[GARR Haïti] - Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - [GARR Haïti] - Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - Haïti-République dominicaine Relations Le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) est une plate-forme d'associations et d'organisations non gouvernementales travaillant sur la problématique de la migration. Tout en n'excluant pas les autres pôles de migration, le GARR concentre ses efforts sur la République Dominicaine où vivent de nombreux immigrants haïtiens et leurs descendants dans des situations déplorables. https://download.garr-haiti.org Tue, 17 Oct 2017 03:03:00 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr 80ème anniversaire du massacre des Haïtiens : Un devoir de mémoire pour harmoniser les relations entre les deux Etats de l’île https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1905-80ème-anniversaire-du-massacre-des-haïtiens-un-devoir-de-mémoire-pour-harmoniser-les-relations-entre-les-deux-etats-de-l’île https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1905-80ème-anniversaire-du-massacre-des-haïtiens-un-devoir-de-mémoire-pour-harmoniser-les-relations-entre-les-deux-etats-de-l’île Photo: Kolektif Komemorasyon Masak Kout Kouto

Conférence de presse, séance de bougies allumées, célébration de messe, marche pacifique, dépôt de gerbes, conférence-débats, prestations théâtrales, telles ont été entre autres les diverses activités réalisées, du 2 au 4 octobre 2017, à Ouanaminthe (Nord-est) par un collectif de citoyennes et de citoyens dénommé "Kolektif Komemorasyon Masak Kout Kouto". Ces activités visaient à marquer la date tragique du massacre de Perejil (Persil en Français) perpétré en octobre 1937  par le dictateur dominicain Rafael Leónidas Trujillo Molina. Environ 20,000 Haïtiens ont été tués.

La journée du 2 octobre 2017 a été marquée par la tenue d’une conférence de presse dans la matinée et l’organisation, à la tombée de la nuit, d’une séance de bougies allumées sur la place publique Notre-Dame de l’Assomption à Ouanaminthe en mémoire des victimes du massacre.

La séance de bougies allumées allait être suivie, le  3 octobre 2017, d’une  une messe chantée à l’église Notre-Dame de l’Assomption de ladite commune par les  révérends Stanley Casséus de nationalité haïtienne et Mario Serrano Marte de nationalité dominicaine.

Immédiatement après, plusieurs centaines de personnes ont marché pacifiquement de la rue Valière à la Rivière Massacre où est érigé le pont d’Ouanaminthe servant de limite entre Haïti et la République Dominicaine. C’est dans cette rivière, on se le rappelle, que nombre de ressortissants haïtiens ont rendu l'âme tandis qu’ils tentaient en vain de traverser la frontière de Dajabon/Ouanaminthe.

Des slogans de paix, d’harmonie et de remémoration ont été scandés tout au long du parcours des marcheuses et marcheurs.

Des gerbes ont été jetées dans la rivière en souvenir des victimes de ce massacre de trois jours. Des acteurs,  dans le cadre du projet "Fwontyè San Fòs Kote",  ont offert des prestations théâtrales pour dénoncer les violations de droits humains dont sont l’objet au quotidien les ressortissants haïtiens en République Dominicaine.

Jésula Blanc, responsable de plaidoyer au GARR qui intervenait en la circonstance, a appelé les autorités haïtiennes et dominicaines à travailler pour favoriser un climat de paix et d’harmonie entre les deux peuples de l’île en vue d’éviter la reproduction d’un tel événement lugubre.

Elle en a profité pour demander à l'Etat haïtien de travailler pour améliorer le sort de la population haïtienne de façon à l’inciter à rester en Haïti afin qu’elle n’aille pas se faire humilier en territoire dominicain.

De son côté, le directeur adjoint du Service Jésuite aux Migrants/Solidarite Fwontalye (SJM/SFw), Michel Edouard Alcimé dit souhaiter qu’Haïti ne revive jamais un triste événement. Il a plaidé en faveur du respect des droits humains entre les deux Républiques qui, selon lui,  sont appelées à vivre ensemble.

Il convient de souligner que divers thèmes ont été aussi abordés le 4 octobre 2017 par des panélistes haïtiens et dominicains lors d’une conférence-débat.  

Le Sociologue Smith Augustin qui analysait les origines sociales et politiques du massacre de 1937, a avancé que « les causes doivent être recherchées à partir d’un raisonnement psychologique individuel qui est en fait une expression morbide du complexe d’infériorité d’un dictateur cherchant à se débarrasser de son origine haïtienne ».

Le doctorant en sociologie à l’université Laval, au Canada, a par ailleurs avancé que «l’origine de cet événement tragique est beaucoup plus profonde et répond à une dynamique sociale et un projet politique de reconstruction nationale».

Le prêtre dominicain, Rejino Martinez, l’un des panélistes, a mis l’accent sur la nécessité pour les autorités des deux Etats insulaires de travailler pour l’établissement d’un dialogue binational franc et sincère qui débouchera sur le climat de paix et d’harmonie tant souhaité par les militants de droits humains des deux pays.

Organisées grâce au support du GARR, du  SJM/SFw, d’Oxfam, d’OIM et de l'organisme britannique Christian Aid, ces activités commémoratives du massacre de 1937 visaient à dissiper tout sentiment de haine qui nuirait aux relations de bon voisinage entre les deux Etats insulaires.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Fri, 13 Oct 2017 19:25:46 +0000
Haïti/République Dominicaine : Un migrant haïtien maltraité lors d’une opération de rapatriement https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1903-haïti-république-dominicaine-un-migrant-haïtien-maltraité-lors-d’une-opération-de-rapatriement https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1903-haïti-république-dominicaine-un-migrant-haïtien-maltraité-lors-d’une-opération-de-rapatriement Des migrantes et migrants haïtiens  lors d'une opération de rapatriement à la frontière de Carisal/Elias Piña

Jean Robert Fleurantus, un ressortissant haïtien de 27 ans a été arrêté et battu par 3 militaires dominicains à Santo Domingo au cours d’une opération de rapatriement, le 5 octobre 2017. Le jeune Haïtien a été gardé pendant une nuit au centre carcéral de Haina avant d’être reconduit au point frontalier de Carisal/Elias Piña le 6 octobre 2017 en compagnie de  44 autres migrants haïtiens dont 2 femmes, une fillette et 41 hommes.

Originaire de Saint-Marc, département de l’Artibonite, M. Fleurantus a souligné avoir payé 2200 pesos à un passeur dominicain qui lui a facilité l’entrée sur le territoire dominicain. Arrivé à Santo Domingo, il allait se retrouver seul quand le passeur dont l’identité n’a pas été révélé, s’est enfui.

Soudain, trois militaires dominicains sont arrivés sur les lieux et l’ont intercepté. Après l’avoir bousculé et battu, ils l’ont forcé à monter dans un bus à destination du centre carcéral dominicain de Haina. Il y a été gardé pendant une nuit dans des conditions très difficiles sans rien trouver à mettre sous les dents.

Accueilli par le GARR à Belladère, M. Fleurantus s’est présenté avec une inflammation au niveau du pied gauche qui l’a empêché de marcher.

Il a été tout de suite transporté à un centre hospitalier de Belladère pour se faire soigner. Les diagnostics médicaux ont révélé que le jeune migrant a été fracturé à la cheville.

Après avoir passé une nuit au centre d'hébergement du GARR, l’institution de droits humains a facilité, le samedi 7 octobre 2017,  le retour du ressortissant haïtien à Saint-Marc, sa ville natale.

Il convient de souligner que de multiples cas d’abus et de violations de droits humains sont enregistrés ces derniers jours dans diverses  opérations de rapatriement à la frontière haïtiano-dominicaine.

Le 25 septembre 2017,  Jonel Jeanty, un migrant haïtien de 28 ans,  avait été reconduit blessé au point frontalier d’Ouanaminthe/Dajabon, aux environs de 10 heures du soir. Il avait été atteint d’une balle au pied gauche provenant d’une arme d’un militaire dominicain, le 16 septembre 2017. Cette agression a eu lieu, on se le rappelle, à Hatillo Palma, une ville dominicaine de la province de Monte Cristi.

Tout en condamnant la brutalité avec laquelle les autorités dominicaines réalisent ces derniers jours les rapatriements, le GARR appelle au respect des droits humains dans les opérations de reconduction de migrants haïtiens à la frontière.

Il en profite pour exhorter les autorités haïtiennes à travailler avec le gouvernement dominicain en vue de trouver la meilleure formule qui soit pour combattre le trafic de personnes à la frontière. Ce qui évitera aux ressortissantes et ressortissants haïtiens d'aller se faire humilier  en territoire voisin. 

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Mon, 09 Oct 2017 20:22:57 +0000
Interdiction faite aux ressortissantes et ressortissants haïtiens d’aller se faire soigner dans des hôpitaux publics en République Dominicaine https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1902-interdiction-faite-aux-ressortissants-haïtiens-d’aller-se-faire-soigner-dans-des-hôpitaux-publics-en-république-dominicaine https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1902-interdiction-faite-aux-ressortissants-haïtiens-d’aller-se-faire-soigner-dans-des-hôpitaux-publics-en-république-dominicaine Photo: Google

Les ressortissantes et ressortissants haïtiens se sont vu désormais refuser l’accès gratuit aux soins de santé en République Dominicaine. Des femmes haïtiennes qui ont l’habitude d’aller accoucher  dans les hôpitaux publics en territoire dominicain ne sont plus autorisées à le faire. Dans le cas contraire, elles devront payer pour avoir accès aux soins de santé dans des centres hospitaliers privés dominicains, a confirmé une organisation partenaire dominicaine du GARR.

Cette mesure intervient suite à la déclaration à maintes reprises du Directeur du service national de la santé, Nelson Rodriguez Monegro, qui estime que c’est inadmissible que le gouvernement dominicain dépense 5 milliards de pesos chaque année en soin de santé pour les étrangers notamment les femmes enceintes de nationalité haïtienne.

Pour prendre le contrôle de la situation, les autorités dominicaines ont procédé à une augmentation de l’effectif des militaires depuis plus d’un mois dans les points frontaliers haïtiano-dominicains.  

Cette mesure a déjà provoqué le rapatriement de plusieurs  femmes enceintes haïtiennes qui ont tenté de traverser la frontière pour aller donner naissance à des nouveau-nés en République voisine.                                           

Le 16 septembre 2017, 40 ressortissants haïtiens dont 15 femmes enceintes qui tentaient d’entrer en territoire dominicain ont été arrêtés et reconduits en Haïti, a souligné le journal en ligne dominicain Listin Diario.

Parallèlement le budget général de la République Dominicaine pour l’année 2018 a été approuvé en Conseil des ministres le 25 septembre 2017. Il s’estime à 814,821 milliards de pesos, soit 17 milliards de dollars américains. Cette loi de finances est 7 fois plus élevée que celle de la République d’Haïti  pour l’exercice 2017-2018 qui s’estime à 144 milliards de gourdes, soit environ 2 milliards de dollars américains.

Le ministre dominicain des finances, Donald Guerrero, a indiqué au cours d’une conférence de presse que le budget sera accentué sur deux principaux axes : stimuler l’économie  et soutenir les secteurs sociaux.  En ce qui concerne les dépenses publiques, elles seront de l’ordre de 684 milliards de pesos.

Soulignons que la priorité sera accordée dans le budget notamment aux secteurs de la santé et de l’éducation, avec la construction de nouvelles écoles, le reboisement dans les bassins versants.

Selon le Directeur du budget, Luis Reyes, 11 milliards de pesos seraient alloués à la réhabilitation des hôpitaux. Pour mieux les équiper, une enveloppe de 1,4 milliard de dollars est prévue.

En ce qui a trait au secteur de l’éducation, 152,7 milliards de pesos dominicains y seront alloués.  Ce qui représente une augmentation de 9,7 milliards par rapport à l’année 2017.

En Haïti, plusieurs communes frontalières du Sud-est, du Centre, de l’Ouest et du Nord-est font face à des difficultés majeures en matière d’infrastructures sanitaires.

Pour tous les cas qui nécessitent une intervention chirurgicale, les résidentes et résidents de ces zones sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour accéder au service  hospitalier dans d’autres communes. Ce qui fait que généralement, ils/elles  préfèrent se rendre en territoire voisin en vue de recevoir des soins de santé à un coût réduit.

Tel est le cas des résidentes des communes frontalières de Cornillon/Grand-Bois (Ouest), de Thiotte, d’Anse-à-Pitre (Sud-est), de Belladère et de Thomassique (Centre). À l’exception d’Ouanaminthe où il y a un centre hospitalier équipé et privé où les résidentes et résidents de ladite commune frontalière doivent avoir de moyens financiers pour accéder aux services sanitaires.   

Hormis les états piteux de la route, une femme enceinte à Anse-à-Pitres ou Thiotte qui doit subir une césarienne, est contrainte de se rendre à Jacmel. Une autre qui réside à Belladère doit se rendre à Mirebalais, pour la commune de Cornillon/Grand-Bois, elle doit se rendre à Port-au-Prince tandis que les femmes enceintes résidant à Thomassique devront aller à la commune de Hinche.  Une situation qui fait augmenter l’affluence des patients en quête de soins de santé. 

Comparativement à la République Dominicaine, Haïti, dans le budget pour l’exercice fiscal 2017-2018,  a accordé une part non significative à l’éducation et à la santé. Des 144 milliards de gourdes  prévues, seulement 15,9% est destiné au secteur de l’éducation et 4.3%  à la santé pour une population de plus de 10 millions d’habitants.

Le GARR estime qu’il est temps que les autorités haïtiennes accordent de l’importance à la santé et l’éducation de la population haïtienne.

Il plaide en faveur d’un budget rectificatif où des fonds suffisants seront alloués aux secteurs de la santé et de l’éducation. Ce qui permettra de réhabiliter et de construire des écoles publiques, des centres hospitaliers dans le pays notamment dans les zones frontalières au bénéfice des filles et fils du pays afin qu’elles/ils n’aillent plus se faire humilier en territoire dominicain en quête de soins de santé et de pain de l’instruction.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Fri, 29 Sep 2017 20:09:02 +0000
Un migrant haïtien rapatrié avec des blessures par balle à la frontière d'Ouanaminthe/ Dajabon https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1901-un-migrant-haïtien-rapatrié-avec-des-blessures-par-balle-à-la-frontière-deouanaminthe-dajabon https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1901-un-migrant-haïtien-rapatrié-avec-des-blessures-par-balle-à-la-frontière-deouanaminthe-dajabon Photo: Google

Jonel Jeanty, un migrant haïtien de 28 ans a été rapatrié blessé au point frontalier d’Ouanaminthe/Dajabon, le 25 septembre 2017 aux environs de 10 heures du soir. Selon ses témoignages, il a reçu un projectile provenant d’une arme d’un militaire dominicain.

Le ressortissant haïtien a été atteint, le 16 septembre 2017, d’une balle au pied gauche tandis qu’il se trouvait en territoire dominicain. Cette agression a eu lieu à Hatillo Palma, une ville dominicaine de la province de Monte Cristi, a-t-il précisé.

Originaire de la Gonâve (Ouest), le jeune migrant a été emmené à un centre hospitalier dominicain pour se faire soigner et ensuite gardé pendant plusieurs jours à un centre carcéral en République Dominicaine. Ses blessures ont été pansées mais le projectile n’a pas été enlevé.  

Le 25 septembre 2017, en raison de sa situation critique, il a été reconduit dans la soirée en Haïti par des militaires dominicains. Il  a passé la nuit à la belle étoile sur le pont frontalier d’Ouanaminthe avec de fortes douleurs, selon ses témoignages.

Retrouvé dans un état inquiétant, la victime est en train de se faire soigner à un centre hospitalier de cette commune frontalière avec l’appui du GARR et de l’OIM.

Il convient de souligner que ce type d’agression ne se produit pas pour la première fois en territoire dominicain.  

Zacharie, un ressortissant haïtien de 23 ans, avait reçu, le 24 juillet 2017, une balle au pied gauche provenant d’une arme d’un militaire dominicain. Ce dernier avait procédé brutalement à son arrestation alors qu’il se trouvait chez lui, à Santo Domingo. Malgré ses blessures, il a été gardé au centre carcéral de Haina où il a passé 5 nuits en compagnie d’autres migrants haïtiens avant d’être rapatrié à la frontière.

Le GARR condamne énergiquement les conditions dans lesquelles les autorités dominicaines réalisent les opérations d’arrestation et de rapatriement de ressortissants haïtiens. Il plaide en faveur du respect des droits des personnes rapatriées à la frontière.

Il en profite pour exhorter les autorités haïtiennes à réclamer de l’Etat dominicain l’ouverture d’une enquête en vue de punir le coupable dans le cadre de cette affaire.  

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Wed, 27 Sep 2017 16:16:54 +0000
Vent de panique à Jimani/Malpasse https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1899-vent-de-panique-à-jimani-malpasse https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1899-vent-de-panique-à-jimani-malpasse Photo: Jhonny Dabel

Une situation de panique a régné dans l’après-midi du 24 septembre 2017 au point frontalier de Jimani/Malpasse. A l’origine, 31 chauffeurs de taxi moto de nationalité haïtienne qui résideraient à Jimani se sont vu confisquer leurs véhicules par les autorités dominicaines sous prétexte qu’ils n’ont pas de papiers pour assurer le transport dans la ville de Jimani. En représailles, un groupe de civils haïtiens ont saisi les clés de deux camions appartenant à des Dominicains  qui se trouvaient sur le sol haïtien, à Malpasse.

Cette situation avait perturbé totalement la circulation où plusieurs passagers qui revenaient de la République Dominicaine ont été contraints de marcher  de Jimani à Malpasse, a rapporté un partenaire du GARR.

Des pierres et des bouteilles ont été lancées dans la direction de Jimani par des chauffeurs victimes et des sympathisants  qui exprimaient leur mécontentement, selon la même source.

Les chauffeurs protestataires se sont montrés furieux de la confiscation de leurs motos alors qu’ils ont l’obligation de travailler quotidiennement pour payer les concessionnaires dominicains.

« Nous avons acheté à crédit nos motos. Tous les 8 jours, chacun de nous doit verser environ mille pesos aux concessionnaires dominicains. Qu’allons-nous faire pour honorer nos engagements si nos motos sont confisquées ? », se sont-ils interrogés.

Par ailleurs, les chauffeurs haïtiens ont critiqué le comportement des autorités policières haïtiennes de Malpasse qui, selon eux, les ont convaincus de restituer les clés des camions dominicains.

Le lundi 25 septembre 2017, les activités commerciales ont repris timidement au marché frontalier de Jimani/Malpasse, selon Natacha Bazile, animatrice du GARR à Ganthier. 

Suite à une rencontre tenue dans la matinée du 25 septembre 2017 entre Mme Thérèse Longchamp, Ministre conseillère et cheffe de poste au consulat haïtien à Barahona et des autorités dominicaines, 16 motos avaient été restituées dans l’après-midi.

Tout en saluant la démarche, le GARR appelle les autorités haïtiennes et dominicaines à poursuivre les pourparlers en vue de la restitution des 15 autres motos.

Il les exhorte à travailler pour éviter la répétition de tels actes qui tendent à alimenter des tensions au niveau des points frontaliers.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Mon, 25 Sep 2017 21:36:12 +0000
Arrêt génocidaire du 23 septembre 2013: Pour que l’on s’en souvienne https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1898-arrêt-génocidaire-du-23-septembre-2013-pour-que-l’on-s’en-souvienne https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1898-arrêt-génocidaire-du-23-septembre-2013-pour-que-l’on-s’en-souvienne Des Dominicaines et Dominicains dénationalisés lors d'un sit-in en République Dominicaine

Le 23 septembre 2017 marque le quatrième anniversaire de l’Arrêt 168-13, prononcé par le Tribunal constitutionnel de la République Dominicaine. Cette commémoration est venue à un moment où l’ouragan Maria, de catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson affecte plusieurs communes dominicaines. Plusieurs familles dominicaines sont placées dans des abris et d’autres sont restées cloitrées dans leurs maisons en raison de fortes averses qui s’abattent sur leurs villes. La Plateforme d’organisations dominicaines Dominican@s Por Derecho a annoncé, le 21 septembre 2017 le report des activités commémoratives dans le but de faire  face à l’ouragan. Plusieurs pays de la Caraïbe, notamment La Dominique et Porto Rico, sont terriblement touchés avec des pertes en vie humaine et des dégâts matériels considérables. Le GARR reste solidaire au peuple dominicain et aux migrants et migrantes haïtiens dans cette circonstance.

Néanmoins, la situation confuse des personnes victimes de l’Arrêt TC 168-13, qualifié de génocide civil par le journaliste dominicain Juan Bolivar Diaz, ne peut être jetée aux oubliettes. C’est un devoir de mémoire de toujours rappeler cet acte sinistre qui constitue un évènement majeur dans l’histoire de la République Dominicaine et surtout un tournant capital dans la vie de centaines de milliers de personnes. Au regard des prescrits du Droit International des droits de l’homme, il est du devoir de l’Etat dominicain de redresser la barre par rapport aux écarts des acquis de la lutte contre la discrimination et l’apatridie qui sont en perpétuelle évolution dans la société dominicaine.

Car, même si la mobilisation régionale et internationale contre cette sentence raciste perd de plus en plus l’envergure initiale, rien n’enlève pour autant ses conséquences désastreuses sur la vie de plus des centaines de milliers Dominicains et Dominicaines d’ascendance étrangère. Aujourd’hui, ces victimes en majorité d’ascendance haïtienne sont considérées comme des citoyens et citoyennes de seconde zone. Elles ne sont pas en mesure de jouir pleinement de leurs droits civils et politiques encore moins de leurs droits socio-économiques.

L’on se rappelle en mai 2014, l’Administration de Medina, pour calmer la clameur des mobilisations nationales et internationales, avait publié la loi 169-14. Cette loi dite « loi de naturalisation » ne fait que renforcer la décision de la Cour en montrant que les enfants nés en République dominicaine de parents étrangers en situation irrégulière devaient être considérés comme des étrangers, proposant certaines concessions, plutôt que des réparations pour les violations des droits humains.

Quatre ans après la sentence, la situation des victimes change, évolue mais se complique. Un nombre important d’entre elles se noient dans l’anonymat en raison de leur niveau d’éducation et leurs conditions socio-économiques précaires. Les plus connues sont celles dont les noms sont restés gravés suite aux multiples procès entamés par devant les tribunaux nationaux et internationaux contre la République Dominicaine.

Juliana Deguis Pierre, une Dominicaine d`ascendance haïtienne, fait partie de ce groupe. Même si elle a reçu de nouveaux papiers, elle se trouve dans l’incapacité de jouir pleinement de ses droits. A plusieurs reprises, son cas a été soulevé par des organisations dominicaines partenaires du GARR, notamment le Mouvement socio-culturel des travailleurs haïtiens (MOCTHA)

Les autorités dominicaines avaient annulé l’acte de naissance de Mme Deguis Pierre sous prétexte qu’elle n’a pas droit à la nationalité dominicaine en raison de son origine haïtienne. Elle était venue pour la première fois en Haïti en mai 2017 lors d’un colloque sur l’identité et la nationalité organisé conjointement par le GARR et des organisations dominicaines.

Dans le cadre du travail de monitoring du GARR  avec des partenaires à la frontière haïtiano-dominicaine,  plus de 6000 personnes enregistrées parmi les victimes anonymes vivent dans des conditions difficiles en Haïti.

Dans ce même contexte, ce mois d’octobre marquera le quatre-vingtième anniversaire du  massacre de 1937 qui a été la plus manifeste expression et la plus violente de l’idéologie anti-haïtienne de la République Dominicaine. Après tant d’années, la sentence du 23 septembre 2013 a ravivé les séquelles de cet évènement organisé par le dictateur dominicain Rafael Leonidas Trujillo et ses alliés. Plus de 15000 Haïtiens et Haïtiennes y ont trouvé la mort.

Actuellement, un ensemble d’organisations de la société civile haïtienne planifient des actions pour rappeler ce drame qui a laissé un goût amer dans les relations des deux peuples. Même si cette cicatrice historique reste comme tant d’autres d’ailleurs, elle peut être guérie par des actions contraires qui reflètent le respect et l’acceptation de l’autre sur l’Ile. A cette fin, chaque secteur étatique ou société civile a sa part de responsabilité.

Les relations entre Haïti et la République Dominicaine vont de bon train, entend-on souvent dire le président haïtien Monsieur Jovenel Moise dans la presse haïtienne. L’amitié est au point tel, qu’avant son investiture il avait rendu visite, en Janvier 2017, à son homologue dominicain. Pourtant, ce rapport « harmonieux » n’aide pas vraiment dans la recherche de solutions aux problèmes binationaux. Plus d’un dira, peut-être, que ces derniers ont toujours existé. Mais comment expliquer qu’ils demeurent encore alors que différents gouvernements se suivent et se félicitent de leur prétendue amitié?

Les rapports entre les deux pays sont dynamiques et complexes. Les avancées dans un domaine quelconque qui peut être économique ou environnemental n’entrainent pas automatiquement des changements au niveau social et culturel et encore moins l’amélioration des conditions de vie des plus vulnérables dans une perspective de droits humains. Les deux gouvernements doivent en être conscients et décider définitivement de travailler à cette fin au niveau de leur territoire. C’est le vœu du GARR et de tous les autres artisans de paix qui se trouvent des deux côtés de l’Île.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Fri, 22 Sep 2017 20:31:12 +0000
Fermeture des points frontaliers de Ouanaminthe/Dajabon et de Jimani/Malpasse face à l’arrivée de Maria https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1897-fermeture-des-points-frontaliers-de-ouanaminthe-dajabon-et-de-jimani-malpasse-face-à-l’arrivée-de-maria https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1897-fermeture-des-points-frontaliers-de-ouanaminthe-dajabon-et-de-jimani-malpasse-face-à-l’arrivée-de-maria Photo: GARR

Les autorités dominicaines ont fermé, le jeudi 21 septembre 2017, leur frontière limitrophe des communes d’Ouanaminthe (Nord Est) et de Malpasse(Ouest). Cette décision temporaire a été prise dans le but de préparer l’arrivée de l’ouragan Maria de catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson qui  passe déjà sur la République Dominique.

Les activités commerciales ont été paralysées à ces deux points frontaliers. Les commerçantes et commerçants haïtiens qui étaient venus effectuer leurs transactions au marché de Dajabon ont été contraints de rebrousser chemin. Ceux et celles qui ont eu le temps de  traverser la frontière dominicaine à destination de Jimani y ont été retenus pendant 3 heures avant de retourner à Malpasse (Haïti), a observé Eddy Antoine, un animateur du GARR basé à ce point frontalier.

Certaines commerçantes se sont montrées furieuses du fait qu’elles ont été retenues pendant ces heures sans aucune précision de la part des autorités dominicaines.  

Des camionneurs dominicains qui assurent le transport République Dominicaine/ Haïti n’ont pas été au rendez-vous.  Des chauffeurs haïtiens qui se trouvaient devant le point frontalier voisin de Jimani ont été contraints de rentrer chez eux car l’accès audit marché leur a été refusé.

Soulignons que des pluies diluviennes s’abattent déjà sur plusieurs départements d’Haïti, notamment le Nord, le Nord ’Est et le Centre. Le Secrétariat Permanent de Gestion des Risques et des Désastres et la Direction de la Protection civile appellent la population à la vigilance tout en restant à l’écoute des prévisions métrologiques pour le pays.

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Thu, 21 Sep 2017 21:40:29 +0000
Un travailleur retraité de la canne à sucre rapatrié quoique muni de sa carte de régularisation à Jimani/Malpasse https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1896-un-travailleur-retraité-de-la-canne-à-sucre-rapatrié-quoique-muni-de-sa-carte-de-régularisation-à-jimani-malpasse https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1896-un-travailleur-retraité-de-la-canne-à-sucre-rapatrié-quoique-muni-de-sa-carte-de-régularisation-à-jimani-malpasse Le travailleur retraité de la canne à sucre répondait aux questions des employés du GARR

Louisade Louis, un ressortissant haïtien de 76 ans a été rapatrié au point frontalier de Jimani/Malpasse le 28 août 2017. Accueilli au bureau du GARR à Christ-Roi, dans la matinée du 14 septembre 2017, le migrant  haïtien y est arrivé visiblement lassé. Il a déclaré avoir été reconduit en Haïti en dépit de la détention d’une carte de résidence. Ce document lui a été émis par les autorités migratoires dominicaines le 12 août 2015 dans le cadre du Plan National de Régularisation des Etrangers(PNRE).

Originaire de Jérémie, le ressortissant haïtien a indiqué avoir laissé Haïti pour aller s’établir en République Dominicaine en 1971. Il a perdu de vue sa fille unique, Marie Michelle Louis, qui vit à Jacmel depuis son installation à San Pedro de Macoris.

Le travailleur retraité de la canne à sucre dit avoir vécu et travaillé pendant 46 ans dans les bateys dominicains. Après avoir passé toutes ces années dans l’industrie de la canne sans aucune amélioration de ses conditions économiques, il a décidé de ne plus travailler dans ce secteur. Comme bien d'autres travailleurs retraités de la canne à sucre, il vivait seul à San Pedro de Macoris.

Le 31 juillet 2017, sous l’invitation des membres de l’Union des travailleurs de la canne à sucre (UTC), M. Louis allait participer à une marche pour exiger de l’Etat dominicain leurs cartes de résidence permanente et leur fonds de pension.

La foule avait été brutalement dispersée quand des agents de l’unité anti-émeute de la police dominicaine ont fait usage de gaz lacrymogène, de grenades et de balles. Plusieurs des manifestants étaient sortis avec des blessures graves dont un travailleur retraité de la canne à sucre âgé de 67 ans.

Depuis, cette catégorie de migrants devient la cible des agents de la migration dominicaine.

« Je me rendais à San Juan en quête du travail dans le domaine de l’agriculture quand deux agents de la migration m’ont arrêté. Ils m’ont conduit à Haina pour me reconduire le même  jour à Malpasse.», a confié au GARR le septuagénaire rapatrié.

Le ressortissant haïtien a critiqué le laxisme des autorités haïtiennes qui, selon lui, avaient pris trop de temps pour doter les migrants haïtiens de documents d’identité, notamment leurs passeports dans le cadre du Programme d’Identification et de Documentation des Immigrants Haïtiens (PIDIH). Ce qui empêche à bon nombre de migrantes et migrants haïtiens inscrits au PNRE de finaliser le processus d’enregistrement, a-t-il regretté.

Par ailleurs, le travailleur retraité de la canne à sucre a condamné le comportement des autorités dominicaines qui l’ont expulsé de leur territoire sans lui verser son fonds de pension auquel il a droit après plus de 40 années de durs labeurs dans les champs de canne.

Face à cette situation, le GARR appelle les autorités haïtiennes à poursuivre les pourparlers binationaux tout en prenant en compte cette catégorie de migrants tant marginalisés par les autorités dominicaines. Ce qui permettra à tous les travailleurs retraités de la canne à sucre d’obtenir le versement de leur fonds de pension.

Il en profite pour exhorter le gouvernement haïtien à prendre en compte les conditions de rapatriements dans l’agenda binational tout en veillant à l’application stricte du Protocole d’accord sur les mécanismes de rapatriement paraphé par les deux Etats insulaires en décembre 1999.

 

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Fri, 15 Sep 2017 15:36:33 +0000
1585 ressortissantes et ressortissants haïtiens rapatriés à Belladère au cours du mois d’août 2017 https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1891-1585-ressortissantes-et-ressortissants-haïtiens-rapatriés-à-belladère-au-cours-du-mois-d’août-2017 https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1891-1585-ressortissantes-et-ressortissants-haïtiens-rapatriés-à-belladère-au-cours-du-mois-d’août-2017 Des migrantes et migrants haïtiens lors d'une opération de rapatriement à la frontière de Carisal/Elias Piña

Des agents de la migration et des militaires dominicains ont rapatrié 1585 migrants haïtiens à la frontière de Carisal/Elias Piña, à Belladère, au cours du mois d’août 2017. Au nombre des rapatriés qui sont en majorité des hommes figurent 51 femmes, 72 garçonnets et 2 fillettes.

Plusieurs de ces personnes ont déclaré avoir été gardées pendant plus de 10 jours au centre carcéral de Haina avant d’être reconduites en Haïti. Elles ont subi divers cas d’abus  lors de ces opérations de rapatriements. 10 rapatriés se sont vu confisquer leur argent et leurs téléphones portables.

La majorité de ces migrants haïtiens ont vécu plusieurs années en territoire dominicain notamment à San Juan, Santo Domingo, Azua et Higuey. Certains disent avoir été séparés de leur famille.

Tel est le cas de Joël, 43 ans, originaire de Ouanaminthe (Nord-est) qui vivait à Santo Domingo depuis 20 ans. Il a déclaré qu’il travaillait dans une plantation agricole dominicaine et y détenait aussi sa propre plantation.

Il a été rapatrié et contraint de laisser ses 3 enfants en République dominicaine, a-t-il confié au GARR.

Il a critiqué le comportement des militaires dominicains qui ne lui ont pas accordé de temps pour récupérer ses biens accumulés pendant de longues années de durs labeurs en République Dominicaine.

Le quadragénaire a dénoncé également des militaires dominicains qui auraient confisqué des téléphones portables et de l’argent des migrants avant de les reconduire à la frontière.

« J’ai été intercepté à Santo Domingo au moment où je devais rencontrer un ami. Deux militaires dominicains m’ont fait signe d’arrêter et m’ont intimé l’ordre de monter dans un bus qui avait déjà plusieurs autres ressortissants haïtiens. Nous avons été incarcérés pendant 14 jours à un centre de détention avant d’être expulsés du territoire dominicain.», a-t-il indiqué.

La situation n’est pas différente pour Hubert, 35 ans, qui a vécu 17 ans à San Juan. Il travaillait dans le domaine de la construction. Le ressortissant haïtien a été accueilli par le GARR à Belladère dans des conditions critiques.

Parallèlement, de nombreux Haïtiennes et Haïtiens résidant dans les zones frontalières qui ont l’habitude de bénéficier des soins médicaux dans des hôpitaux dominicains, se voient refuser l’accès depuis plusieurs jours, a appris le GARR auprès du Réseau Frontalier Jeannot Succès (RFJS).

Une décision qui vient compliquer la situation des résidentes et résidents des zones frontalières notamment des femmes enceintes qui fréquentent les maternités des hôpitaux dominicains avant et pendant leur accouchement.

Soulignons que de juin 2015 au 17 août 2017, 218,610 migrants haïtiens ont été contraints de traverser la frontière. Parmi lesquels 128,483 retournés spontanés et 90,127 rapatriés ont été recensés.  

Le GARR exhorte le gouvernement haïtien à travailler avec son homologue dominicain en vue d’octroyer du temps aux migrants haïtiens de récupérer leurs biens avant toutes les opérations de rapatriements comme l’exige d’ailleurs le protocole d’accord du 2 décembre 1999.  

Il en profite pour plaider en faveur de la construction des centres hospitaliers dans les zones frontalières au bénéfice des Haïtiennes et Haïtiens qui y résident. Ce qui leur permettra d’avoir accès aux soins de santé sans avoir besoin d’aller se faire soigner en territoire dominicain.       

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jmichel@garr-haiti.org (Josue Michel) Haïti-République dominicaine Relations Tue, 05 Sep 2017 16:18:13 +0000
Haïti- République Dominicaine : Environ 300 Haïtiens fuyant Neiba sont arrivés à la frontière de Malpasse https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1889-haïti-république-dominicaine-environ-300-haïtiens-fuyant-neiba-sont-arrivés-à-la-frontière-de-malpasse https://download.garr-haiti.org/index.php/nouvelles/actualite/haiti-rd-relations-fr/item/1889-haïti-république-dominicaine-environ-300-haïtiens-fuyant-neiba-sont-arrivés-à-la-frontière-de-malpasse Haïti- République Dominicaine : Environ 300 Haïtiens fuyant Neiba sont arrivés à la frontière de Malpasse

Des centaines de migrantes et migrants haïtiens ont laissé dans la panique la ville de Neiba, capitale de Baoruco, une province dominicaine,  dans la nuit du 21 août 2017 à destination d’Haïti. D’autres se sont réfugiés dans des casernes militaires pour être amenés tôt dans la matinée du 22 août 2017 à la frontière de Malpasse par les autorités migratoires dominicaines.

 

Cette situation de tension est venue suite à la découverte, le 21 août 2017, du cadavre d’un fermier dominicain de 65 ans connu sous le nom de Juancito Vallejo Montero Beltré à Majagual Cenizo, zone de café de la section El Aguacate. La victime vivait dans le quartier  de Savica à Neiba.

En représailles à ce meurtre,  un migrant haïtien  de 20 ans du nom de Jean Pierre  a été assassiné à coup de couteaux dans la poitrine, le 21 août 2017,  à quelques mètres du cadavre de Montero Beltré. Un proche du fermier serait suspecté de la mort de ce migrant.

48 personnes dont 17 femmes, 7 hommes et 24 enfants ont été accueillies par le GARR dans l’après-midi du 22 août 2017. Elles ont passé la nuit dans les locaux de l’institution à Fond Bayard, localité de Ganthier (Ouest d’Haïti). Des dizaines d’autres migrants ont été  hébergés par des partenaires de l’institution.

Visiblement affaiblis par le trajet, les ressortissants haïtiens ont déclaré avoir peur de se faire attaquer par des civils dominicains qui auraient voulu se venger de l’assassinat du fermier dominicain dont le cadavre a été retrouvé dans un sac par les autorités policières de Néiba.

« Des informations circulaient dans notre quartier faisant croire que des civils dominicains armés de machettes et de couteaux viendraient nous tuer.  Je me suis échappée avec mes trois enfants afin de sauver notre peau.», a expliqué Lucienne, une mère allaitante d’un nourrisson de trois mois environ.

Les cadavres de Vallejo Montero et de  Pierre ont été levés suite au constat du procureur adjoint Erasmo Diaz, chargé des crimes au niveau de la police de Neiba. Il était accompagné  de Juan Bolivar David Cuevas, un médecin légiste. Ce dernier  a affirmé que l'agriculteur est décédé depuis trois ou quatre jours. Ils ont donc décidé de faire inhumer le cadavre après les suites légales, a rapporté la presse dominicaine.

Des déplacements massifs de migrants haïtiens provenant du territoire dominicain ont été également observés au point frontalier de Cornillon/Grand-Bois, département de l’Ouest.

Signalons que ces évènements entrainant la chasse aux migrants haïtiens arrivent souvent dans plusieurs villes de la République Dominicaine. Les plus récents ont été enregistrés à Neiba en  2013 et à Moca en 2014.

Tout en condamnant l’assassinat de ces deux personnes, le GARR invite les autorités dominicaines à poursuivre les enquêtes en vue de faire la lumière sur ces meurtres et identifier les coupables.

Il exhorte les autorités haïtiennes à rentrer rapidement en contact avec le gouvernement dominicain afin de prendre des mesures visant à protéger la communauté haïtienne vivant à Neiba.

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gsainville@garr-haiti.org (Geralda Sainville) Haïti-République dominicaine Relations Wed, 23 Aug 2017 21:47:15 +0000