[comgarr] Nouveaux cas de rapatriements dans le Nord-Est , en dehors des dispositions légales

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Lun 23 Oct 14:34:11 EDT 2006


Nouveaux cas de rapatriements dans le Nord-Est, en dehors des dispositions
légales

Par Solidaridad Fronteriza,

3 Octobre 2003 - La frontière Nord entre Haïti et la République
Dominicaine a compté, durant ces derniers jours, de nouveaux cas
d’expulsion de ressortissants haïtiens, sans aucun respect du protocole
d’accord de 1999 sur le rapatriement, de la loi  95 sur la migration, et
de l’ordonnance 279.  Ces accords et lois, toujours en vigueur,
établissent et fixent les conditions dans lesquelles doivent se faire les
déportations. 

Le dimanche 21 septembre 2003, environ 250 haïtiens, ramassés dans divers
endroits en République Dominicaine, ont été déportés dans la zone de
Ouanaminthe-Haïti, du coté de Dajabon. Quelques-uns de ces rapatriés ont
informé l’équipe de Solidaridad Fronteriza qu’ils ont été détenus à la
prison de Santiago, depuis le vendredi dans l’après-midi, jusqu’au moment
où ils furent embarqués à bord d’un véhicule qui les a transportés jusqu’à
la frontière, le dimanche à la mi-journée. 

Les rapatriements ont été effectués en dehors des heures prévues par le
protocole d’accord sur les rapatriements. Un groupe, composé d’hommes et
de femmes, fut obligé de traverser la rivière en crue en raison des
nombreuses pluies survenues les jours précédents. Cette traversée a
constitué un grand risque pour la vie de ces rapatriés. 
Selon les déclarations des déportés, au cours de leur passage en prison,
ils ne reçurent pas de nourriture et furent logés avec d’autres détenus
réguliers de la prison, lesquels ont frappé, maltraité certains d’entre
eux de manière physique et verbale. 

Beaucoup de ces rapatriés travaillaient en République Dominicaine comme
vendeurs ambulants dans les rues de différentes localités. Ils furent
dépossédés de leurs marchandises et de leur argent, sans savoir ce qui
leur serait advenu. La promesse que leurs biens leur seraient restitués au
moment du rapatriement n’a pas été respectée. 

Par ailleurs, la nouvelle d’une femme haïtienne, épouse d’un dominicain, à
qui l’on a arrachée une fillette âgée de quelques mois seulement, a
attristée beaucoup de rapatriés. L’enfant a été livré à son père afin que
la mère puisse être facilement déportée. De même, deux autres personnes,
d’ascendance haïtienne, qui ont vécu toute leur vie en République
Dominicaine, furent rapatriés sans aucun égard pour leur situation :  ces
personnes ne parlaient pas créole et n’avait nulle part où aller en
Haïti. 

Les rapatriés ont également rapporté que plusieurs des haïtiens incarcérés
ont été forcés de travailler pour le compte des militaires de la frontière
de Dajabón. Un groupe d’hommes, amenés pour être rapatriés aussitôt que
leurs femmes et leurs enfants seraient arrivés, a été forcé de séjourner
beaucoup plus longtemps dans la région afin de pouvoir travailler pour les
militaires.  D’autres rapatriés ont été l’objet de nombreuses violences
verbales. 

Les comités de droits humains établis à la frontière notent que ces
situations de violation des droits de la personne se convertissent en un
problème qui affecte gravement, non seulement les victimes directement
concernées, mais encore, les communautés frontalières, et les relations
entre les peuples haïtien et dominicain. Les autorités dominicaines ne
font aucun cas des valeurs humaines à respecter  ni des dispositions
légales en vigueur.   De leur côté, les autorités haïtiennes
n’accomplissent pas leur devoir envers les personnes rapatriées. Dans ce
contexte, les responsabilités qui incombent aux autorités gouvernementales
retombent sur la société civile qui essaie tant bien que mal d’aider les
victimes malgré les difficultés socio-économiques de la région. 

Solidarid Fronteriza-Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants(SJRM), 26
septembre 2003

Traduction de l’Espagnol au Français (GARR).




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