[comgarr] Accords bilatéraux et Commission Mixte: Vers la régularisatio n des échanges commerciaux, troisième dossier brûlant d ans les relations haïtiano-dominicaines

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Mar 24 Oct 15:30:13 EDT 2006


Accords bilatéraux et Commission Mixte:  Vers la régularisation des
échanges commerciaux, troisième dossier brûlant  dans les relations
haïtiano-dominicaines

Pour s’attaquer aux dossiers des relations haïtiano-dominicaines, les
gouvernements haïtien et dominicain doivent disposer d’une structure afin
de discuter de manière constructive. La réactivation de la Commission
mixte haïtiano-dominicaine comme espace de concertation,  devrait
constituer dans ce sens, une priorité pour les deux gouvernements, avec
comme condition indispensable la mise en œuvre et le respect des
engagements pris par cette structure ce qui la rendra viable. Nous
proposons d’ajouter la question de la traite et du trafic comme thème dans
les discussions.

Les accords sur les échanges commerciaux doivent prendre en compte les
propositions ci-dessous qui proviennent d’une analyse faite dans un
discours prononcé en décembre 2005 par le professeur Camille Chalmers de
la PAPDA:

1.      La définition, par les dirigeants haïtiens, d’une politique
économique externe envers la République Dominicaine.  Un ensemble de
stratégies globales de développement doit précéder cette politique. Ces
stratégies globales doivent comporter des approches visant l’insertion
d’Haïti dans le marché mondial global et tenir compte des relations qui
seront développés avec la CARICOM. Faut-il une accélération du processus
d’intégration dans le Marché Commun Caraïbéen ou continuer faire partie du
groupe des Pays Moins Avancés (PMA) ?  En faisant tel ou tel choix, nous
devons penser aux conséquences pour Haïti par rapport, par exemple, à sa
position dans l’OMC.  Il s’agit ici de deux choix stratégiques différents,
chacun avec ses avantages et inconvénients.

Il faut donc faire un choix à partir d’une réflexion sérieuse sur la
situation actuelle de l’économie haïtienne et sur les potentialités
existantes. Nous avons des potentialités, ce qui est prouvé par notre
commerce avec la République Dominicaine.  Haïti dispose d’opportunités
potentiellement très profitables, non seulement aux exploitants mais aussi
à l’ensemble du pays. Il suffit de créer des stratégies globales
d’accompagnement et d’appui aux acteurs économiques.

Il faut également avoir une vision de l’intégration économique.  Nous
vivons actuellement dans un monde fonctionnant de plus en plus par bloc. 
Un pays seul n’arrive plus à défendre ses intérêts.

Une des possibilités pour Haïti est de valoriser sa production artisanale
en développant une stratégie très agressive de pénétration du marché des
pays de la CARICOM, qui ont un pouvoir d’achat et un niveau de revenu très
élevé.

2.      Il faut une révision fondamentale du cadre macro-économique du
pays. Plusieurs économistes estiment que le cadre macro économique actuel
n’est pas favorable à l’agriculture.  Aujourd’hui, il faut un changement
d’orientation pour donner la priorité à l’agriculture, car plus de 65% de
la population vit en milieu rural et 50% de la population active
économiquement travaillent dans le secteur agricole, malgré les faiblesses
de ce secteur et la diminution de sa productivité. L’agriculture demeure
le plus grand fournisseur d’emplois en Haïti, un secteur stratégique qui
ne peut pas se perpétuer dans cette situation d’oubli et de
marginalisation dans laquelle il se trouve depuis plus de 200 ans.
Une stratégie en faveur du renforcement du secteur agricole haïtien peut
mener vers une unification du marché commun haïtien et dominicain,
important de 16 millions d’habitants, l’un des plus grands marchés de la
région avec Cuba.  A ce moment, un certain nombre d’avantages communs avec
des partenaires importants comme les Etats-Unis et l’Union Européenne
peuvent être obtenus et certaines activités communes développées. Un
exemple précurseur, c’est la construction de la route Cap-Haïtien/Dajabon
réalisée à partir de projets binationaux issus des accords de Cotonou.

3.      La levée des interdictions sur les exportations agricoles : Il
existe des interdictions sur un certain nombre de produits agricoles dont
les exportations peuvent offrir des avantages à Haïti.

4.      La démilitarisation des échanges économiques.  En 2005, à l’heure
de la libéralisation, des échanges économiques ne peuvent plus être
contrôlés par la force ou par les armes.  Comme illustration, citons le
scandale arrivé en 2005 aux artisans haïtiens en République Dominicaine. 
Ils n’ont pas le droit d’accéder aux zones touristiques pour vendre leurs
produits et doivent passer par des négociants dominicains qui achètent ces
produits à bon marché pour les revendre en dollars américains directement
dans les hôtels.

5.      Une harmonisation des tarifs est nécessaire dans nos marchés communs.

6.      La restructuration des douanes frontalières, surtout du coté
haïtien. Les douanes doivent être dotées de laboratoire capable d’analyser
les plantes et les animaux traversant la frontière.  Des mécanismes de
coopération entre les douanes frontalières à travers des réunions
régulières d’échanges d’informations doivent être envisagés. Actuellement
règne une forme de silence, souvent hostile, entre les douanes
frontalières.

7.      Un cadre formel de promotion des exportations haïtiennes : en
s’inspirant de certains éléments de la politique dominicaine en la
matière, il importe d’établir un support direct destiné aux acteurs du
secteur informel. Nous visons ici les voyageurs, les marchandes, les
chauffeurs et tout autre acteur du secteur informel qui se trouvent
actuellement dans des conditions extrêmement défavorables et qui arrivent
quand même à avoir un niveau de performance et imposer leur produit sur le
marché dominicain.

Tout ceci fera partie de la réhabilitation de l’image du pays et d’une
politique répondant au besoin des citoyens et citoyennes. Nous pensons à
une politique favorable au développement économique du pays, au
renforcement des institutions au lieu d’une destruction nationale et d’une
précipitation vers plus de dépendance par rapport à
l’extérieur. (Port-au-Prince, 6 mars 2006, GARR)
(Prochain dossier: Promotion de la culture des deux pays et gestion de la
frontière.)




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