[comgarr] Preval en Rep Dom: Le dossier des migrants-es ne doit pas être minimisé
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Ven 16 Mar 15:13:30 EDT 2007
Visite du president Préval en République Dominicaine
Le dossier des migrants-es haïtiens ne doit pas être minimisé
Note de presse, 14 mars 2007
Le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés ( GARR) salue la visite du président haïtien René Préval en République Dominicaine où il doit s'entretenir avec les autorités de ce pays, avant de participer au Sommet régional sur la Drogue, ce 16 mars, à Santo Domingo.
C'est bon signe pour l'avenir des relations entre nos deux pays voisins que les dirigeants de l'île, se rencontrent pour analyser ensemble les dossiers d'intérêt commun. Malheureusement, au cours de ces entretiens, les décideurs ont tendance à minimiser le dossier de la migration ou tout simplement l'écarter, sous prétexte que c'est un dossier sensible, conflictuel et de nature à compromettre le dialogue. Pourtant, la migration, bon gré, mal gré, est au cour de toutes les autres questions touchant aux relations haïtiano-dominicaines.
En janvier, après un tête-à-tête au Nicaragua entre les présidents Préval et Fernandez, la tenue de ce Sommet sur la Drogue à Santo Domingo est annoncé et toutes les dispositions ont été prises pour sa réalisation.
Pourtant, depuis le début de l'année à date, on enregistre des drames en série vécus par des immigrants-es haïtiens et qui méritent également de faire l'objet d'entretiens au plus haut niveau. Toutefois, aucune décision n'a éte prise en ce sens alors que les rapatriements et le trafic de personnes n'ont pas cessé à la frontière.
La réalité de la migration haïtienne est à ce point déplorable qu'à travers le monde, elle interpelle des organisations de droits humains qui ont produit des recommandations à ce sujet, au début de l'année. A titre d'exemple, nous pouvons citer les rapports de Refugees International et du Service Luthérien pour l'Immigration et les Réfugiés, réalisés au terme d'une mission sur le terrain. Les deux organisations ont exhorté les gouvernements haïtien et dominicain à se concerter sans tarder en vue d'un accord sur des questions pressantes comme la situation de sans nationalité d'un grand nombre de descendants-tes d'Haïtiens.
Début février, Haïtiens-nes et Dominicains-nes se sont rassemblés devant les locaux du Consulat dominicain de New -York, pour exiger le respect des droits des migrants-es haïtiens, à l'initiative d'un Réseau de solidarité animé par Grassroots Haiti Solidarity Committee. Fin fevrier, la section latino-américaine du John Jay College a réalisé un séminaire avec des migrants dominicains et haïtiens de New-York autour des difficultés entourant le fait migratoire haïtien en République Dominicaine.
Le 2 mars, le Département d'Etat américain publie un rapport sur la situation des droits humains en territoire voisin, établissant que les migrants-migrantes sont victimes de discrimination. Le 7 mars, l'organisation dominicaine Solidaridad Fronteriza et le Réseau Binational Jeannot Succès transmettent aux autorités frontalières de Dajabon un document sur les multiples violations subies par les ressortissants-es haïtiens. Le 9 mars, à New-York, dans le cadre d'un séminaire régional sur l'enfance, le secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza, attire l'attention sur la discrimination affectant un grand nombre d'enfants, descendants d'Haïtiens en République Dominicaine. A Porto Rico, le Comite Pro-Ninez dominico-haïtien a lancé, fin février, une pétition en vue d'exiger du gouvernement dominicain le respect du droit à la nationalité des descendants d'Haïtiens-Haïtiennes en République Dominicaine et le respect de la sentence de la Cour Interaméricaine des Droits Humains.
Alors que des voix s'élèvent de partout pour réclamer une plus grande attention envers ces migrants-es, les autorités haïtiennes n'ont pas encore pris conscience de l'importance du dossier. Au cours des visites officielles effectuées en République Dominicaine, leur attention se porte plutôt sur d'autres questions.
Le GARR tient à souligner que le dossier de la migration haïtienne en République Dominicaine se situe au carrefour des relations bilatérales et les décideurs des 2 pays ont intérêt à résoudre les problèmes posés en relation avec cette migration, au lieu de l'ignorer.
En dépit des engagements pris, les dirigeants haïtiens et dominicains n'ont pas encore réactivé la Commission Mixte, un espace officiel susceptible de faciliter la discussion sur des points importants d'interêt commun avant la signature d'éventuels accords.
Le GARR, une fois de plus, encourage les deux Etats à rendre fonctionnelle la Commission Mixte bilatérale et en faire un espace efficace de dialogue et de décision où diverses questions relatives aux droits des travailleurs migrants, à la frontière, aux marchés binationaux, peuvent être traitées.
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