[comgarr] Le drame d’un mineur haïtien à Jimani : 14 mois de prison san s jugement

info at garr-haiti.org info at garr-haiti.org
Lun 23 Oct 10:43:15 EDT 2006


Le drame d’un mineur haïtien à Jimani : 14 mois de prison sans jugement

P-au-P, 6 août 2002 - Le 23 juillet 2002, Tonton Pierre, 15 ans,
fraîchement sorti de prison, s’est confié à un juriste du GARR sur les
circonstances entourant son arrestation et sa détention prolongée et
abusive.
Le 18 mai 2001, Tonton Pierre circulait à moto, à Jimani, quand il a eu un
accident sur la route impliquant deux dominicains: un chauffeur de minibus
et un motocycliste. Le minibus dont le chauffeur, aux dires de
l”adolescent, était en état d’ébriété, percuta la moto du dominicain, ce
qui provoqua un télescopage avec son engin. Le motocycliste dominicain y
laissa la vie et Tonton Pierre fut grièvement blessé. Il a été conduit en
prison et son état a nécessité une hospitalisation qui a duré 5 jours. Il
avait été, également, interrogé par la police dominicaine.
Le 7 juillet 2001, l’adolescent avait été entendu par un juge à Jimani qui
avait exigé une caution de 2000 pesos pour sa libération. «Si tu n’as
personne pour payer cette somme, tu resteras en prison » lui avait, alors,
lancé le juge. Le chauffeur du minibus, pour sa part, n’a jamais été
inquiété, souligne Tonton Pierre.
Le 9 juillet 2002, à la suite des interventions de l’avocat dominicain, Dr
Esteban Sanchez,l’adolescent a été nouvellement entendu par-devant un
juge, toujours à Jimani. Le GARR et la Pastorale Haïtienne à Barahona ont
contribué au versement de ladite caution et l’adolescent a pu ainsi, au
bout de 14 mois de détention illégale, recouvrer sa liberté.
Tonton Pierre affirme n’avoir pas été frappé pendant sa longue
incarcération. Cependant, il a été contraint, à diverses reprises, à
certains travaux comme le chargement du charbon confisqué par les
autorités ou encore des tâches plus dures comme celle de creuser des
fosses pour la mise en terre de barres de fer ou le rangement de ces
matériaux lourds.
L’adolescent souffre de douleurs à l’oeil et précise que son mal n’a
jamais été traité en prison. Son cas nécessite des soins urgents. « J’ai
très mal aux yeux quand je suis au soleil » confie t-il.
Le cas de Tonton Pierre n’est pas exceptionnel, à bien des égards. Il y a
dans les prisons dominicaines un fort pourcentage d’Haïtiens jetés en
prison sur les caprices d’un militaire ou l’arbitraire d’un agent des
douanes ou de la migration. «Cette situation appelle une vigilance accrue
des organisations de défense des droits humains à la frontière », avait
souligné le Dr Esteban Sanchez, à la rencontre annuelle du Réseau
binational Jeannot Succès de Défense des Droits Humains, tenue à Santiago,
fin juin 2002.  (06/08/02)




Plus d'informations sur la liste de diffusion comgarr