[comgarr] La population de Fonds-Verrettes vit dans l'angoisse et l'impatience
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Lun 23 Oct 15:00:54 EDT 2006
La population de Fonds-Verrettes vit dans l'angoisse et l'impatience
P-au-P, 4 juin 2004- Plus de douze jours après les inondations ayant causé
de nombreux dégâts dans la commune de Fonds-Verrettes, la population est
encore livrée à elle-même. Le support offert jusque-là par le gouvernement
haïtien ainsi que par des organisations humanitaires se révèle
insuffisant, selon plusieurs observateurs. Les habitants de la commune
appellent à la diligence des autorités haïtiennes, ainsi qu’à de
meilleures stratégies pour la distribution de l’aide.
De nombreux sinistrés se plaignent de la mauvaise répartition de l’aide,
concentrée seulement au centre de la commune. Des localités telles que
Soliette, Toman, Terre Froide, Palmiste Tanpe, Beyanòs, Oriani, Mare
Citron, Camp Brenan, Boucan Ferdinand, Forêt Des Pins, Chapotain,
également ravagées par les inondations, ne bénéficient pas encore de
l’aide consistant pour la plupart, en des distributions de riz, de pois,
d’eau et de vivres alimentaires. Selon les Comités de Droits Humains
établis dans la commune, les sinistrés de ces localités comptent seulement
avec l’aide de quelques rescapés de leur zone respective. Un grand nombre
d’entre eux souffrent de faiblesse et ne peuvent malheureusement pas faire
le long trajet menant au lieu de distribution.
Cette assistance se donne généralement sur le lieu appelé, « nan galèt »
où seules les zones avoisinantes y ont accès. La distribution s’effectue
sur la base d’individus et non de familles, ce qui laisse la possibilité
pour certaines familles de recevoir davantage qu’il n’en faut, et pour
d’autres de n’y avoir aucun accès. L’aide disponible pour les sinistrés
apparaît, par ailleurs, insuffisante par rapport à la population dans le
besoin. L’absence d’autorités compétentes pour encadrer la population en
ces moments difficiles et pour organiser la distribution est patente. Des
groupes de délinquants, certains venus d’autres régions, en profitent
pour attaquer les gens et reprendre de leurs mains le peu reçu.
Plusieurs centaines de familles ont été affectées par ces inondations. Le
bilan du Ministère de l’Intérieur en date du 2 juin 2004 fait état
d’environ 6 000 sinistrés. A côté des pertes en vies humaines, de
nombreuses maisons, des plantations entières et du bétail, supports
économiques des paysans, ont disparu à travers les eaux. Ce même bilan
compte près de 1 113 maisons détruites et 1 288 endommagées. Les sinistrés
dont les logements ont été emportés reçoivent l’appui de quelques
habitants de la zone dont les demeures sont encore debout. Certaines
familles déjà nombreuses accueillent aujourd’hui chez elles jusqu’à dix
victimes. La situation à Fonds-Verrettes est encore très précaire, et de
nouvelles catastrophes sont encore possibles.
Le Comité de Promotion et de Défense des Droits Humains de Fonds-Verrttes,
ainsi que d’autres associations de la zone lancent un appel urgent à
l’État Haïtien pour des mesures efficaces et rapides de protection de la
population sinistrée. Ils demandent aux autorités et institutions
impliquées dans le support des victimes d’agir vite pour organiser une
meilleure répartition de l’aide. A côté de la nourriture, de l’eau et
d’autres produits de premières nécessités, le logement et des possibilités
réelles de relance de l’agriculture et du Commerce, font également partie
de leurs principales revendications. La population qui attend avec
impatience et angoisse la désignation de sa nouvelle terre d’enracinement
presse le gouvernement à prendre le plus vite possible cette décision afin
qu’elle puisse se fixer. [04-06-04]
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