[comgarr] Le GARR s'inquiète de l'accélération des déplacements inte rnes et externes de la population haïtienne
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Lun 23 Oct 14:44:32 EDT 2006
Le GARR s'inquiète de l'accélération des déplacements internes et externes
de la population haïtienne
P-au-P, 12 février 2004 - Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés
(GARR) s’inquiète vivement de la détérioration actuelle de la situation
socio-politique et de la violence meurtrière qui poussent de plus en plus
de personnes à fuir leurs domiciles.
Sur l’ensemble du territoire d’Haïti, des déplacements importants de
population s’effectuent par terre ou par mer, suite à des actions
punitives de groupes armés ou suite à certaines interventions dites de
"rétablissement" ou de "maintien" de l’ordre.
Des cas de résidences incendiées, assortis de fusillades, sont recensés à
travers plusieurs départements géographiques, particulièrement dans la
région Nord du pays. Des familles entières se retrouvent d’un jour à
l’autre dans la rue, avec des blessé(e)s sur les bras et forcées de
chercher refuge bien loin de leurs demeures pour garder la vie sauve. Des
étudiants, en butte à des persécutions violentes, désertent leurs foyers.
Des femmes en grossesse avancée sont en fuite et cherchent refuge dans les
bois, où elles accouchent dans le plus grand désarroi.
Mis à part les nombreux cas de migration interne, des Haïtiennes et
Haïtiens aux abois ont fui, non sans difficulté, dans les localités
dominicaines proches de la frontière. Selon le quotidien Listin Diario
dans son édition du 11 février 2004, une jeune mère de 21 ans, voulant
avec son bébé de 3 mois s’échapper de la violence au Cap-Haïtien, est
arrivée après 6 heures du soir au portail frontalier de Dajabon qu’elle a
trouvé fermé. Elle s’est vue contrainte d’emprunter le lit de la rivière
Massacre à pied, aidée par un militaire dominicain. Cependant, un grand
nombre d’Haïtiennes et d’Haïtiens, qui tentent de trouver un abri en
territoire dominicain, s’en voient refuser l’accès, souligne le quotidien.
La situation de nombreuses victimes se complique par le refus de presque
toutes les ambassades en Haïti de répondre à des demandes d’asile
politique de plus en plus pressantes. Celles ou ceux, qui se sont adressés
à la République Dominicaine, voient leurs demandes traîner. Ainsi, de
nombreux candidats réfugiés se retrouvent-ils en attente d’un statut,
comme le signalent au GARR des organismes de droits humains établis en
République Dominicaine.
Ces migrations douloureuses, enregistrées sur fond de crise politique
aiguë, déstabilisent des familles entières. Des circuits réguliers
d’échanges alimentaires et autres sont fortement perturbés, tandis qu’une
bonne partie de la population haïtienne déjà fragilisée est en passe de
basculer dans la précarité totale.
Face à cette situation d’extrême gravité, le GARR plaide pour le respect
des droits fondamentaux de la personne par toutes les parties impliquées
dans le conflit politique.
Le GARR réclame la protection des espaces humanitaires, tels les centres
hospitaliers du pays, ainsi que le libre accès des organisations
humanitaires et de défense des droits humains dans les zones de conflit.
Le GARR exhorte les gouvernements étrangers, en particulier ceux de la
République Dominicaine et des Etats-Unis d’Amérique, à un accueil des
candidats réfugiés conforme à la Convention de Genève et à la cessation de
tout rapatriement vers Haïti.
(12/02/04)
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