[comgarr] Des milliers d'Haïtiens sont recrutés sans papier à la frontière haïtiano-dominicaine

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Lun 23 Oct 13:40:05 EDT 2006


Des milliers d'Haïtiens sont recrutés sans papier à la frontière
haïtiano-dominicaine

P-au-P, 26 mai 2003 - Alors que les autorités dominicaines annoncent le
renforcement du contrôle frontalier pour freiner l’immigration
clandestine, sur le terrain, un processus contraire est observé depuis le
début de l’année 2003.

Entre janvier et mai 2003, plus de 5 mille personnes auraient déjà passé
la frontière, à destination des plantations sucrières dominicaines,
renseigne le Comité des Droits Humains de Fond-Verrettes.  Ces traversées
sont organisées et supervisées par les boukonn (passeurs) Peter, Délinois,
Mercidieu et Jean-Félix, avec la complicité des policiers haïtiens et
militaires dominicains placés aux différents points de passage.  « Nous
versons toujours 1000 gourdes au boukonn pour le passage et nous payons
également les policiers de certains postes.  Mais, en dépit de cela, nous
restons plusieurs jours à dormir dans les bois et nous faisons des marches
épuisantes avant d’arriver à destination », s’est plaint un voyageur à un
membre du Comité des Droits Humains de Fond-Verrettes.

Pour la même période précitée, plus de sept(7 mille) Haïtiens auraient
franchi la frontière par Anse-à-Pitres. L’un des boukonn les plus
influents dans la région est un nommé François qui va jusqu’à soutirer
1200 gourdes à chaque voyageur clandestin, informe le Comité local des
Droits Humains.

Début mars, les résidents de Pédernales, localité frontalière limitrophe
d'Anse-à-Pitres, avaient amorcé un mouvement de grève pour protester
contre la rareté des véhicules de transport public. Cette rareté
s’expliquait par le fait que la majorité de ces véhicules étaient engagés
dans le transport d’Haïtiens vers les plantations sucrières.
En ce qui concerne le Plateau Central, même si les chiffres ne sont pas
encore disponibles, quantité de personnes seraient déjà passées par les
points frontaliers de Belladère et Savanette, indique le Comité des Droits
Humains établi dans la région.

Ces informations sont corroborées, de l’autre côté de la frontière,  par
les observations de la Pastorale Haïtienne de la province de Barahona qui 
dit constater l’arrivée quotidienne de groupes importants de nouveaux
braceros haïtiens. Ces derniers sont originaires, pour la plupart, de
Fond-Verrettes et du Sud-Est.  La traversée de ces braceros a été prise en
charge par plusieurs boukonn dominicains dont le plus connu est Clodomiro
Segura surnommé Chong, indique la Pastorale, dans la livraison du journal
Ultima Hora, le 13 mai 2003.

Ces faits prouvent encore une fois l’hypocrisie des prises de positions
spectaculaires et fortement médiatisées sur le soi-disant renforcement du
contrôle frontalier pour interdire l’entrée des sans-papiers haïtiens sur
le territoire dominicain. 

Cette migration irrégulière et clandestine de main d´oeuvre haitienne vers
la République Dominicaine, fait partie d’un système d’exploitation qui
profite de la détérioration politique et économique d'Haïti et de
l'indifférence des autorités haitiennes qui n'ont aucune politique en
matière de migration et de gestion de la population.(26/05/03)




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