[comgarr] Il faut que l'Etat haïtien dote la localité frontalière d'Anse-à-Pitr e d'un marché moderne
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Mar 24 Oct 17:10:56 EDT 2006
Il faut que l'Etat haïtien dote la localité frontalière d'Anse-à-Pitre
d'un marché moderne
Port-au-Prince, le 12 octobre 2006. C’est autour de cette revendication
que le Comité de Suivi pour la Construction du marché de Anse-à-Pitre a
réalisé une conférence de presse ce 12 octobre 2006, au local du GARR à
Port-au-Prince.
Christa Jeudy et Marc-Orel Syverin, deux représentants du comité, ont
présenté les difficultés rencontrées par les commerçants-es haïtiens-nes
de cette localité pour pouvoir écouler leurs produits au marché dominicain
de Pedernales, proche d’Anse-à-Pitre. Ils ont fait état de différents cas
de violations subis quotidiennement de la part des civils et surtout des
militaires dominicains qui imposent leurs lois sur tous les échanges
commerciaux, n’hésitant pas à frapper les usagers haïtiens du marché.
"Dans le passé, il prenait un malin plaisir à placer des marchands-es
haitiens-es attendant que le soleil soit au zénith pour les arroser d’eau
de temps à autre à même le toit", a indiqué Christa Jeudy. A la tombée de
la nuit, ces militaires en toute impunité, ramenaient leurs victimes à la
frontière. Ces derniers ne manquaient pas de tomber malade après un pareil
traitement.
A cause des nombreux cas de violences enregistrés sans cesse dans le
marché de Pedernales, "les commerçants haïtiens ont décidé de construire
leur propre marché à Anse-à-Pitre", explique Marc-Orel Syverin,
Responsable des Relations Publiques du Comité de Suivi. C’est encore un
marché de fortune où nous ne sommes pas à l’abri du soleil et de la pluie
et nous réclamons de l’Etat haïtien la construction d’un vrai marché, a
ajouté Syverin.
Pour sa part, Christa Jeudy a mentionné tous les résultats obtenus depuis
le 24 août 2006, date d’implantation du nouveau marché d’Anse-à-Pitre :
aucun cas d’abus n’a été enregistré à ce jour ; un groupe de 450 de
marchands et marchandes ont été inscrits au Service des Contributions ;
ils/elles n’ont aucun frais à payer pour l’entrée de leurs
marchandises contrairement au marché de Pedernales ; ils/elles n’ont
aucune redevance à verser aux militaires dominicains; les Haïtiens-nes
récupèrent un peu de leur dignité perdue ; des marchands-es
dominicains-nes viennent s’approvisionner sans problème au marché
d’Anse-à- Pitre et des marchands-es haïtiens-nes font de même au marché de
Pedernales dans le respect mutuel; les marchands haïtiens peuvent
prolonger leurs activités jusqu’à une heure avancée dans l’après-midi
alors qu’auparavant, au marché de Pedernales, les militaires dominicains
les pressaient de vider les lieux dès onze heures du matin.
Au cours de la conférence de presse, des images du marché d’Anse-à-Pitre
où s’approvisionnaient des acheteurs dominicains ont été présentées aux
journalistes. Au terme de la conférence, les représentants du Comité de
Suivi pour la Construction du marché de Anse-à-Pitre se sont rendus
respectivement au Ministère de l’Intérieur et des Collectivités
Territoriales et au Ministère à la Condition Féminine pour déposer
formellement leur requête. (Fin de texte, GARR 12/10/06)
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