[comgarr] Bridget Wooding et Richard Moseley-Williams écrivent sur la migration haïtienne en République Do minicaine

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Mar 24 Oct 12:31:33 EDT 2006


Bridget Wooding et Richard Moseley-Williams écrivent sur la migration
haïtienne en République Dominicaine

Port-au-Prince, le 26 octobre 2005.  «Les immigrants haïtiens et leurs
descendants en République Dominicaine » tel est le titre d’un ouvrage qui
vient d’être publié en Haïti par l’Institut Catholique pour les Relations
Internationales(CIIR) et l’Institut Supérieur de Formation Politique et
Sociales(ISPOS).

L’ouvrage, selon la co-auteure Bridget Wooding, présente le cadre général
de la migration haïtienne en République Dominicaine mais surtout rend
hommage aux efforts de la société civile dominicaine pour améliorer les
conditions de vie des immigrants-tes et garantir des changements durables
visant le respect des droits humains de cette population très vulnérable.
L’ouvrage fait l’historique de la migration haïtienne en République
Dominicaine tout en se référant au contexte caraïbeen d’après 1492 où des
noirs étaient emmenés d’Afrique et traités comme esclaves sur les
plantations sucrières. Les origines du sentiment anti-haïtien chez les
Dominicains sont également retracées dans ces pages.

«L’abolition de l’esclavage n’a pas empêché l’essor au 19ème siècle de
l’industrie sucrière dans certains pays de la caraïbe comme la République
Dominicaine », écrivent les auteurs qui estiment par ailleurs que «le
faible taux démographique de ce pays a exigé la recherche de main d’œuvre
dans des pays étrangers et plus spécifiquement en Haïti».
L’immigration haïtienne en République Dominicaine est aussi considérée sur
un double point de vue politique et économique. Selon Wooding et Moseley,
les turbulences politiques et la pauvreté sont les causes fondamentales de
cette migration.

Une section du livre analyse la situation des Haïtiens et de leurs
descendants en République dominicaine.  Les conditions de vie dans les
bateys, l’absence de chiffres officiels sont parmi les problèmes
identifiés. Quant aux descendants d’haïtiens, le problème de la définition
 de leur identité est posé et donne lieu à une interprétation idéologique
de la situation. La plupart des fonctionnaires de l’administration
publique dominicaine considèrent ces personnes comme des Haïtiennes alors
qu’elles sont nées en République Dominicaine et qu’aux termes de la
Constitution en vigueur, elles sont Dominicaines.

La réaction face à l’immigration haïtienne en République Dominicaine est
traitée sous deux angles : d’un point de vue étatique où une grande
attention est accordée à la zone frontalière et d’un point de vue sociétal
où toute une campagne pour la défense des droits des immigrants haïtiens
en République Dominicaine est menée par des organisations de la société
civile dominicaine.

Les auteurs ont également signalé les défis à relever face à la migration
haïtienne en République Dominicaine.  Ils soulignent au passage qu’« aucun
monument, plaque, musée ou commémoration gouvernementale d’aucune sorte ne
rend hommage aux centaines de milliers de travailleurs haïtiens qui ont
joué un rôle vital dans la création et le développement de l’industrie
sucrière qui a fait la richesse de la République Dominicaine pendant 70
ans.  Pas plus que ne se manifeste une reconnaissance pour les
travailleurs qui ont construit les autoroutes, les édifices publics, les
barrages, les canaux d’irrigation et les complexes touristiques et qui
soutiennent la rentabilité d’une agriculture confrontée aux défis de la
mondialisation.  Il n’existe pas de cursus, ni d’Institut des études
haïtiennes, même à l’Université Publique Dominicaine qui jouit pourtant
d’une réputation d’indépendance et dont les cours et les enseignants sont
réputés progressistes.»(Fin de texte, GARR 26-10-05)




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