[comgarr] Les autorités dominicaines opèrent des rapatriements massi fs à la frontière
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Lun 23 Oct 10:49:59 EDT 2006
Les autorités dominicaines opèrent des rapatriements massifs à la frontière
P-au-P, 30 septembre 2002 - La Direction de la Migration appuyée par
l'Armée et la Police dominicaines, opère depuis quelques semaines, des
rapatriements massifs sur différents points de la frontière
haïtiano-dominicaine.
Début septembre 2002, près de deux cents personnes sont rapatriées du côté
de Belladère, dans le Plateau Central, a appris le GARR de source digne de
foi. Quelques jours plus tard, soit le 13 septembre, toujours à ce même
point frontalier, l'armée débarque sans ménagement, une quarantaine de
personnes arrêtées dans les rues de Santo Domingo. “ Nous étions sur le
chemin du travail quand nous avions été saisis, mis en dépôt et renvoyés
en Haïti ”, a confié un rapatrié, Mardi Ajinel, à une équipe du GARR en
tournée à la frontière. Ce compatriote résidait en République Dominicaine
depuis une quinzaine d'années.
Le 16 septembre écoulé, au portail de Malpasse, près de 500 personnes on
été expulsées. Entre le 26 et le 27 septembre, toujours à Malpasse, les
expulsions se sont poursuivies jusqu'à dépasser 200 personnes. Dans ce
dernier groupe se trouvaient des enfants en bas âge dont un bébé de 11
mois déporté sans ses parents.
Le GARR est profondément préoccupé par cette recrudescence de
rapatriements massifs accompagnés dans la plupart des cas, de violations
graves des droits de la personne comme les séparations de familles,
l'impossibilité pour les victimes de présenter leurs documents, d'alerter
leurs proches ou de récupérer leurs biens.
Ces vagues de rapatriements surviennent à un moment où l'Ambassade d'Haïti
à Santo Domingo est engagée dans un processus d'identification des
ressortissants haïtiens par l'octroi d'actes de naissance, de passeports
et de cartes consulaires. Ce processus enclenché en application de la
déclaration conjointe signée à l'issue de la visite du président Aristide
à Santo Domingo, le 16 janvier 2002, avait été salué par le gouvernement
dominicain lui-même.
Par ces agissements abusifs et répétés, la République Dominicaine viole le
Protocole d'Entente sur les Rapatriements signé sous le gouvernement
Préval en décembre 1999, lequel prévoit que l'État voisin, avant tout
rapatriement, se doit d'aviser son homologue haïtien et lui communiquer la
liste des personnes à rapatrier. Ce protocole interdit en outre, les
séparations de familles et prévoit la possibilité pour le ou la rapatrié-e
de récupérer ses biens.
En dépit des réserves que le GARR entretient vis-à-vis de ce Protocole
d'Entente de 1999 qui ignore les droits des résidents de longue date, il
invite l'État haïtien à exiger de son homologue dominicain, l'observance
des points dudit accord.
La Cour Interaméricaine des Droits Humains (CIDH), dont la République
Dominicaine reconnaît officiellement la juridiction, avait dénoncé, en
l'an 2000, ce mode de rapatriements massifs et abusifs et avait exhorté
l'Etat dominicain à respecter les droits des migrants et ceux de leur
famille. (30/09/02)
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