnes, notamment en les accompagnant à l’hôpital et au poste de police. Ces dernières années, elle a également ouvert un abri pour les victimes et lancé un numéro d’urgence pour signaler des violences sexuelles. Depuis le séisme qui a ravagé le pays en 2010, les membres de KOFAVIV réalisent un travail crucial pour assurer la sécurité et le bien-être des femmes vivant dans des camps de personnes déplacées. En Haïti, de nombreux défenseurs des droits humains ont fait l’objet d’agressions au cours de ces derniers mois. Les autorités haïtiennes doivent prendre sans délai des mesures pour fournir une protection adéquate à ces personnes et à leurs familles.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Organisations Partenaires Mon, 16 Jun 2014 18:43:47 +0000
Des organisations de la société civile française plaident en faveur du maintien des dates commémorant l’abolition de l’esclavage http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1453-des-organisations-de-la-société-française-plaident-en-faveur-du-maintien-des-dates-commémorant-l’abolition-de-l’esclavage http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1453-des-organisations-de-la-société-française-plaident-en-faveur-du-maintien-des-dates-commémorant-l’abolition-de-l’esclavage Des organisations de la société civile française plaident en faveur du maintien des dates commémorant l’abolition de l’esclavage

Dans un communiqué de la  Ligue des Droits de l’Homme rendu public le 25 avril 2014 et transmis au GARR, des organisations de la société civile française ont dénoncé les propos du Maire français de Villers-Cotterêts, Franck Briffaut, tenus le 17 avril 2014. En effet, ce dernier avait déclaré au magazine d’actualité hebdomadaire français, ‘’L’Express’’, qu’il n’organisera pas de commémorations de l’abolition de l’esclavage, rompant ainsi avec une démarche initiée dans sa ville depuis 2006. Qualifiant de racistes les déclarations de l’édile de cette municipalité, ces organisations exhortent le gouvernement français à rappeler à l’ordre le maire de Villers-Cotterêts afin qu’il puisse respecter ces dates commémoratives et historiques que sont les 10 et 23 mai. Elles en profitent pour demander au Président français que ce soit enfin un décret et non une simple circulaire qui soit le cadre légal des commémorations de l’esclavage.

 

Ci-joint l’intégralité de la note :

         

 

COMMÉMORATION DE L'ESCLAVAGE : FRONT NATIONAL, LA DÉRIVE ANTIRÉPUBLICAINE !

 

Après les déclarations racistes de l’extrême-droite française contre la Garde des Sceaux qui avaient suscité une vague d’indignation et entraîné la marche antiraciste du 30 novembre 2013, voilà que le Front national récidive. Franck Briffaut, nouveau maire (FN) de Villers-Cotterêts, a déclaré le 17 avril à L’Express, qu’il n’organisera pas de commémorations de l’abolition de l’esclavage, rompant ainsi avec une démarche initiée dans sa ville depuis 2006. Pour M. Briffaut, ces commémorations servent à culpabiliser la France à des fins de récupérations politiques, et n’ont aucune sincérité. Il estime que la France n’a pas à se sentir coupable car, dit-il, « nous n’avons rien inventé » et l’esclavage existe encore en Afrique.

Rappelons à cet élu du Front national quelques faits :

Depuis la marche silencieuse du 23 mai 1998, les originaires d’Outre-mer honorent la mémoire de leurs aïeux esclaves tous les 23 mai. Il s’agit d’une démarche essentielle pour la construction citoyenne des descendants d’esclaves. En s’y engageant, ils renouent avec leurs aïeux, rompent avec l’errance identitaire et abandonnent leurs ressentiments au profit de la réconciliation. C’est pourquoi le gouvernement a inscrit le 23 mai au calendrier républicain. Par ailleurs, depuis la loi Taubira qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage colonial comme un crime contre l’humanité, la République commémore l’abolition de l’esclavage le 10 mai. Elle honore ici l’avènement de laDeuxième République qui, à la différence de la monarchie, a immédiatement aboli l’esclavage qu’elle considérait comme un crime de « lèse humanité ». Il existe donc aujourd’hui deux dates honorant la mémoire de l’esclavage : l’une célèbre la République et l’autre la démarche citoyenne des descendants d’esclaves. Ne pas célébrer ces deux dates est une atteinte aux idéaux républicains : liberté, égalité et fraternité.

Les propos de M. Briffaut sont dangereux. Car derrière les accusations de « culpabilisation de la République » se cache l’extrême-droitisation dans laquelle le FN veut entraîner notre société. Aujourd’hui l’on s’attaque aux commémorations de l’esclavage, demain à celles de la Shoah.

Après-demain, ceux qui en sont les acteurs seront traités d’étrangers et d’anti-Français.

 

• Nous dénonçons ces propos antirépublicains qui portent en eux le germe de la division.

• Nous demandons au Président de la République que ce soit enfin un décret et non une simple circulaire qui soit le cadre légal des commémorations de l’esclavage

• Nous prions le gouvernement de rappeler le maire de Villers-Cotterêts à l’ordre afin qu’il organise les commémorations des 10 et 23 mai.

• Nous demandons aux élus de la République d’organiser dans leurs villes les célébrations des 10 et 23 mai en renforçant leur caractère populaire et fraternel.

• Nous appelons les humanistes, les démocrates, les républicains à participer massivement à ces commémorations.

 

Restons vigilants !

 

Comité Marche du 23 mai 1998 (CM98)

Conseil représentatif des Français d’outre-mer (Crefom)

Ligue des droits de l’Homme

Mrap

SOS Racisme

 

Contact presse!

CM98 : 06 35 37 13 60

 

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Organisations Partenaires Wed, 30 Apr 2014 19:10:50 +0000
Le Comité Mémoire 1937 salue le départ du citoyen émérite Guy Alexandre http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1407-le-comité-mémoire-1937-salue-le-départ-du-citoyen-émérite-guy-alexandre http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1407-le-comité-mémoire-1937-salue-le-départ-du-citoyen-émérite-guy-alexandre Guy Alexandre lors d'une présentation au jardin du GARR, le 4 décembre 2013

Mon cher Guy,

Il nous faudra du temps pour accuser le coup, sécher nos larmes et étouffer nos sanglots.  Tu nous as lâché/es, ainsi, brusquement, au milieu du combat.  Il sera difficile, sans toi, le chemin qui reste à parcourir !

Mais, heureusement, tu nous as laissé ton enseignement et ton exemple.

La veille de ton départ, au cours de ce qui deviendra ton ultime réunion de travail avec le « Comité haïtien de solidarité avec les dénationalisés dominicains » -(regroupant, entre autres, le CM37, le GARR, le COHAMID, La Fondation ZILE, le Service Jésuite aux Migrants), tu partageais avec nous ta compréhension des derniers évènements et tes profondes préoccupations sur le dossier brûlant des relations haïtiano-dominicaines.

La situation complexe et délicate créée par l’arrêt TC 168-13 du Tribunal constitutionnel dominicain était au cœur de tes inquiétudes.  Tu es parti en guerre contre cet arrêt qui devait se comprendre, pensais-tu, dans une continuité idéologique et politique, allant d’un génocide physique en 1937, à un génocide civil en 2013, entériné par la loi.

Tu appelais de tes vœux une solution définitive à ce grave problème et tu ne ménageais aucun effort pour atteindre ce but.  En démocrate, tu ne pouvais refuser le dialogue, et tu observais avec un optimisme prudent les deux gouvernements s’engager dans cette voie, à l’instigation du Venezuela.  Face à l’euphorie du discours politiquement correct qualifiant ces rencontres « d’historiques », tu n’hésitais pas, tout comme nous tous d’ailleurs, à émettre de sérieuses réserves.  Pas de dialogue pour la galerie, pas de dialogue n’importe comment et à n’importe quel prix. Pour toi, pas de demi-mesures : «  La République d’Haïti, disais-tu, ne peut moins que continuer à demander fermement l’annulation pure et simple de cette mesure inique ».

Tu vivais avec douleur et une profonde indignation le virage effectué dans la gestion du dossier TC-168-13 par la diplomatie haïtienne », et parallèlement, « la remontée en puissance d’un anti-haïtianisme d’État en République Dominicaine ».  Double dynamique qui semble vouloir nous replacer, craignais-tu, dans un « modèle de rapports à la  Trujillo-Vincent ». Avec toutes les conséquences néfastes que cela comporte pour les deux peuples!...Nous souhaitons, mon cher Guy, que, sur ce dernier point, tu te sois trompé.

En même temps, tu te multipliais sur plusieurs fronts. Fidèle à tes idéaux, tu défendais partout la dignité fondamentale de l’être humain. Tu œuvrais sans relâche pour l’établissement d’une politique migratoire claire et cohérente de l’État haïtien, politique qui ne saurait être mise en place, soulignais-tu, sans ce préalable absolu : le respect par l’État haïtien, de ses propres ressortissants, chez lui, d’abord.

Au sein du Comité Mémoire 1937, créé en 2007 à l’ occasion du 70ème anniversaire du massacre organisé par Trujillo en République voisine, ton apport de sociologue averti enrichissait les débats. Tu chérissais cet espace de réflexion sur les problématiques historiques, culturelles, sociales, économiques et politiques qui affectent les deux pays et toujours, tu participais à nos activités d’information et de sensibilisation pour un public de plus en plus soucieux de mieux comprendre ces questions épineuses.

Tu croyais possible un changement réel et profond des relations entre les deux États, lesquels, selon toi, devaient toujours prioriser ce que tu te plaisais à appeler « les intérêts bien compris des deux peuples ».

Après Nicole Grégoire et Jean-Claude Bajeux, nous devons, une fois de plus, dire adieu à un ami et un pilier de notre groupe.  Mon cher Guy, nous nous souviendrons toujours de ton dévouement, de ta disponibilité et de ta grande générosité.  Avec Lyne, elle aussi un potomitan du CM37, nous ferons en sorte que ta mémoire reste vivante et vivifiante. La lutte continuera, sois-en sûr !

Notre pays perd un citoyen émérite, et l’île entière, un visionnaire et un apôtre de l’acceptation mutuelle, dans la dignité et le respect de nos spécificités respectives.

Comme tu te plaisais à le dire, en guise d’au-revoir :

« HASTA ! »

Pour le Comité Mémoire 1937,

Rachelle Charlier Doucet,

Coordonnatrice

Membres du Comité Mémoire 1937 :

Michel Hector, Suzy Castor, Colette Lespinasse, Evelyne Margron, Sabine Manigat, Richard Mathelier, Dominique Mathon, Edwin Paraison, Roger Petit-Frère, Jean-Marie Théodat, Rachelle Charlier Doucet.  Membres décédés : Nicole Grégoire, Jean-Claude Bajeux, Guy Alexandre.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Organisations Partenaires Tue, 11 Mar 2014 19:59:46 +0000
Amnesty International : Le manque de volonté politique va permettre à Jean-Claude Duvalier d’échapper à la justice http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1338-amnesty-international-le-manque-de-volonté-politique-va-permettre-à-jean-claude-duvalier-d’échapper-à-la-justice http://garr-haiti.org/index.php/nouvelles/organisations-partenaires/item/1338-amnesty-international-le-manque-de-volonté-politique-va-permettre-à-jean-claude-duvalier-d’échapper-à-la-justice Amnesty International : Le manque de volonté politique va permettre à Jean-Claude Duvalier d’échapper à la justice

Un manque de volonté politique et des retards inacceptables au niveau des tribunaux sont en train de permettre à Jean-Claude Duvalier, ancien « président à vie » d’Haïti, d’échapper à la justice pour des violations des droits humains, ont déclaré Amnesty International et Human Rights Watch mercredi 15 janvier.

Les autorités haïtiennes ont rouvert des poursuites pénales contre l’ex-dictateur il y a trois ans, peu après son retour au pays, le 16 janvier 2011, faisant suite à un exil de 25 ans en France. Il était accusé de graves violations des droits humains, notamment de meurtres et de torture à l’encontre d’opposants politiques, ainsi que de corruption. Cependant, la procédure est au point mort depuis près d’un an.   

« Il semble que les autorités haïtiennes n’ont aucune intention de procéder à une enquête approfondie sur les violations commises pendant les années Duvalier, a déclaré Javier Zúñiga, conseiller spécial auprès d’Amnesty International pour les programmes régionaux. 

« La procédure judiciaire est au point mort, ce qui prive les victimes de son règne de la terreur de leur droit à la vérité, à la justice et aux réparations. Comme si cela ne suffisait pas, Duvalier continue de participer à des événements publics, bien souvent à l’invitation du gouvernement haïtien. » 

Jean-Claude Duvalier, également surnommé « Bébé Doc » a hérité du pouvoir à la mort de son père, le dictateur François Duvalier, et dirigé Haïti de 1971 à 1986. Durant son règne, la vie des Haïtiens a été marquée par des violations systématiques des droits humains. 

Des centaines de prisonniers politiques détenus dans un réseau de prisons appelé « triangle de la mort », comprenant le tristement célèbre Fort Dimanche, sont morts des suites de mauvais traitements ou ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires. Le gouvernement de Duvalier a fermé à maintes reprises des journaux et des stations de radio indépendants. Des journalistes ont été battus, parfois torturés, emprisonnés et forcés à quitter le pays. 

Jean-Claude Duvalier aurait également détourné entre 300 et 800 millions de dollars pendant sa présidence. 

En janvier 2012, un juge d’instruction a statué qu’il devait être jugé par un tribunal de première instance pour détournement de fonds publics, mais que le délai de prescription était dépassé pour les violations des droits humains dont il était accusé. Les victimes de ces violations ont fait appel de cette décision, et Jean-Claude Duvalier aussi. La procédure d’appel a commencé le 13 décembre 2012.

Jean-Claude Duvalier a comparu devant la cour d’appel de Port-au-Prince le 28 février 2013, où il a présenté pour la première fois un témoignage public évoquant les crimes présumés commis quand il était au pouvoir. 

« Dans un pays où l’impunité pour les pires crimes est la norme, la présence de Duvalier au tribunal était une lueur d’espoir pour les victimes et leurs familles, a souligné Reed Brody, conseiller juridique et porte-parole de Human Rights Watch. 

« Les autorités haïtiennes ont l’obligation d’engager des poursuites pour ces graves violations des droits humains. Aucune prescription ne s’applique aux crimes tels que la torture, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées. » 

Entre mars et mai 2013, huit victimes ont témoigné devant le tribunal malgré les objections des avocats de Jean-Claude Duvalier, qui ont formé un recours dans le but d’empêcher les victimes d’exercer leur droit de se constituer partie civile. Les victimes ont en outre été confrontées à l’hostilité de la procureure (commissaire du gouvernement), qui paraissait rangée derrière la défense. 

L’audition des témoignages s’est achevée en mai, et la décision de la cour d’appel est en instance depuis lors. De multiples sources ont indiqué à Amnesty International et Human Rights Watch que la cour d’appel attend que d’autres étapes de la procédure soient finalisées avant de rendre son jugement. 

« Sous Duvalier et sa milice de “tontons macoutes”, des milliers de personnes ont été torturées, tuées, et des centaines de milliers d’Haïtiens se sont exilés pour fuir, a ajouté Reed Brody.   

« Les victimes de Duvalier ne devraient pas avoir à continuer d’attendre et d’espérer une justice qui n’arrive jamais. » 

Tandis que les victimes attendent la décision de la cour d’appel, Jean-Claude Duvalier participe à des événements publics. Dernièrement, le 1er janvier 2014, il était à une cérémonie d’État célébrant l’indépendance d’Haïti dans la ville des Gonaïves. 

L’ancien président Prosper Avril, proche allié de Jean-Claude Duvalier qui a pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État militaire en 1988 et dirigé le pays jusqu’en 1990, était également présent. Le président Michel Martelly a justifié leur invitation en affirmant qu’elle était importante pour promouvoir la réconciliation nationale. 

« La réconciliation n’est pas possible sans justice, vérité et réparations, a précisé Javier Zúñiga. 

« Cette initiative est considérée par beaucoup comme une tentative flagrante des autorités haïtiennes visant à réhabiliter cet ancien dictateur et ne fait qu’aggraver la douleur des milliers de victimes du régime de Duvalier. » 

Complément d’information 

Un rapport d’Amnesty International intitulé « On ne peut pas tuer la vérité ». Le dossier Jean-Claude Duvalier donne un nouvel éclairage aux recherches menées précédemment par l’organisation sur les atteintes aux droits humains généralisées et systématiques commises en Haïti dans les années 1970 et 1980. 

Le rapport de Human Rights Watch, intitulé Haïti, un rendez-vous avec l’Histoire : Les poursuites contre Jean-Claude Duvalier, examine les questions d’ordre juridique et pratique liées à cette affaire et conclut qu’Haïti est tenu par le droit international de mener une enquête et des poursuites pour les graves violations des droits humains commises sous la dictature de Jean-Claude Duvalier.

 

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Organisations Partenaires Thu, 16 Jan 2014 17:48:56 +0000