[comgarr] Violation des Droits des Travailleurs et des Droits Humains dans la zone franche de Ouanaminthe

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Violation des Droits des Travailleurs et des Droits Humains dans la zone
franche de Ouanaminthe

17 mars 2004- Note de presse de Solidarité Fwontalière/Solidaridad
Fronteriza-

Depuis le début de l’installation de la zone franche à Ouanaminthe en août
2003, les ouvriers et ouvrières de cette usine font face à de nombreux cas
de violations de leurs Droits en tant que Personne et en tant que
Travailleurs. Avec l’aggravation de la crise politique en Haïti, ces
violations ont tendance à s’accentuer.  De nombreux observateurs se
montrent intéressés par l’évolution de cette zone franche de Ouanaminthe,
dans ce contexte de crise aigue.
 
Présentation de la situation

L’un des cas graves de violation de Droits Humains enregistrés récemment,
concerne la révocation de nombreux employés par le CODEVI qui est la
direction centrale de la zone franche de Ouanaminthe. Ces révocations,
accompagnées de violences, ont touché des employés pour la plupart 
membres du syndicat de la zone franche. 

L’affaire remonte au mercredi 25 février 2004, date à laquelle, un
superviseur haïtien a  séquestré un ouvrier, pendant environ une heure. Le
superviseur lui a reproché d’avoir échangé la machine sur laquelle il
travaillait contre une autre, sans autorisation des responsables.
Intervenant dans l’affaire, le responsable des machines, membre du
syndicat, a demandé au superviseur de libérer le prisonnier, sinon c’est
la cessation du travail. En guise de réponse, la direction a plutôt
procédé à la révocation du  responsable des machines, non sans lui avoir
exigé la remise de son badge d’identification. Ce dernier a refusé
d’obtempérer et a continué son travail.  

Au moment de la sortie, le directeur des Ressources Humaines, M. Jean
Renaud a, pour sa part, ordonné à des soldats dominicains qui assurent la
surveillance de la zone franche de se saisir de l’ouvrier en rébellion. A
coup de bastonnades et de crosse de fusils, les soldats lui ont arraché le
badge. Indignés face à cet acte, un groupe d’employés qui suivaient la
scène sont intervenus pour empêcher aux soldats de continuer leurs
forfaits.  Ces derniers s’en sont pris alors à tous ceux et celles qui se
sont introduits dans l’affaire. Finalement, le responsable des machines a
été révoqué et n’a reçu aucun dédommagement ni soins pour les coups
reçus. 
Le lendemain de l’incident, c’est-à-dire, le 26 février 2004, les ouvriers
et ouvrières de la zone franche ont entamé une grève largement suivie. Ils
ont cessé de travailler en attendant que les responsables du Groupe M, se
réunissent avec eux pour prendre en compte leurs doléances. La réunion a
eu lieu dans la matinée du même jour. A la fin de la rencontre, les
responsables du Groupe M auraient accepté quelques-unes de leurs
revendications, notamment la cessation des révocations abusives pour des
futilités, le respect du droit des travailleurs, le paiement de
dédommagements lors des révocations, l’accès des victimes des violences de
la veille à des soins médicaux,… Suite à cette réunion, plusieurs ouvriers
s’étaient remis au travail dans l’après-midi. Le responsable du Groupe M a
néanmoins exigé que lui soit remise la liste des noms de tous ceux et
celles faisant partie du syndicat. 

Quelques jours plus tard, soit le premier mars 2004, les responsables de
la zone franche ont mis à la porte tous les employés faisant partie du
syndicat.  La première personne expulsée a été le responsable des
machines. Sous la menace d’armes et de coups de bâtons, les autres
ouvriers protestataires ont été également forcés de déposer leurs badges.
50 ouvriers ont ainsi été révoqués ce jour-là. 
Depuis, la zone franche continue de travailler comme si rien ne s’était
passé. 

Commentaires

Les actes de violences physiques et moraux commis sur les employés de la
zone franche ne datent pas d’aujourd’hui. Les pressions exercées par la
direction CODEVI sur les employés qui exigent de bonnes conditions de
travail sont nombreuses. Depuis août 2004, période de démarrage des
travaux dans la zone franche, Solidarité Frontalière, ainsi que d’autres
institutions de la société civile à Ouanaminthe, ont observé de nombreux
cas de violation des droits des travailleurs et de la personne dans cette
usine : séquestrations d’employés, bastonnades, révocations arbitraires,
violences verbales…. Ces actes restent, jusqu’à présent, impunis. La
direction haïtienne de la zone franche, le Groupe M, et les soldats
dominicains, demeurent, les principaux auteurs de ces actes de violation. 
Révoquer en bloc tous les membres d’un syndicat est une violation directe
du droit  des travailleurs à l’organisation. Ainsi, la direction de la
zone franche à Ouanaminthe, ne reconnaît pas les droits fondamentaux de
l’ouvrier, tels, le droit de s’organiser en syndicat, le droit de
travailler dans des conditions dignes respectueuses du droit de la
Personne. Elle empêche aux travailleurs de se mettre ensemble pour
défendre leurs intérêts. 

Solidarité Frontalière se questionne, sur le type d’accord existant entre
l’État dominicain et l’État haïtien, particulièrement en ce qui concerne
la présence de soldats dominicains à l’intérieur de cette zone franche,
qui se trouve pourtant en territoire haïtien. 

Aujourd’hui encore, l’opinion publique en Haïti et en République
Dominicaine, n’est nullement informée sur les accords officiels passés
entre les deux pays pour l’installation de la zone franche, ni sur les
relations du Groupe M avec les employés haïtiens, ainsi que sur la
sécurité de la zone franche. Pour l’édification de tout un chacun,
Solidarité Frontalière lance, un appel aux autorités haïtiennes et
dominicaines afin qu’elles rendent public tout accord ayant trait à la
gestion de cette zone franche installée à la frontière
haitiano-dominicaine. 

Solidarité Frontalière/Solidarida Fronteriza
Traduction, créole à français : GARR




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