[comgarr] Le GARR plaide pour un nouveau départ dans les relations haïtiano-dominicaines
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Lun 23 Oct 15:17:42 EDT 2006
Le GARR plaide pour un nouveau départ dans les relations
haïtiano-dominicaines
P-au-P, 13 août 2004 - A l’occasion de l’entrée en fonction, ce 16 août
2004, du nouveau président dominicain Léonel Fernandez et de l’annonce de
la participation à cette investiture de l’actuel chef d’Etat haitien, M.
Boniface Alexandre, le GARR veut rappeler plusieurs dossiers qui devraient
faire l’objet d’un agenda commun de discussion entre les deux Etats.
Un ensemble de sujets réclament un traitement urgent et approprié tels la
migration, la frontière, le statut des dominicains d’ascendance haïtienne,
la présence de militaires dominicains à la zone franche de Ouanaminthe, le
trafic et la traite de personnes, les cas d’assassinats restés impunis, la
réglementation des marchés frontaliers, etc.
Le GARR saisit l’opportunité pour souligner la vitalité des partenariats
entre citoyens et citoyennes d’Haïti et de la République Dominicaine qui
tentent de construire de nouvelles relations plus justes et plus
solidaires. Ici et là une diversité d’associations et de personnalités
s’activent à créer des espaces d’échanges et d’action pour mieux se
comprendre, défendre les droits de la personne, préserver l’écosystème de
l’île, promouvoir l’écotourisme, renforcer la solidarité etc… Cette
dynamique autorise donc tous les espoirs pour une approche sereine et
constructive des relations entre Haïti et la République Dominicaine.
Le GARR souhaite que l’administration Fernandez soutienne cette dynamique
en rupture avec les comportements traditionnels qui n’ont fait jusqu’ici
que renforcer les sentiments de méfiance et de rejet de l’autre. Dans ce
sens, le GARR s’inquiète de certaines rumeurs annonçant un durcissement
des politiques ayant souvent entraîné des frustrations et amertumes pour
les ressortissants haïtiens. En effet, face à des rumeurs persistantes de
déportations, ces derniers jours, de nombreux Haïtiens et Haïtiennes
résidant en République Dominicaine ont décidé volontairement de regagner
Haïti par peur de subir de telles humiliations.
Au lieu de s’engager sur des voies qui désharmonisent les rapports entre
les deux peuples, le GARR invite plutôt les dirigeants des deux Etats
voisins à tirer parti des efforts de rapprochement entre les deux sociétés
civiles haïtienne et dominicaine, à accompagner ce processus en prenant
des mesures qui encouragent effectivement cette dynamique.
Dans ce sens, le GARR renouvelle ses propositions formulées en avril 2004
aux autorités haïtiennes, pour une meilleure gestion des relations
haitiano-dominicaines, notamment à travers la définition d’une vision à
long terme pour la frontière, le renforcement de la présence
multi-institutionnelle de l’Etat dans cette zone et l’élaboration d’une
véritable politique migratoire.
Le GARR saisit l’occasion pour appeler les secteurs haïtiens, notamment le
secteur privé industriel intéressé à investir avec les Dominicains, à
prendre aussi en compte les intérêts du pays et de l´île pour que les
investissements soient au bénéfice des deux pays et de la préservation de
notre patrimoine commun. Une politique économique qui favorise l´exode
rural par la confiscation des terres paysannes, la destructuration de
l´économie agricole, n´est pas au bénéfice du pays ni de l´île entière.
En mai 2004, à Jimani, suite aux terribles inondations qui ont frappé
cette communauté frontalière, des résidents dominicains et haïtiens se
sont retrouvés ensemble face à la mort. Le GARR salue, une nouvelle fois,
la mémoire des victimes et exhorte les décideurs des deux pays à engager
les deux peuples sur des chemins porteurs de nouvelles relations. Une
bonne opportunité serait la mise en place d’un projet de reboisement
frontalier avec une large participation de la jeunesse haïtienne et
dominicaine.
En outre, Le GARR invite les responsables haïtiens et dominicains à
activer des échanges réguliers entre les autorités judiciaires de nature à
favoriser une meilleure collaboration pour une saine distribution de la
justice à la frontière. La création de bureaux de résolution de conflits
touchant les marchés et les deux extrémités maritimes frontalières,
notamment Anse-à-Pitres et la Baie de Mancenille, doit être instamment
envisagée vu l’ampleur des échanges entre Haïti et la République
Dominicaine.
Enfin, le GARR souhaite que l’arrivée de la nouvelle administration
Fernandez favorise une meilleure coopération dans les relations
haïtiano-dominicaines, marquée du sceau de la solidarité, du respect des
droits de la personne et de la participation de tous les secteurs
concernés. [13-08-04]
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