[comgarr] Déclaration de la Clinique Internationale des Droits Hum ains concernant le rapport sur les expulsions d'Haïtiens et Dominicains d'origine haïtienne
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Lun 23 Oct 11:06:06 EDT 2006
Déclaration de la Clinique Internationale des Droits Humains concernant le
rapport sur les expulsions d'Haïtiens et Dominicains d'origine haïtienne
La clinique Internationale des Droits Humains a complété un rapport
intitulé <<Invités Indésirables : une étude sur les expulsions d'Haïtiens
et Haïtiens d'origine dominicaine de la République Dominicaine vers
Haïti>>. Il s'agit d'un travail interdisciplinaire basé sur une série de
données démographiques et d'entrevues. Cette méthodologie est utilisée
pour identifier les tendances générales de cette migration forcée et pour
comprendre les expériences des Haïtiens et Dominicains d'origine haïtienne
qui ont quitté la République Dominicaine vers Haïti entre les mois d'août
1999 et de juillet 2000.
Cette étude offre une analyse statistique des flux migratoires de par une
évaluation démographique des populations vulnérables en question. Cette
étude a rendu compte de certains facteurs clés concernant la structure des
exodes migratoires, les caractéristiques de cette population ainsi que le
traitement des expulsés de la part des autorités dominicaines.
Contrairement à l'opinion populaire, la plupart des Haïtiens déportés de
la République Dominicaine ne sont pas de nouveaux arrivés. Les pratiques
d'expulsion interrompent la vie de résidents haïtiens de longue durée
employés dans divers secteurs, à savoir la construction, l'usine ou les
petites entreprises. L'étude montre que la plupart d'entre eux vivent
dans le pays pour au moins deux ans avant d'être refoulés, et 20% d'entre
eux y ont vécu 15 ans avant de recevoir un premier ordre de départ.
Environ 5% de tous les refoulés sont de nationalité dominicaine, dont la
majorité sont des enfants. Au cours de la période d'expulsion de novembre
1999, davantage de familles et de résidents de longue durée ont été
obligés de quitter le pays, ce qui suggère que le gouvernement semble
viser les communautés déjà établies plutôt que les nouveaux arrivés.
Plus déconcertant encore est le nombre de personnes qui ont souffert une
forme ou autres d'abus physiques et matériels lors de leur déportation par
les autorités gouvernementales dominicaines. Environ 10% ont déclaré
avoir été battus ou physiquement maltraités. Un individu nous a expliqué
que : <<La police m'a arrêté... Ils m'ont frappé deux fois avec leurs
armes et m'ont lancé à deux fois avec leur arme et m'ont lancé à deux
reprises sur le sol comme un chien>>. Et ceux refoulés ne peuvent
rapporter leurs biens se retrouvant ainsi sans ressource une fois arrivés
à Haïti. Une grande partie, soit 78%, déclarent avoir laissé leurs biens
derrière, le plus souvent leur paye, mais également leur bétail et
propriété. La séparation des familles est aussi un des résultats des
expulsions : 16% des refoulés se sont retrouvés séparés de leurs enfants
et 19% des femmes ont été obligées de quitter le pays sans leurs époux.
L'étude montre que le gouvernement dominicain applique une politique
migratoire qui tend à produire des violations répandues de droits humains.
A savoir, les autorités gouvernementales semblent présumer que ceux sans
papiers sur soi sont sujets à une expulsion immédiate du pays. Les causes
pour cette pratique systématique sont complexes : <<Nous avons trouvé un
passé de sentiments anti-haïtiens, de relations de pouvoir inégales entre
Haïti et la République Dominicaine ainsi que l'entretien d'une économie de
trafic d'Haïtiens vers la République Dominicaine. Tous ces facteurs
contribuent à la propagation et continuation d'abus de droits humains des
groupes vulnérables d'Haïtiens et Dominicains d'origine haïtienne>>,
explique Laurel Fletcher, directrice de l'étude, professeur de droit et
directrice de la Clinique Internationale des Droits Humains à l'Ecole de
Droit de l'Université de Berkeley.
L'étude propose plusieurs recommandations afin d'améliorer l'état de droit
en République Dominicaine ainsi que pour adresser les comportements
sociaux négatifs des Dominicains à l'égard des Haïtiens. « Une réforme
migratoire est complexe: comme tout dépositaire, les autorités
haïtiennes et dominicaines, les groupes non-gouvernementaux et
représentants d'institutions internationales doivent travailler en concert
afin de transformer les institutions politiques, légales, économiques et
sociales indispensables pour atteindre un véritable changement>>.
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