[GARR Haïti] - Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - [GARR Haïti] - Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - Haïti-République dominicaine Relations Le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) est une plate-forme d'associations et d'organisations non gouvernementales travaillant sur la problématique de la migration. Tout en n'excluant pas les autres pôles de migration, le GARR concentre ses efforts sur la République Dominicaine où vivent de nombreux immigrants haïtiens et leurs descendants dans des situations déplorables. https://eww.garr-haiti.org Mon, 25 Jun 2018 19:36:18 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr 60 migrants haïtiens rapatriés au point frontalier Anse-à-Pitres/Pedernales https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1978-60-migrants-haïtiens-rapatriés-au-point-frontalier-anse-à-pitres-pedernales https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1978-60-migrants-haïtiens-rapatriés-au-point-frontalier-anse-à-pitres-pedernales Vue d'une opération de rapatriements

Les autorités de la migration dominicaine ont reconduit 60 migrants haïtiens à la frontière Anse-à-Pitres/Pedernales (Sud-est), le 20 juin 2018. De ce nombre, 34 ont été enregistrés par le GARR dont 31 hommes et 3 femmes.

Originaires en majorité d’Anse-à-Pitres et de Thiotte, les migrants haïtiens vivaient à Juancho, une localité de Pedernales, République Dominicaine.

Beaucoup d’entre eux ont vécu d’un à cinq ans en territoire dominicain et travaillaient dans le domaine de l’agriculture et de la construction, ont-ils déclaré.

 Les migrants haïtiens étaient  arrivés en Haïti dans des conditions critiques avec des vêtements sales et déchirés. Car la majorité d’entre eux ont été appréhendés au moment où ils étaient en train de travailler. D’autres ont été forcés de quitter leur domicile sous la menace des agents de l’immigration qui étaient accompagnés de militaires dominicains.

«Nous travaillions dans une plantation quand des agents de l’immigration et des militaires dominicains nous ont arrêtés et frappés  pour nous contraindre de monter dans un bus.», ont-ils dénoncé.  

Le GARR s’indigne des conditions dans lesquelles les autorités dominicaines effectuent les opérations de rapatriement à la frontière haïtiano-dominicaine.

Il plaide en faveur du respect des droits de tous  les ressortissantes et ressortissants haïtiens lors des rapatriements.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Mon, 25 Jun 2018 12:48:28 +0000
République Dominicaine : 18 ans après le «Massacre de Guayubin», justice rendue mais réparation non encore obtenue https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1971-république-dominicaine-18-ans-après-le-massacre-de-guayubin-justice-rendue-mais-réparation-non-encore-obtenue https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1971-république-dominicaine-18-ans-après-le-massacre-de-guayubin-justice-rendue-mais-réparation-non-encore-obtenue Archives GARR

Ce 18 juin 2018 ramène le 18ème anniversaire du «Massacre de Guayubin » en République Dominicaine où six Haïtiens et  un ressortissant dominicain ont perdu la vie et plusieurs autres personnes avaient été blessées. Ce triste événement est survenu après que des militaires dominicains eurent ouvert le feu sur un véhicule qui transportait un groupe de personnes en majorité des Haïtiens. Certains des survivants ont été reconduits à la frontière de manière arbitraire, sans formalité. Les blessés n’avaient reçu aucune assistance médicale et les dépouilles des personnes qui ont été tuées avaient été inhumées immédiatement dans une fosse commune, en territoire dominicain, sans avoir été identifiées.

Les soldats dominicains qui avaient commis cet acte barbare et répréhensible, avaient été traduits en juillet 2000 pour homicide, par devant le tribunal militaire.  Après 5 années de tergiversation et de dilatoires, l’affaire avait été finalement entendue. Cependant les militaires inculpés allaient être innocentés 5 jours plus tard malgré les demandes qui ont été produites par des victimes de se faire auditionner devant les tribunaux civils.

Suite au blocage du dossier en République Dominicaine, en 2005, les victimes, avec l'Appui du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR), du Centre Culturel Dominico-Haitien (CCDH) et de la Clinique Internationale de Droits Humains (CIDDHU), avaient décidé de saisir les instances du système interaméricain de protection des droits de l’homme. Il allait y être mené une longue et fastidieuse procédure durant plus de 7 ans.

Le 29 novembre 2012, les démarches menées ont été gratifiées par le prononcé du verdict de la Cour interaméraine des droits de l’homme ayant condamné l’Etat dominicain pour les violations des droits humains tout en lui faisant injonction de verser une indemnité de 927,000 dollars américains en réparation aux victimes. Un délai de 6 mois à un an avait été également octroyé aux autorités dominicaines pour exécuter l’arrêt. Mais, rien n’est fait jusqu’ à date.

Les institutions pétitionnaires dont le GARR avaient déjà rédigé et soumis, le 10 juillet 2014, un rapport à la CIDH pour attirer son attention sur le refus de l’Etat dominicain d’appliquer la sentence. De son côté, cette institution judiciaire de protection des droits de l’homme, dans une correspondance datée du 27 juillet 2014, avait demandé aux autorités dominicaines de produire un rapport sur l’état d’avancement des mesures de réparation civile.

Depuis lors, les pétitionnaires ne cessent de multiplier les démarches auprès des autorités dominicaines qui, malheureusement, font semblant de ne pas comprendre.

Le GARR , le CCDH et la CIDDHU qui représentent et appuient les victimes du massacre de Guayubin depuis environ 18 ans, dénoncent une fois de plus la mauvaise foi des autorités dominicaines qui refusent d'exécuter les mesures issues du verdict de la Cour IDH, particulièrement celles exigeant le dédommagement des victimes survivantes et ayants droits des victimes décédées.

Tout en appelant à la solidarité de tous et de toutes, les organisations pétitionnaires renouvellent leur engagement de continuer la lutte pour que l’Etat dominicain applique les mesures de cette sentence et respecte les droits des migrantes et migrants haïtiens sur leur territoire.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Tue, 19 Jun 2018 14:53:36 +0000
Les marchés frontaliers entre Haïti et la République Dominicaine étudiés à la loupe https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1969-les-marchés-frontaliers-entre-haïti-et-la-république-dominicaine-étudiés-à-la-loupe https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1969-les-marchés-frontaliers-entre-haïti-et-la-république-dominicaine-étudiés-à-la-loupe Les participantes et participants lors de la présentation de l'étude

En présence de quelques acteurs d'Haïti et de la République Dominicaine qui interviennent dans la gestion et/ou le fonctionnement des marchés frontaliers, s'est tenue le 13 avril écoulé, à Jimaní, une présentation d'une étude portant sur les dynamiques de pouvoir, dans le cadre du projet Fowntyè San Fòs Kote Financé par l'Union Européenne.

Après Dajabón-Ouanaminthe et Comentador-Belladère, c'est le tour de Jimaní-Malpasse de prendre connaissance du rapport de l'étude de l'analyse des pouvoirs réalisée en 2017 avec l'appui de FEDOMURE, GARR, ASOMORE et OXFAM.

Présentée par le responsable de programme binational d'Oxfam Italia, Gabriele Regio, l'étude révèle qu'uniquement à Jimaní-Malpasse, seulement 49%, des acteurs économiques connaissent les règles ou règlementations des marchés frontaliers. Et 58% des commerçants sont titulaires d'un espace de vente.

Et « le fait que les marchés sont situés en territoire dominicain exacerbe les difficultés pour les commerçants haïtiens dont les produits sont sujets à de nombreuses et importantes taxes », peut-on lire dans le rapport écrit en français et en espagnol.

Avec une attention particulière pour le respect des droits humains en termes de sécurité et d'abus de pouvoir, le rapport de l'étude est non moins révélateur des relations de pouvoirs inégalitaires des dynamiques socio-économiques et politiques qui caractérisent les échanges commerciaux des marchés frontaliers.

Des problèmes d'insécurité, de corruption et d'abus y ont été minutieusement relatés, avec emphase sur les rôles des institutions de services publics et privés créées pour réprimer ou prévenir ce genre de problèmes. Les mairies, les douanes, les migrations, la PNH et CEFRONT sont les principales institutions des deux pays touchées dans cette étude.

Sur l'ensemble des trois axes frontaliers, 349 personnes âgées entre 25 à 35 ans (vendeurs, usagers et prestataires de services), dont 60% de femmes, ont été interrogées.

En plus des entretiens et enquêtes menés auprès d'acteurs clés, dont les autorités publiques, les représentant-e-s d’associations de commerçants et de la société civile des deux pays, des documents officiels, notamment les lois ou projets de loi, des rapports techniques, de suivi et d'évaluation ont été consultés.

Basant sur les statistiques de la douane dominicaine elle-même, le rapport a aussi fait état du faible pourcentage des échanges économiques formels, en comparaison avec les échanges informels et non réglementés qui caractérisent les marchés frontaliers.

Selon les chercheurs, cette étude entend alimenter la réflexion et le dialogue entre les autorités locales des deux pays impliqués dans les dynamiques des marchés frontaliers.

 

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Fri, 15 Jun 2018 16:39:35 +0000
Haïti/République Dominicaine : Une mère haïtienne allaitante reconduite à la frontière Ouanaminthe/Dajabon sans son bébé de 8 mois https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1961-haïti-république-dominicaine-une-mère-haïtienne-allaitante-reconduite-à-la-frontière-ouanaminthe-dajabon-sans-son-bébé-de-8-mois https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1961-haïti-république-dominicaine-une-mère-haïtienne-allaitante-reconduite-à-la-frontière-ouanaminthe-dajabon-sans-son-bébé-de-8-mois Photo: Archives GARR

Vania Clarismé, 22 ans, rapatriée à Ouanamimthe (Nord-est) le 3 mai 2018, a été contrainte de se séparer de son bébé, Bensley Norval qui est âgé de 8 mois. L’incident malheureux est survenu au cours d’une opération de rapatriement à Hatillo Palma, une ville de la province dominicaine de Monte Cristi.

Tôt dans la matinée du 3 mai 2018, des agents de l’immigration dominicaine ont investi le domicile de la jeune mère et son mari, Seden Norval, pour leur exiger de monter dans un bus. Ce véhicule contenait déjà plusieurs dizaines de migrantes et migrants haïtiens qui viennent d’être interceptés dans diverses villes dominicaines aux fins de leur rapatriement à la frontière.

Dans un entretien avec le GARR, Mme Clarismé a qualifié d’inhumain le comportement des agents de l’immigration dominicaine qui ne lui ont pas donné la possibilité de partir au moins avec son bébé.

Originaire de Pilate, une commune du département du Nord d’Haïti, Vania Clarismé et son mari ont vécu pendant 2 ans en République Dominicaine.

La jeune mère s’est dite inquiète pour son bébé qui est gardé pour l’instant par sa tante en République voisine. Depuis son arrivée en Haïti, elle a déclaré n’avoir plus d’appétit ni sommeil.

Mme Clarismé lance un appel aux autorités haïtiennes pour l’aider à récupérer son enfant.

Le GARR s’alarme de la façon dont les migrants haïtiens sont reconduits à la frontière en violation du Protocole d’accord sur les mécanismes de rapatriement paraphé par les deux Etats insulaires en décembre 1999.

Soulignons que le point b dudit protocole interdit la séparation des familles nucléaires (parents et enfants mineurs) dans tout processus de rapatriement.  

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Tue, 08 May 2018 16:09:09 +0000
La dépouille mortelle de Paulimus Antoine rapatriée à Ouanaminthe et rapidement inhumée https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1960-la-dépouille-mortelle-de-paulimus-antoine-rapatriée-à-ouanaminthe-et-rapidement-inhumée https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1960-la-dépouille-mortelle-de-paulimus-antoine-rapatriée-à-ouanaminthe-et-rapidement-inhumée La responsable de plaidoyer du GARR à Ouanaminthe, Jesula Blanc, lors du rapatriement du cadavre de Paulimus Antoine

Le corps sans vie de Paulimus Antoine, un jeune migrant haïtien de 34 ans qui a été tué en République Dominicaine, a été inhumé en toute urgence à Ouanaminthe (Nord-est), le 26 avril 2018, en raison de sa décomposition.

L’incident malheureux est survenu dans la soirée du 21 avril 2018 dans la province dominicaine Heilo, frontière avec la commune de Ferrier, du côté haïtien.  Le jeune haïtien était accompagné de 5 personnes dont Wilner Antoine, son frère et un passeur, Efredno Ozana qui est pour l’instant détenu en prison à Fort-Liberté (Nord-est).

« Nous venons juste de traverser la rivière se trouvant à la frontière du Nord-est non loin de la municipalité de Manzanillo, République Dominicaine, quand un militaire dominicain identifié sous le nom de Julio Alcantara de la Rosa a ouvert le feu sur nous. Malheureusement, Paulimus Antoine a été touché d’un projectile sur le côté gauche. », a déclaré Wilner Antoine lors d’un entretien avec le GARR.

M. Antoine en a profité pour dénoncer le comportement des militaires dominicains qui ont déposé une machette non aiguisée auprès du cadavre de Paulimus prétextant qu’il les avait agressés.

Pour sa part, M. Gérilien Jean louis, vice-consul  haïtien à Dajabón, a jeté d’un revers de main les déclarations des militaires dominicains qui tentent de se défendre après avoir commis ce crime crapuleux. Il a promis d’accompagner les parents de la victime afin qu’ils obtiennent justice et réparation.

Soulignons que les représentants diplomatiques haïtiens à Dajabón ont déjà déposé une  plainte auprès du tribunal de la juridiction de Monte Cristi pour homicide contre le soldat dominicain Julio Alcantara de la Rosa.

Le dossier est enregistré au numéro 2018-041-630-01, a appris le GARR auprès du consulat haïtien.

Le meurtrier a été arrêté par la police dominicaine pour les suites judiciaires, selon la même source.

A noter que selon les premiers constats d’un médecin légiste dominicain, Rosibel Grullon, le corps du défunt a présenté une blessure par balle qui s’est logée dans le thorax et sur le côté latéral gauche.

Par la suite, le cadavre de Paulimus Antoine avait été transféré à l’Institut national des sciences médico-légales de l’INACIF à Santiago à des fins d’autopsie, a rapporté Rezo Nòdwès.com, une agence de presse en ligne.

Condamnant cet incident regrettable qui vient semer le deuil une fois de plus au sein de la population haïtienne, le GARR présente ses sympathies à la famille Antoine éplorée.

Il exhorte les représentants diplomatiques haïtiens en République voisine à poursuivre jusqu’au bout le dossier afin d’éviter la reproduction de ces actes répréhensibles qui ciblent souvent les ressortissants haïtiens tant à la frontière qu’en République Dominicaine.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Mon, 30 Apr 2018 20:53:10 +0000
Reprise des échanges commerciaux au point frontalier d’Anse-à-Pitres/Pedernales https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1959-reprise-des-échanges-commerciaux-au-point-frontalier-d’anse-à-pitres-pedernales https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1959-reprise-des-échanges-commerciaux-au-point-frontalier-d’anse-à-pitres-pedernales Vue du point frontalier officiel Anse-à-Pitres/Pedernales le 16 avril 2018

Les activités commerciales ont repris depuis le vendredi 13 avril 2018 au point frontalier d’Anse-à-Pitres/Pedernales (Sud-est) qui avait été fermé depuis un mois. Cette réouverture est possible grâce à un accord trouvé entre les  deux autorités municipales voisines.

Le lundi 16 avril 2018, le marché frontalier de Pedernales, fréquenté en majeure partie par des Haïtiennes et Haïtiens, a fonctionné normalement. Des résidents de la commune d’Anse-à-Pitres qui fréquentent des établissements scolaires et des centres professionnels dominicains à Pedernales, ont été aussi au rendez-vous, a observé le GARR.

Une entente a été trouvée entre les protagonistes suite aux deux rencontres tenues à Anse-à-Pitres et à Pedernales les 9 et 12 avril 2018 entre les autorités haïtiennes et dominicaines.

Au terme de la rencontre binationale du 12 avril 2018 qui s’était déroulée dans une ambiance de convivialité,  les autorités municipales d’Anse-à-Pitres et de Pedernales ont signé un protocole visant à rétablir l’ordre des choses.

La délégation haïtienne était composée de Harry Bruno, maire d’Anse-à-Pitres,  Pierre Michel Lafontant, délégué départemental du Sud-est, Hosdel Peigne, délégué de ville d’Anse-à-Pitres, Jasmin Jean Kellermann, représentant du GARR dans cette commune frontalière et Cénol Désir, représentant de l’IBESR.

Du côté dominicain, il y avait Manuel Mato Feliz, maire de Pedernales, Adán Cruz Herediaz, Délégué départemental de Pedernales, André Bocio Fortuna et Maximo Feliz respectivement consuls accrédités à Anse-à-Pitres et à Mirebalais, accompagnés de militaires dominicains.

Présenté en huit (8) points, le protocole favorisera, selon les signataires,  de meilleurs rapports entre les deux communes frontalières.

Au premier point, il est demandé aux autorités de Pedernales de faire  un inventaire des matériels de pêche qui ont été saisis aux Haïtiens en vue de les restituer aux autorités haïtiennes.

Le deuxième point se réfère à l’acceptation de la vente de certains produits haïtiens au marché dominicain de Pedernales (denrées), à l’exception des produits alcoolisés.

Le troisième point interdit aux militaires du Corps Spécialisé de la Sécurité Frontalière Terrestre (CESFRONT) de rançonner les commerçantes et commerçants haïtiens.

Au quatrième point, il est demandé aux autorités dominicaines de procéder au recensement des  travailleurs agricoles haïtiens à Pedernales et de respecter leurs droits.

Le cinquième point interdit aux autorités dominicaines d’infliger de mauvais traitements aux commerçantes et commerçants haïtiens pendant les opérations de rapatriement.

Au sixième point, il est demandé aux autorités haïtiennes de doter les ressortissants haïtiens vivant à Pedernales de documents d’identité.

Dans le septième point, on lit ce qui suit : un habitant d’Anse-à-Pitres muni de sa carte d’identification nationale, doit pouvoir traverser à Pedernales sans avoir besoin d’un visa.

En ce qui concerne le huitième point,  il traite de la collaboration qui doit exister entre les autorités d’Anse-à-Pitres et de Pedernales pour éradiquer les conflits au niveau de la frontière.   

Notons qu’une rencontre de suivi est prévue dans un mois entre les autorités des deux  municipalités voisines.

Le GARR salue la démarche des autorités municipales d’Anse-à-Pitres et de Pedernales estimant que c’est un pas dans la bonne direction. Toutefois, il croit que certains points de cet accord relèvent davantage de la compétence des autorités centrales des deux pays. Il est donc du devoir des deux gouvernements de s’asseoir sur ce protocole aux fins de validation pour garantir un meilleur suivi.

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gsainville@garr-haiti.org (Geralda Sainville) Haïti-République dominicaine Relations Mon, 16 Apr 2018 20:04:05 +0000
14782 migrantes et migrants haïtiens rapatriés pour les trois premiers mois de l’année 2018 https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1951-14782-migrantes-et-migrants-haïtiens-rapatriés-pour-les-trois-premiers-mois-de-l’année-2018 https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1951-14782-migrantes-et-migrants-haïtiens-rapatriés-pour-les-trois-premiers-mois-de-l’année-2018 Des migrants haïtiens embarqués dans un véhicule dans des conditions inhumaines pour être reconduits à la frontière

Les opérations de rapatriement de migrantes et migrants haïtiens se poursuivent à la frontière haïtiano-dominicaine.  Pour les trois premiers mois de l’année 2018, 14782 cas de rapatriement ont été recensés au niveau des points frontaliers officiels et non officiels. Au nombre de ces rapatriés figurent 56 mineurs non accompagnés qui ont été reconduits à Malpasse et à Cornillon/Grand-Bois (Ouest).

 

Ouanaminthe/Dajabon (Nord-est) est le point frontalier officiel ayant accueilli le plus grand nombre de rapatriés avec un total de 6893. La frontière Carisal/Comendador, Belladère (Centre) vient en deuxième position avec un effectif de 5989 rapatriés.

Le point frontalier officiel Anse-à-Pitres/Pedernales (Sud-est) a accueilli plus de 1500 rapatriés. Viennent enfin Malpasse/Jimani avec 290 personnes rapatriées et Cornillon/Grand-Bois avec un total de 110 personnes

Il convient de signaler que les rapatriements qui ont été observés à Anse-à-Pitres (Sud-est) étaient provoqués par l’assassinat d’un couple dominicain survenu à Las Mercedes (Pedernales) en février 2018.

Les personnes rapatriées ont déclaré avoir vécu entre trois mois et dix ans en République Dominicaine. Elles vivaient en majorité à Barahona, Las Matas, San Juan, Santo Domingo, Las Mercedes et à San Pedro de Macoris.

Nombre de ces personnes rapatriées ont profité de leur accueil au bureau du GARR pour dénoncer les mauvais traitements qui leur ont été infligés par les autorités dominicaines avant leur reconduction à la frontière.

 «Nous étions enfermés dans un bus qui faisait la navette dans les rues de la République Dominicaine à la recherche d’autres Haïtiens. Nous avons été conduits ensuite à un centre carcéral où nous avons été gardés pendant plus de trois nuits dans des conditions inhumaines.», ont souligné quelques-uns d’entre eux.     

Notons que de juillet 2015 à mars 2018, 120200 rapatriés et 139991 retournés spontanés ont été enregistrés au niveau des points frontaliers officiels et non officiels d’Haïti et de la République Dominicaine.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Thu, 05 Apr 2018 16:40:05 +0000
Relations haïtiano-dominicaines : Urgence de lutter contre l’impunité et les discours haineux pour faire cesser les crimes et les actes de vengeance populaire https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1948-relations-haïtiano-dominicaines-urgence-de-lutter-contre-l’impunité-et-les-discours-haineux-pour-faire-cesser-les-crimes-et-les-actes-de-vengeance-populaire https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1948-relations-haïtiano-dominicaines-urgence-de-lutter-contre-l’impunité-et-les-discours-haineux-pour-faire-cesser-les-crimes-et-les-actes-de-vengeance-populaire Drapeaux d'Haiti et de la République Dominicaine

 

L’assassinat à coups de machette, à  Pedernales,  du couple dominicain, Julio Reyes Perez, 68 ans et de Neida Felix Urbaez, 55 ans, a occasionné des actes de persécutions à l’encontre des migrantes et migrants haïtiens. Tout en condamnant fermement ce double meurtre, le GARR exhorte les autorités des deux pays, au-delà des éléments factuels, à accorder une attention soutenue à d’autres paramètres qui contribuent à détériorer les relations entre Haïtiens et Dominicains.

Ces deux assassinats enregistrés au mois de février 2018  avec des rebondissements au début de mars 2018, ont eu des incidences fâcheuses, sur la communauté haïtienne vivant à Pedernales. Il affecte également, par effet de boule de neige,  les relations dans plusieurs points frontaliers.  En effet, des dizaines de familles affolées par les menaces et représailles déclenchées contre la communauté haïtienne suite à ces assassinats  ont été obligées de regagner Haïti, laissant derrière elles tous leurs avoirs. D’autres déclarent avoir vécu des scènes de violences terribles ciblant les ressortissantes et ressortissants haïtiens. Dans cette furie aveugle, même M. Will Vital, l’antenne du Consulat haïtien à Pedernales, n’a pas été épargné. Il a eu la vie sauve grâce au renfort de militaires dominicains qui ont dû l’escorter vers la frontière haïtienne.  

Même si le calme semble être revenu au niveau de la frontière d’Anse-a-Pitres/Pedernales, la situation demeure tendue. Et si rien n’est fait, ces genres de situations risquent de se reproduire comme ce fut le cas déjà à plusieurs reprises.  On n’a qu’à se rappeler Hatillo Palma en 2005, Higuey en 2009,  Neiba en 2013, Moca en 2015, etc.  

A chaque fois, suite à un meurtre, le plus souvent non encore élucidé,  des groupes d’intérêts dominicains, ouvertement hostiles à la population haïtienne, déclenchent ouvertement et en toute impunité des actes de représailles contre toute personne suspectée d’être haïtienne en portant atteinte à leurs droits  à la vie, à la sécurité, à la propriété privée et au respect de leur intégrité physique et morale. 

Pour éviter la répétition de tels faits, les autorités haïtiennes et dominicaines doivent agir pour rendre justice à qui elle est due, pour créer des canaux de gestion de conflits, notamment en matière de travail et éviter qu’ils se dégénèrent en violence. 

De leur côté, les autorités dominicaines doivent prendre leurs responsabilités pour sanctionner avec fermeté ceux et celles qui prêchent continuellement la haine contre les Haïtiens et qui appellent ouvertement à la violence contre cette communauté.  Les autorités dominicaines ont la responsabilité de la sécurité de tout être humain qui vit sur son territoire qu’il soit ou non en situation régulière.  Elles ne peuvent donc laisser à des groupes d’intérêts politiques ou autres de prendre leurs places en développant, à travers différents médias, un discours haineux contre toute une population et en organisant leur propre justice contre cette communauté. 

Depuis le début de l’année 2018, le GARR n’a cessé d’alerter l’opinion publique et les dirigeants haïtiens sur une série de cas de meurtres enregistrés à l’encontre de migrants haïtiens en République Dominicaine. Deux de ces cas ont eu lieu suite à des altercations entre des travailleurs migrants et des patrons dominicains pour refus de versement de salaires convenus pour un travail donné.  Citons en exemple :

-          Le 20 janvier 2018, Jean Edmond Dorélus, 20 ans,  et Jean Louis Dorélus, 22 ans, deux frères, originaires de Laschobas, ont été assassinés dans une plantation à Las Matas de Farfán suite à une altercation avec leur patron dominicain. Un  autre migrant qui accompagnait les victimes était grièvement blessé. Selon les témoignages de leurs proches, le présumé coupable qui serait le fils du patron, est en cavale.

Les trois  (3) autres cas d’assassinats se réfèrent  àd’autres faits non élucidés.

-           Le 26 janvier 2018, Obed Félix, un migrant haïtien de 25 ans avait été cambriolé et tué à Santiago par un voleur qui serait un Dominicain. Selon les témoignages de sa femme qui dit n’avoir pas trouvé une assistance légale pour suivre le dossier,  le présumé coupable a été arrêté et le jugement est fixé au mois de mai 2018.

-          Le 2 février 2018, deux frères haïtiens identifiés sous les noms de Sonel et Raoul Oslin, respectivement âgés de 23  et 29 ans, ont été tués à l’arme blanche par des civils dominicains à San Juan, une province du Sud de la République Dominicaine. Selon les informations obtenues, aucune arrestation n’a été réalisée par la police dominicaine dans le cadre de ce double meurtre.  Originaires de Lascahobas,  les deux victimes cherchaient du travail avec le support d’un passeur, nomme « Ti Bwa », ainsi connu. 

Le GARR invite les autorités haïtiennes à prendre leurs responsabilités et à s’entendre avec leurs homologues dominicains pour clarifier ce qui s’est passé à Pedernales et sanctionner les coupables.  Il exhorte ces autorités à demander à la République Dominicaine des comptes en ce qui concerne les assassinats de plusieurs haïtiens survenus depuis le début de l’année 2018 dans des circonstances troublantes.  Il les invite aussi à dénoncer auprès des autorités dominicaines les discours haineux qui sont prêchés contre les Haïtiens et qui encouragent des actes de représailles à chaque fois contre cette communauté.

Haïti et la République Dominicaine sont deux pays qui se partagent une seule île et qui sont obligés de cohabiter ensemble.  Ils ont la responsabilité de rechercher continuellement des stratégies pour rendre possible cette cohabitation.

 

Fait à Port-au-Prince, le 26 mars 2018.

 

Me Saint-Pierre Beaubrun

Coordonnateur du GARR

 

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Tue, 27 Mar 2018 14:13:21 +0000
Des migrants haïtiens retournés à Cornillon/Grand-Bois par crainte de représailles https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1947-des-migrants-haïtiens-retournés-à-cornillon-grand-bois-par-crainte-de-représailles https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1947-des-migrants-haïtiens-retournés-à-cornillon-grand-bois-par-crainte-de-représailles Vue du point frontalier non officiel de Savann Bonm/Cacica

Environ une centaine de migrantes et migrants haïtiens sont retournés de manière spontanée au point frontalier non officiel de Savann Bonm/Cacica à Cornillon/Grand-Bois (Ouest), les 21 et 22 mars 2018.  A l’origine,  un Dominicain connu sous le nom de Palanga a été assassiné à Vicente Noble, une municipalité de la province dominicaine de Barahona, le 19 mars 2018. Ce meurtre a été attribué à Jacques Estimphil, un migrant haïtien qui travaillait avec lui.

Selon les témoignages de certains migrants accueillis par le GARR à Cornillon/Grand-Bois, le défunt était accompagné de son travailleur haïtien quand deux voleurs dominicains l’auraient contraint de leur remettre son arme avec laquelle ils lui ont tiré dessus.

Après avoir commis le crime, les meurtriers ont laissé l’arme auprès du Dominicain assassiné avant de s’enfuir.

L‘Haïtien qui croyait être innocent a appelé la police dominicaine pour la mettre au courant de l’assassinat de son patron. Arrivées sur les lieux du crime, les forces de l’ordre ont procédé à son arrestation, a rapporté un migrant haïtien qui aurait été témoin.

Dans un entretien avec le GARR,  bon nombre des retournés spontanés ont dénoncé le comportement des militaires dominicains basés à Cacica, territoire dominicain voisin de Savann Bonm, qui leur auraient réclamé 150 pesos dominicains pour faciliter leur retour à Cornillon. Ceux qui n’ont pas été en mesure de verser cette somme se sont vu confisquer leurs objets.

Il convient de signaler que les actes de persécution à l’encontre des migrantes et migrants haïtiens qui vivent en République Dominicaine commencent toujours par de pareils incidents.

Une énumération non exhaustive des dates de ces actes de persécutions mettant en périls la vie et les biens de plusieurs centaines de migrantes et migrants haïtiens peut renforcer ces lignes : en 2005 à Hatillo Palma ; en 2008 à Neiba, en 2009  à Higuey ; en 2013 à Neiba et en 2015 à Moca. 

Rappelons que depuis le début de l’année 2018, le GARR ne cesse d’alerter sur une série de cas de meurtres enregistrés à l’encontre de   migrants haïtiens en République Dominicaine.

Il est temps de finir avec ces cas d’abus dont sont l’objet au quotidien les ressortissantes et ressortissants haïtiens en territoire dominicain.

N’est-il pas opportun que les représentants diplomatiques haïtiens exigent l’ouverture d’une enquête pour que la lumière soit faite autour de l’assassinat du ressortissant dominicain?

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Fri, 23 Mar 2018 22:04:35 +0000
Les funérailles de Jean Edmond et Jean Louis Dorélus finalement célébrées https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1946-les-funérailles-de-jean-edmond-et-jean-louis-dorélus-finalement-célébrées https://eww.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1946-les-funérailles-de-jean-edmond-et-jean-louis-dorélus-finalement-célébrées L'exposition de la dépouille mortelle de Jean Edmond et de Jean Louis Dorélus

Les obsèques de Jean Edmond Dorélus, 20 ans, et de Jean Louis Dorélus, 22 ans, ont été célébrées le 19 mars 2018 à l’Eglise Assemblée de la grâce de Lascahobas (Centre), a constaté le GARR.

Selon les déclarations des proches des défunts, les autorités haïtiennes se sont finalement décidées d’accompagner la famille des victimes dont les cadavres se trouvaient  dans  une morgue privée de ladite commune.

Cependant, les autorités locales de Lascahobas ont brillé par leur absence dans la cérémonie funéraire de ces deux jeunes migrants haïtiens à laquelle a participé le GARR.

Originaires de Lascahobas, Jean Edmond et Jean Louis Dorélus, accompagnés de trois autres Haïtiens, étaient en train de chercher du travail en République Dominicaine. Un fermier dominicain leur avait proposé d’aller travailler dans sa ferme agricole à raison de 640 pesos pour une journée.

Au terme de la journée, l’argent promis aux travailleurs agricoles haïtiens leur a été refusé. Cette situation avait provoqué une vive altercation entre le patron dominicain et les migrants haïtiens. Cela s’était produit à Las Matas de Farfán, le 20 janvier 2018.

Jean Edmond et Jean Louis Dorélus allaient être tués par balles le même jour  par le fils du patron dominicain.  Un autre travailleur haïtien connu sous le nom de Johnny Riché avait été, pour sa part, grièvement blessé.

La police dominicaine avait procédé à l’arrestation du frère du meurtrier qui a eu le temps de s’enfuir.

Depuis, aucun suivi judiciaire n’a été fait pour rendre justice et réparation aux parents des deux jeunes Haïtiens qui étaient lâchement assassinés.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Thu, 22 Mar 2018 16:44:34 +0000