[comgarr] 24 vies , c'est le coût de l'actuel désordre migratoire domi nicain

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Mar 24 Oct 14:09:11 EDT 2006


24 vies, c'est le coût de l'actuel désordre migratoire dominicain
(Texte de Martinez Bretón de Solidaridad Fronteriza, traduit de l'espagnol
par le GARR le 19 janvier 2006)

Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas eu une volonté politique pour éviter ces
accidents mortels, par l’établissement d’une véritable politique
migratoire, légale et juste.  Cette situation est en train de coûter un
prix très élevé en termes de vies humaines, tandis que le trafic des
migrants continue de bénéficier aux militaires et entrepreneurs, avec la
complicité de la Direction Générale de la Migration.

La mort par asphyxie de 24 migrants haïtiens sans-papiers, décédés dans un
fourgon à bord duquel ils voyageaient illégalement depuis Dajabon jusqu’à
Santiago, en compagnie de 45 autres compatriotes, doit peser sur la
conscience de quelqu’un.  Assurément, sur celle de leurs sacrificateurs,
membres du réseau de trafiquants haïtiens et dominicains qui touchèrent
d’eux, 1500 à 2000 pesos par tête, pour ce tragique voyage de l’espoir.
Mais aussi, leur mort doit peser sur ceux qui continuent de permettre que
se passent de tels cas, en maintenant la République Dominicaine, sans une
politique migratoire respectueuse de la dignité et des droits de la
personne humaine.

Jusqu’à présent, le gouvernement a donné des réponses ponctuelles,
irrationnelles et inefficaces contre le trafic de sans-papiers. L’actuelle
Opération ‘Vaquero’, avec son déploiement de militaires et d’hélicoptères
sur toute la frange frontalière dominico-haïtienne n’a pas pu freiner le
phénomène, de même, inexplicablement, l’Opération Vaquero n’a pas pu
retenir un fourgon rempli de migrants qui allaient tout droit vers la
mort.

La frontière n’a pas besoin d’opération ‘ Vaquero ‘ : ici, nous ne sommes
pas des vaches, nous sommes des êtres humains !  Nous n’avons pas besoin
de rapatriements massifs ni de contrôles répressifs qui ne font autre
chose que générer l’anarchie et des violations à la loi de la part d’une
communauté accoutumée à la corruption des autorités étatiques.
La frontière et sa population ont besoin de LEGALITE : une loi migratoire
( et un règlement) qui s’ajuste à la Constitution dominicaine et qui crée
une instance de contrôle frontalier transparente, respectueuse et
spécialisée qui puisse compter sur les ressources humaines et techniques
nécessaires.

Manque de volonté

Dans l’inévitable phase de transition vers la légalité, il faut que le
gouvernement commence à agir avec un sentiment de justice et de réalisme
face à la migration haïtienne et qu’il ne se fasse pas complice de la
tragédie.

Le 18 décembre 2005, Solidaridad Fronteriza/SJRM avait décidé d’organiser
le retour ordonné vers Haïti, pour les vacances de Noel, de 465 ouvriers
qui travaillent dans les plantations agricoles de Cerro Gordo, à Valverde,
avec lesquels nous avions travaillé deux ans, en les appuyant dans le
processus difficile de régularisation de leur statut migratoire. Tous
avaient été enregistrés par leur nom et celui de la plantation où ils
étaient employés et les listes avaient été transmises aux bureaux de la
Direction Générale de la Migration.

Le 5 janvier 2006, il était prévu leur retour à Cerro Gordo, mais l’actuel
directeur de la Migration, Carlos Amarante Baret, n’a jamais répondu à la
demande de ce groupe de migrants. Dans la pratique, avec cette attitude de
censure, Amarante Baret a obligé un grand nombre d’ouvriers organisés,
détenteurs d’un emploi sûr, dont l’identité est connue des entrepreneurs
et des bureaux de la Migration, d’utiliser les voies illégales pour entrer
en République Dominicaine et revenir à leurs emplois. Encore, nous ne
savons pas combien d’entre eux ont pu arriver à Cerro Gordo et combien se
sont perdus sur  les chemins dangereux de l’illégalité.

Alternatives vers la légalité

Si on veut réellement vaincre le trafic de personnes, il est nécessaire
que, dans cette phase de transition, le gouvernement dominicain puisse
permettre d’utiliser des formules alternatives qui se rapprochent le plus
possible de la pleine légalité pour l’entrée de la main-d’œuvre étrangère.

Par exemple :
-     En permettant que les membres des associations de migrants soient
enregistrés dans les bureaux de la Direction Générale de la Migration à la
frontière et puissent ainsi retourner à leurs emplois en République
Dominicaine sans la nécessité de suivre les voies illégales ;

-     En concédant que ce soit les propres patrons qui viennent chercher
leurs employés jusqu’à la frontière, en présentant une liste de noms aux
bureaux de la Migration, et éviter de cette manière, que les migrants
aient à voyager illégalement au pays pour regagner leur lieu de travail.

-     En accordant aux employeurs la possibilité de chercher de nouveaux
employés par le biais de listes spécifiques disponibles dans les bureaux
de migration haïtienne, et présentant les noms des personnes sélectionnées
aux bureaux de la migration dominicaine pour leur faciliter la traversée
de la frontière.

La bonne volonté est l’élément indispensable pour mettre en pratique ces
propositions ou d’autres alternatives possibles pour résoudre le problème
de trafics de personnes à la frontière. Les deux gouvernements haïtien et
dominicain, ont une grave responsabilité dans la situation de crise
actuelle. Pour cela, il est extrêmement urgent qu’ils commencent
réellement à collaborer pour trouver une issue qui ne soit pas seulement
des rapatriements massifs et des opérations ponctuelles de l’Armée, mais
plutôt qui appelle au sentiment de légalité et de justice entre les deux
nations. ( Fin de texte, 19-01-06)




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