[comgarr] 3ème Assemblée Générale du Réseau Binational Jea nnot Succès de nouvelles perspectives, pour une nouvelle an n année

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Lun 23 Oct 10:32:52 EDT 2006


3ème assemblée Génerale du Réseau Binational Jeannot Succès  
De nouvelles perspectives, pour une nouvelle année 
Le Réseau Binational Jeannot Succès a réalisé, du vendredi 4 au dimanche 6
juillet 2003, sa troisième assemblée Générale au local de la INAFOS, sur
la route des frères à Pétion-Ville, zone métropolitaine de la capitale
haïtienne. Cette grande rencontre a réuni une soixantaine de moniteurs et
monitrices venant de diverses zones de la frontière, ainsi que des
institutions de support à ce réseau, telles que le Groupe d’Appui aux
Rapatriés et aux Réfugiés(GARR), le Service Jésuite aux Réfugiés et
Migrants(SJRM) et la Pastorale Haïtienne du Diocèse de Barahona.
Un bilan de la situation des droits humains à la frontière
haitiano-dominicaine a été dressé à la cérémonie d’ouverture qui s’est
tenue en présence de la presse et de plusieurs représentants et
représentantes d’organisations de droits humains.  A tour de rôle, Sinommé
St. Clair pour Haïti, et Alejandro Robles  pour la République Dominicaine,
ont pris la parole pour brosser un tableau des violations des droits
humains les plus préoccupants observés à la frontière : Abus et séparation
des familles lors des rapatriements; assassinats, vol de bétails et de
biens, abus de pouvoir, ; trafic important d’enfants, d’hommes et de
femmes ; cas d’extorsion et de dépossession dans les marchés ; détentions
arbitraires et conditions infra-humaines dans les prisons, expropriation
et violence pour implanter une zone franche, ont été entre autres les cas
les plus cités.
Au cours de cette présentation de la situation des droits humains à la
frontière haïtiano-dominicaine, M. St. Clair et M. Robles s’exprimant au
nom du réseau, ont souligné la nécessité, pour les autorités et la société
civile des deux pays, de prendre des mesures pour changer cette culture
d’injustice et d’exploitation en des rapports plus humains et plus
fraternels, autrement, le binational ne sera qu’un leurre.
Bilans et Perspectives
La première journée de l’assemblée a été consacrée à la présentation des
rapports d’activités des différentes zones ainsi que des institutions de
support qui encadrent ce réseau dont la mission est la promotion et la
défense des droits des immigrants haïtiens et autres usagers de la
frontière haitiano-dominicaine. Regroupés en quatre zones :  Nord et Sud
d’Haiti et de la République Dominicaine, les différents comités ont fait
état de l’environnement socio-politique et économique dans lequel ils ont
évolué au cours de l’année écoulée, les actions entreprises pour
promouvoir et défendre les droits humains à la frontière et les
perspectives envisagées pour l’année à venir. 
  La zone sud d’Haiti a particulièrement mis l’accent sur les violences
enregistrées dans plusieurs points de la frontière comme à Belladère où
émerge un conflit armé qui demeure encore une énigme pour la population, à
Malpaso où le Ministère de l’Intérieur a fait raser un village de migrants
laissant de nombreuses familles sans abris.  Dans le Nord, la conjoncture
a été marquée par les expropriations pour l’installation d’une zone
franche et les abus répétés contre les usagers de la frontière, notamment
les jours de marché.
  Toutes les zones ont entrepris des actions pour dénoncer cet état de non
droit qui s’installe à la frontière à travers les médias, ou à l’aide de
rencontres avec les autorités.  Elles ont documenté des cas, visité les
prisons, organisé des séminaires de formation pour les membres du réseau
et des séances de réflexion pour sensibiliser les populations frontalières
autour de certains thèmes.  En perspectives, elles se proposent, pour
l’année à venir, de renforcer la sensibilisation à travers les médias, le
dialogue avec les autorités, le suivi des cas de violation les plus graves
et les visites des prisons.  Ils envisagent également de continuer le
programme de sensibilisation et d’établir de meilleures relations avec les
organisations ayant mandaté leurs membres au sein des comités.
Quant aux institutions d’appui, à côté de leurs programmes ordinaires de
plaidoyer et d’actions en faveur du respect des droits des immigrants
haïtiens et de plus de justice dans les relations haitiano-dominicaines,
des initiatives ont été prises au cours de l’année écoulée pour faciliter
une meilleure coordination du réseau, la recherche de financement pour la
formation, la vigilance et le bon fonctionnement de cette structure
binationale.  Elles envisagent pour la nouvelle année de continuer ces
mêmes efforts tout en renforçant la communication entre elles.
Trafic de personnes à la frontière haitiano-dominicaine
Le trafic d’haïtiens et d’haïtiennes vers la République Dominicaine a été
au centre des préoccupations de la deuxième journée de l’assemblée. Après
un exposé de Mme Anne Fuller de la Mission Spéciale de l’OEA pour les
Droits Humains, expliquant la situation du trafic et de la traite de
personnes humaines au niveau mondial et les prévisions des conventions
internationales sur le sujet, Mme Céméphise Gilles du GARR a brossé les
grandes lignes des résultats d’une enquête sur le trafic d’enfants
haïtiens vers la République Dominicaine qu’elle avait menée en 2002 pour
le compte de l’OIM et de l’UNICEF. 
Selon Mme Fuller, le trafic d’êtres humains remonte au temps de
l’esclavage, période au cours de laquelle des personnes étaient vendues
comme du bétail pour le travail forcé.  Cependant, a-t-elle souligné,
depuis plus d’un siècle, plusieurs pays ont déclaré ce trafic illégal et
inhumain. Malheureusement, aujourd’hui encore, cette pratique est tolérée
dans plusieurs pays et même dans ceux dits développés, et elle a connaît
un certain regain avec le mouvement de globalisation.  Mme Fuller a
présenté les conséquences néfastes de ce trafic sur les victimes et leur
environnement. « C’est un acte de violation des droits humains, un acte
qui fait la promotion du crime et qui laisse des séquelles durables sur la
victime » a-t-elle fait remarquer.
  Pour sa part, Mme Gilles a commencé à expliquer la méthodologie utilisée
à Pilate et Plaisance, deux communes du Nord, pour obtenir des
informations sur le trafic d’enfants qui a lieu dans ces zones.  Cette
étude préliminaire qui doit être approfondie, a montré qu’il existe bel et
bien des trafiquants qui font passer des enfants haïtiens en République
Dominicaine pour les faire travailler pour leur compte et ceux de leurs
parents.  Ces malfaiteurs, considérés dans la communauté comme des
bienfaiteurs, mènent leurs activités avec le consentement des parents qui
sont souvent des gens très pauvres.  En République Dominicaine, les
enfants travaillent comme cireurs de chaussures, comme domestiques ou dans
les champs agricoles. Le fruit de leur travail est partagé entre le
trafiquant et les parents.  Le reste sert à acheter des vêtements ou à
payer l’écolage. Ce trafic a lieu surtout pendant la période des grandes
vacances et certains enfants reviennent par la suite dans leur foyer. 
Cependant, une bonne partie, après plusieurs voyages,  quittent
définitivement l’école et ne reviennent plus au pays.
  Des témoignages sur les différentes formes revêtues par le trafic de
personnes à la frontière haitiano-dominicaine sont venus enrichir les
débats qui ont suivi ces deux exposés.
  Avant de passer en atelier pour discuter plus en profondeur sur les
causes de ce trafic, ses conséquences, les principaux acteurs qui le
soutiennent et dégager des lignes directrices d’une campagne binationale
pour le combattre, des notions théoriques sur  ce qu’est une campagne ont
été fournies à l’assistance.
  Les groupes de travail ont identifié plusieurs types de trafic d’être
humains entre Haiti et la République Dominicaine, dont les plus criants
sont le trafic de main d’œuvre(hommes et femmes adultes), le trafic
d’enfants et le trafic de femmes pour des réseaux de prostitutions. Comme
cause principale à ce phénomène, ils ont pointé du doigt la situation de
misère chronique qui prévaut en Haiti et le laxisme des autorités des deux
pays qui se partagent l’île. 
Après de longs débats sur les enjeux et les implications d’un tel
phénomène, les participants et participantes à la 3ème rencontre du Réseau
Binational Jeannot Succès, ont opté, à court terme pour une campagne
massive de sensibilisation des potentielles victimes, notamment pour le
trafic de main d’œuvre source de nombreuses et graves violations de Droits
Humains.  A moyen terme, ils se proposent de mener auprès des autorités un
plaidoyer en faveur de l’application des lois en vigueur en la matière et
l’adoption de nouvelles lois et mesures pour freiner le trafic.  Quel que
soit le moment et la stratégie adoptée, les membres de l’assistance ont
admis que seul un changement profond en Haiti, permettant la création
d’emplois et une prise en charge de la population, peut effectivement
venir à bout de ce honteux commerce de personnes qui rapporte beaucoup
d’argent à certains potentats.
  Fonctionnement du réseau binational et activités culturelles
La dernière journée de l’assemblée, s’est déroulée, le dimanche 6 juillet,
sur des questions ayant trait au fonctionnement du Réseau.  Pendant
environ deux heures, les participants et participantes ont discuté sur 
les règlements internes des comités, sur les mécanismes de renforcement de
la communication à l’intérieur et à l’extérieur des comités et sur la
nécessité pour eux de tisser plus de liens avec les organisations
communautaires desquelles sont issues les moniteurs et monitrices. Au
cours de cette séance, les discussions ont également porté sur le choix
d’un logo et le contenu d’un dépliant devant identifier le réseau, ainsi
que sur la participation des comités à la préparation et la diffusion du
bulletin trimestriel du réseau à paraître bientôt.
En marge de l’assemblée, les participants et participantes ont visité,
avec l’aide d’un historien de l’Art, une exposition sur l’histoire du
Vodou en Haiti au Bureau d’Ethnologie, non loin du Palais National.  Une
soirée culturelle animée, le 5 juillet, par le groupe Kazak et le chanteur
Populaire Bob Bovano a permis aux participants et participantes, de se
mêler à la culture haïtienne et de se revigorer pour continuer le travail
qui s’est poursuivi le lendemain.
Après un moment d’évaluation, la troisième assemblée générale du Réseau
Binational Jeannot Succès s’est terminée dans l’après-midi du dimanche 6
juillet avec des propos de remerciements des représentants de plusieurs
délégations et  leur volonté de poursuivre le travail pour construire à la
frontière des relations plus justes et plus fraternelles entre haïtiens et
dominicains.
Une promenade à Boutilliers dans les hauteurs de Port-au-Prince et à
Kenskoff a complété la soirée.




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