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Lun 23 Oct 10:47:21 EDT 2006
13 août 2002 : il y a 2 ans, le jeune haïtien Jeannot Succès mourait sous
la torture dans la caserne dominicaine de Cañada
Les militaires impliqués dans le meurtre, dont le commandant de la
caserne, le lieutenant Luis, n’ont pas été traduits en justice, à ce jour.
Aucun rapport d’enquête n’a été rendu public en dépit des engagements du
général Florian, en charge du district militaire de Caňada, au moment
du drame. « Je vais tout de suite adresser une dépêche à Santo Domingo
pour obtenir les résultats de l’enquête dans l’immédiat, car, nous sommes
disposés à collaborer pour que lumière soit faite sur ce dossier » avait
assuré le général Florian à un groupe d’avocats dominicains, le 9 mai
2001.
Quant au gouvernement haïtien, il n’a pas manifesté un intérêt soutenu
dans le suivi du dossier. Au point que des proches du défunt jugèrent bon,
en février 2001, d’adresser une lettre ouverte aux instances concernées,
les exhortant à leur fournir un appui plus conséquent et responsable dans
leur quête de justice. « En se montrant incapable de réclamer justice pour
le sang de ses citoyens, l’Etat haïtien se veut-il à l’opposé de tout
autre Etat digne de ce nom ? » s’interrogeait amèrement la famille de
Jeannot Succès.
Le 1er juillet 2001, des représentants d’organisations haïtiennes et
dominicaines de défense des droits des migrants, réunies à Port-au-Prince,
ont décidé de garder vivant le souvenir du migrant assassiné. Elles ont
associé son nom à un réseau de moniteurs engagés dans la défense des
droits humains à la frontière, dénommé RÉSEAU BINATIONAL JEANNOT SUCCÈS DE
DÉFENSE DES DROITS HUMAINS.
En juillet 2002, le Réseau tenait sa première assemblée générale dans la
ville de Santiago, en République Dominicaine et renouvelait l’un de ses
objectifs prioritaires qui est d’œuvrer au niveau binational pour que des
actes comme celui perpétré contre Jeannot Succès ne se répètent plus.
Jeannot Succès, 22 ans, était originaire de la localité de Roche Plate
dans l’Artibonite. Marié en mars 2000, il avait décidé, cinq mois plus
tard, de franchir la frontière en quête d’emploi. Après un accident de
transport, d’oừ il était sorti indemne, il reprenait le chemin du
retour quand il fut appréhendé et incarcéré dans la caserne de
Caňada, avec 2 autres compagnons de route. Là, il fut battu à mort,
le 13 août 2000. Sa jeune épouse, reçut un choc à l’annonce de la nouvelle
et perdit par la suite, l’enfant qu’elle portait. (12/08/02)
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