[comgarr] Solidarité en faveur des ouvriers et paysans de la zone franche de Ouanaminthe
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Lun 23 Oct 15:12:41 EDT 2006
Solidarité en faveur des ouvriers et paysans de la zone franche de
Ouanaminthe
P-au-P, 7 juillet 2004- Deux semaines après l’annonce de fermeture de la
zone franche de Ouanaminthe par la direction de l’usine, des
organisations et associations de la société civile, telles le GARR, la
PAPDA, la Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits de Droits
Humains(POHDH), Batay Ouvriye, le Comité de Défense de Pitobert et des
associations d’étudiants, ont lancé, à travers la presse haïtienne, une
semaine de solidarité en faveur des ouvriers, ouvrières et paysans de la
zone franche de Ouanaminthe.
Du lundi 28 juin au vendredi 2 juillet 2004, ces organisations ont élevé
leurs voix contre les mauvaises pratiques de gestion de l’usine qui se
sont reposées, depuis août 2003, date de démarrage des travaux, sur des
violations systématiques des droits de la personne et des ouvriers.
Dans la matinée du lundi 28 juin, la POHDH a présenté un rapport
d’observation sur la situation des ouvriers dans la zone franche de
Ouanaminthe. Ce rapport fait état de nombreux cas de violation des Droits
des Ouvriers perpétrés par la Direction de l’usine contre les travailleurs
et travailleuses. Ces cas de violation touchent pour la plupart, le Droit
à la liberté syndicale, le Droit à l’intégrité physique des employés, le
Droit à un salaire raisonnable, etc.
Ce mouvement de mobilisation a compté également deux sit-in, les mardi 29
juin et vendredi 2 juillet 2004, respectivement devant le local de la
primature et de celui du Ministère des Affaires Sociales. Les participants
à ces sit-in ont exigé du présent gouvernement que lumière soit faite sur
les clauses de l’accord signé par l’ancien gouvernement Aristide-Neptune
avec le Group M sur l’implantation de la zone franche de Ouanaminthe. Ils
exigent aussi des explications relatives aux interventions brutales des
militaires dominicains dans la résolution des conflits entre la direction
de l’usine et les ouvriers haïtiens.
En outre, l’injection par la direction de la zone franche, en avril 2004,
d’une piqûre pour les ouvrières et déclarée anti- tétanos par les
dirigeants de l’usine, mais ayant causé de nombreux cas d’avortement chez
des ouvrières enceintes de deux à huit mois, a soulevé l’indignation de
nombreux observateurs de la situation des ouvriers de la zone franche.
Dans une déclaration faite devant le local de la primature, le mardi 29
juin 2004, le GARR, la PAPDA, la POHDH, le Comité de Défense des Droits
Humains de Pitobert, le groupe syndical Batay Ouvriye, des étudiants de
l’Université d’Etat d’Haïti et d’autres organisations de la société
civile, ont exigé du gouvernement actuel :
- Une révision du contrat d’établissement de la zone franche qui vise une
bonne partie de la région Nord-est du pays;
- L’établissement, par l’Etat haïtien d’un comité de vigilance veillant
au respect des droits des ouvriers/ères haïtiens(nes);
- L’expulsion urgente des militaires dominicains occupant la zone franche;
- La réintégration des ouvriers/ères injustement révoqués(es);
- L’établissement d’un plan régional pour le Nord-est du pays avec la
participation des producteurs et allant au bénéfice de ceux de la zone.
Depuis plus de deux ans, plusieurs de ces organisations d’appui à la lutte
pour le respect des droits des ouvriers/ouvrières ont mené de grands
mouvements de mobilisation contre l’installation de la zone franche dans
la plaine de Maribahoux, espace très fertile et servant de garde-manger à
la population de la région. Les nombreux conflits qui ont éclaté dans
l’usine depuis le démarrage des travaux sont le résultat du choix du
gouvernement Lavalas d’alors de satisfaire les intérêts du businessman
dominicain, M.Capellan, qui a lui-même choisi la zone du Nord-est pour
l’implantation de son projet, sans consultation des principaux concernés.
Cette semaine de solidarité s’inscrit dans un effort d’information de la
population haïtienne sur la situation réelle des ouvriers/ères de la zone
franche de Ouanaminthe. Elle visait surtout à construire une chaîne de
solidarité en appui aux paysans et ouvriers/ères de la zone franche dans
leur lutte pour le respect des droits de la personne et des
ouvriers/ères.[07-07-04]
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