[comgarr] 18 Juin 2000-18 Juin 2005 : 5 ans depuis le massacre de Guayubin; le Comité de Suivi demande aux autorités où en est le d ossier-

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Mar 24 Oct 11:08:22 EDT 2006


18 Juin 2000-18 Juin 2005 : 5 ans depuis le massacre de Guayubin; le
Comité de Suivi demande aux autorités où en est le dossier-

Port au Prince, le 17 juin 2005

S.E. M. Gérard Latortue, Premier Ministre
S.E. Me Bernard Gousse, Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique
S.E. M. Hérard Abraham, Ministre des Affaires Etrangères et des Cultes
S.E. M. Georges Moïse, Ministre de l'Intérieur
S.E  Dr José Serullé Ramia, Ambassadeur dominicain en Haïti
S.E. M. Carlos Troncoso, Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères de la
République Dominicaine

Objet: Demande d'informations concernant le dossier de Guayubin, 5 ans après

Le Comité de Suivi du Massacre de Guayubin comprenant trois organisations,
le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR), le SANT PON AYITI et
le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) vous font part de
leur inquiétude en ce qui concerne les suites juridiques de ce dossier. A
cette fin, nous nous adressons à vous afin de nous informer de l’état
actuel du dossier.

Ce vendredi 18 juin 05 vient en effet ramener le cinquième anniversaire
du massacre des Haïtiens à Guayubin. Lors d’un trafic d’Haïtiens dans le
Nord de la République Dominicaine, des militaires dominicains avaient
ouvert le feu sur un camion. Six Haïtiens et un Dominicain avaient été
tués et plusieurs autres grièvement blessés. Selon des témoignages, ces
militaires auraient continué à faire feu lorsque les survivants essayaient
de sortir du camion chaviré.

Les suites juridiques de ce dossier et l’enquête demeurent très
décevantes. Les quatre militaires furent traduits, en juillet 2000, devant
le Conseil de Guerre de Première Instance pour homicide. Etant donné que
les victimes n’ont pas le droit de demander une réparation devant les
tribunaux militaires et constatant le manque d’avancement du dossier, les
victimes avaient introduit une plainte par-devant le Tribunal civil de
Monte Cristi. En quatre occasions, le Juge d’Instruction a cité les quatre
militaires, mais sans succès.

L’affaire a ensuite été portée le 12 mars 2003 par-devant la Cour Suprême
dominicaine pour conflit positif de juridiction. Depuis plus de deux ans,
ce conflit semble n’avoir jamais été tranché et aucune communication n’a
été faite aux victimes concernant l’avancement de l’affaire.
Encore une fois, les trois organisations signataires réaffirment leur
volonté de voir ces poursuites aboutir. Nous exigeons avec fermeté qu’une
suite juridique sérieuse soit donnée par les autorités dominicaines à
cette violation de droits humains afin d’éviter un flagrant déni de
justice.

Dans l’espoir que ce dossier recevra toute votre attention et que vous
feriez tout votre possible pour le faire avancer, nous vous saluons
respectueusement.

Le GARR     
Colette Lespinasse

Le RNDDH   
Vilès Alizar

SANT PON Ayiti   
Brigitte Canois




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