[comgarr] Deuxième Rencontre Insulaire à Santo Domingo. Concrétiser la solidarité: Le grand défi
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Mar 24 Oct 10:20:33 EDT 2006
Deuxième Rencontre Insulaire à Santo Domingo. Concrétiser la solidarité:
Le grand défi
Port-au-Prince, 17 mars 2005. Du 11 au 13 mars 2005, la capitale
dominicaine, Santo Domingo. a accueilli les travaux de la 2e rencontre
insulaire réunissant des professionnels, chercheurs, syndicalistes,
organisations paysannes, universitaires, militants et militantes des
droits humains, des deux côtés de l’ île.
La rencontre a débuté a la Bibliothèque nationale dans la soirée du
vendredi 11 mars avec les propos de circonstance du syndicaliste
dominicain Victor Geronimo qui a salué la présence de la délégation
haïtienne forte de 22 membres et situé l’ initiative dans une démarche de
solidarité active entre les secteurs progressistes haïtiens et
dominicains.
La situation empreinte de complexité voire de confusion que connaît Haïti,
dans un contexte de mise sous tutelle accrue, assortie d’une insécurité
plurielle, a été au coeur des exposés présentés par les panélistes
haïtiens. Parallèlement, leurs homologues dominicains ont questionné
l’accentuation du processus de libéralisation par la nouvelle
administration Fernandez et la dépendance accrue de leur pays vis-à-vis
des institutions financières internationales ainsi que des
multinationales. Ils ont cité, entre autres, l’accord de libre-échange
(TLC) avec les Etats-Unis d’Amérique et le Fonds Monétaire International
(FMI).
"Il est important de réaliser que les vrais rapports de domination, sur
l’île, vont au-delà du concept de nation", a indiqué Didier Dominique,
chercheur haïtien et membre de l'inter-syndicale Batay Ouvriye, une
organisation qui accompagne les ouvriers de la zone franche de
Ouanaminthe. Les deux peuples, au demeurant, ne sont pas hostiles, l’un à
l’autre. Les vrais rapports de domination, a t-il poursuivi, s’inscrivent
au niveau des classes dominantes haïtiennes et dominicaines qui se sont
toujours entendues à merveille pour exploiter la main d’oeuvre haïtienne
ou dominicaine, que ce soit dans les bateys, les chantiers, les zones
franches. Il s’agit principalement d’un rapport entre le capital et le
travail. "Le capital haïtien fait bon ménage avec le capital dominicain" a
indiqué, pour sa part, Carlos Pimentel de la CEDOC, une organisation
basée en République Dominicaine qui analyse régulièrement l'évolution de
la situation socio-politique et économique de l'ile et de la Caraïbe. Le
panéliste dominicain en a profite pour faire état de récents transferts de
plus de cent millions de dollars de chefs d’entreprise haïtiens vers les
banques dominicaines en vue d’ investissements communs.
De leur cote, Allen Henry et Colette Lespinasse, ont parlé respectivement
de l'évolution de la frontière et des relations entre les sociétés des
deux pays au cours des trente dernières années. "Nous avions dépassé le
stade des rencontres insulaires multiples, coincées dans des déclarations
de bonnes intentions, et de solidarité ponctuelle. Nous devons désormais
construire une nouvelle forme de solidarité, avec des instruments
appropries, qui puissent effectivement influencer les décisions politiques
et économiques qui se prennent au niveau de l'île et de la région », a
déclare en substance Colette Lespinasse qui a invite les participants et
participantes a" passer au concret en accompagnant et en intégrant les
vrais acteurs impliques aujourd'hui dans les échanges binationaux et la
solidarité entre les deux peuples". Ces acteurs, ce sont les
paysans-paysannes qui vendent dans les marches transfrontaliers, les
travailleurs agricoles transfrontaliers, les marchandes et chauffeurs qui
font le va-et-vient continu pour acheter, transporter et vendre des
marchandises, ouvriers-ouvrières des zones franches, des usines sucrières,
des grandes plantations et des chantiers, divers groupes de
migrants-migrantes, étudiants-étudiantes, etc.
Des débats et questionnements sur la situation politique actuelle en
Haïti, le rôle des organisations de la societe civile, ont ponctué les
exposés. Dans les travaux en atelier avant la clôture de la rencontre,
Haïtiens-nes et Dominicains-nes se sont évertués à identifier des pistes
de solidarité nouvelle a court, moyen et long terme. Un participant a
rappelé que la solidarité peut être plurielle et des exemples de
solidarité concrète au niveau de l'île existent déjà entre différents
acteurs et se concrétisent a travers des visites, l'apprentissage du
Créole et de l'Espagnol, l'appui mutuel en période difficile, la
réalisation d'activités ponctuelles. Tous ont estime que ces solidarité
ont porte du fruit et doivent se poursuivre. Cependant, il est important
aujourd'hui de trouver de nouvelles formes de solidarité plus pertinentes
et plus réalistes, et d'éviter la confusion dans la construction du
binational, car ce ne sont pas toutes les initiatives binationales qui ont
pour objectif la construction de rapports plus justes et plus fraternels
sur l'île. Dans ce sens, un intervenant a cité le cas des syndicalistes
dominicains de l’usine du Groupe M à Santiago, qui se sont joints aux
syndicalistes haïtiens de l’usine dudit Groupe à Ouanaminthe pour une
journée commune de protestations et ont, ensemble, obtenu gain de cause,
dans leurs revendications, le 5 décembre 2004.
La deuxième rencontre insulaire de solidarité haïtiano-dominicaine s' est
terminée dans la soirée du 12 mars 2005, au local du CEDEE, sur une note
culturelle avec un concert de guitare et de textes poétiques. La première
rencontre avait eu lieu dans la ville frontalière de Jimani en Mars 2004,
et la prochaine se tiendra en Haïti.[17-03-05]
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