[comgarr] République Dominicaine : 13 haïtiens ont péri dans l 'incendie de la prison de Higuey

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Mar 24 Oct 10:18:40 EDT 2006


République Dominicaine : 13 haïtiens ont péri dans l'incendie de la prison
de Higuey

Port-au-Prince, 10 mars 2005.  Selon diverses sources en République
Dominicaine contactées par le GARR, treize haïtiens ont péri dans
l’incendie ayant ravagé la prison de Higuey, le dimanche 6 mars 2005. Cinq
autres en sont sortis blessés, dont un par balles.

Dans son édition en date du 8 mars 2005, le Journal El Nacional informe
que la Direction Générale des Prisons a rendu public une liste officielle
avec les noms des détenus décédés, parmi eux 120 Dominicains, deux
Portoricains et 13 Haïtiens.

Les citoyens haïtiens qui ont peri brûlés dans la prison répondraient aux
noms de  Sanson Gabriel, Max Brendon, Cristobal Sili, Jean Pierre,
Argentino Pierre, Elvis Oquelis, Kenel Pierre, Yoni Pierre, Elisée Cohen,
Delius Deviton, Pierre Arsène, Jean Phrasean et Roberto Rua.

Les noms des blessés sont les suivants :  André Jean, Robert Senter, Willy
Pierre, Michel Gary, Manolo Santos Charles et Ramon Yenre, lesquels
avaient été transportés aux centres hospitaliers Notre Dame d’Altragrâce
et  Eduardo Aybar, à Santo Domingo.

Le même journal indique qu’après le drame, plusieurs des détenus haïtiens
auraient été relaxés en raison du fait qu’ils se trouvaient en prison pour
des délits mineurs et que certains d’entre eux avaient déjà   purgé leurs
peines.

Les autorités judiciaires ont rencontré des difficultés avec les cadavres
haïtiens, car aucun parent ne s’était présenté pour s’occuper de leur
sépulture.

Le GARR souhaite à cette occasion attirer l’attention de l’opinion
publique et des autorités haïtiennes sur la situation des haïtiens
incarcérés en République Dominicaine.

1)    Les prisonniers haïtiens sont souvent enregistrés sous des noms
incorrects ou sous de faux noms.  Cette situation est le résultat de la
difficulté des dominicains hispanophones de bien entendre et d’écrire
correctement des noms francophones ou du choix de certains prisonniers de
ne pas déclarer leur vrai nom.  Il en résulte que des personnes soient
détenues sans que leurs proches puissent les localiser.

2)     Les familles sont rarement informées des incarcérations, surtout
quand elles se trouvent en Haïti.  Celles qui sont au courant et qui
vivent en République Dominicaine se retrouvent souvent en situation
irrégulière et de ce fait, elles ne peuvent pas aisément se déplacer pour
rendre visite aux prisonniers  par crainte d’être à leur tour, arrêtées
pour absence de documents.  Les familles en Haïti ayant des prisonniers en
territoire voisin éprouvent de grandes difficultés pour visiter ces
derniers à cause du manque de moyens financiers ou la difficulté de se 
procurer des documents d’identité ou de voyage.

3)   Des prisonniers jugés et condamnés à payer une amende se voient
souvent contraints de prolonger leurs détentions faute de ne pas pouvoir
s’acquitter de l’amende infligée.  De nombreux haïtiens voient ainsi leur
peine d’emprisonnement augmenter voire doubler.

4)  La représentation diplomatique haïtienne en République Dominicaine
accorde, en général,      très peu d’appui ou  de suivi aux cas des
prisonniers haïtiens.  Suite à des visites               réalisées par le
GARR et les comités de Droits Humains dans quatre prisons de la zone
frontalière, on a noté qu’un prisonnier sur 4 se trouvant dans ces centres
de détention sont des haïtiens ou sont considérés comme tels en raison de
leur origine.

Le GARR lance un appel aux autorités haïtiennes, particulièrement au
Ministère des Affaires Etrangères de qui dépendent les consulats et
l’Ambassade en RD, pour qu’elles accordent une plus grande attention à ces
Haïtien(ne)s détenu(e)s dans les prisons dominicaines.[10-03-05]




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