[comgarr] Alerte sur la situation qui se développe à la frontière du Nord-Est
info at garr-haiti.org
info at garr-haiti.org
Mar 24 Oct 10:42:52 EDT 2006
Alerte sur la situation qui se développe à la frontière du Nord-Est
Port-au-Prince, 13 mai 2005. Le GARR lance un appel pressant aux
autorités haïtiennes pour demander à leurs homologues dominicains de
mettre un terme à la chasse et aux rapatriements massifs d’haïtiens que
les autorités de la République voisine sont en train d’effectuer à la
frontière du Nord-Est. Ces actions ont été déclenchées, suite à
l’accusation portée contre des haïtiens dans l’assassinat d’une
commerçante dominicaine.
Selon les informations recueillies par le GARR, pour seulement la première
moitié de la journée du vendredi 13 mai 2005, plus de 600 hommes, femmes
et enfants, certains disposant de documents légaux de résidence ou de leur
carte de citoyenneté dominicaine ont été expulsés vers Haiti. Ce flux
ininterrompu s’est poursuivi tout au cours de la journée de ce même
vendredi. Plusieurs autres incidents non confirmés ont été également
rapportés dans la presse.
Selon le père Regino Martinez, directeur du Bureau « Solidaridad
Fronteriza » établi à Dajabon, les Haïtiens ont été arrêtés dans la zone
de Mao(Nord de la République Dominicaine) et emmenés à la frontière, la
plupart les pieds nus, sans avoir eu le temps de ramasser leurs affaires.
Aucune considération n’a été faite pour leur âge, le nombre d’années de
résidence qu’ils ont dans le pays ou leur situation de légalité.
Les dominicains expulsés qui protestaient se sont entendus dire qu’ils
devraient d’abord se rendre en Haïti et de là prendre contact avec la
Junte Electorale(institution responsable des documents d’identité) pour
vérifier leur nationalité, avant qu’ils soient habilités à regagner le sol
dominicain. Les militaires et agents d’immigration sont restés
insensibles au cri de certains haïtiens, parmi eux des enfants, qui
voulaient contacter leurs familles avant d’être rapatriés.
Le GARR souligne à l’attention de l’opinion publique nationale et
internationale que ces rapatriements et expulsions constituent des
violations graves des droits de la personne. Ils ne respectent ni les
conventions internationales en matière de rapatriement ni, non plus
l’accord signé entre les gouvernements haïtien et dominicain en décembre
1999 concernant les procédures de rapatriement.
Le GARR note que ces chasses à l’homme, suivies d’expulsions massives,
s’effectuent au même moment où les autorités dominicaines, par le biais de
leur ambassadeur en Haïti, viennent d’annoncer la tenue du 13 au 15 mai
2005, à San Francisco de Marcoris(toujours au nord de la République
Dominicaine), d’une rencontre binationale avec une délégation de divers
secteurs haïtiens. Ces actions, malheureusement, ne traduisent nullement
cette volonté de solidarité et d’amélioration des relations tant prônée.
Le GARR espère que le Ministre des Haïtiens Vivant à l’Etranger qui
participent actuellement à la rencontre de San Francisco de Marcoris en
compagnie d’une délégation de plusieurs officiels, profitera de cette
opportunité pour réclamer des autorités dominicaines l’arrêt de ces actes
arbitraires contre les Haïtiens.[13-05-05]
Plus d'informations sur la liste de diffusion comgarr