15 Nov, 2019
dimanche, 03 février 2013 21:43

Amnistie Internationale se positionne contre les expulsions réalisées dans les camps

Haïti : Des centaines de familles se retrouvent sans-abris à la suite d’une nouvelle vague d’expulsions 


Les autorités haïtiennes doivent réagir urgemment en empêchant toute expulsion illégale et violente de personnes vivant dans des camps de fortune et prendre les mesures significatives pour leur fournir des logements appropriés, a déclaré Amnesty International aujourd’hui, à la suite d’une nouvelle vague d’expulsions de centaines de familles dans tout Port-au-Prince. La plupart des 350 000 personnes qui vivent toujours dans des camps de fortune suite au séisme de 2010 sont aussi en danger. 

Le 22 janvier, les agents de police ont expulsé violemment 84 familles du camp Fanm Koperativ dans la municipalité de Port-au-Prince. 


Selon les informations recueillies par Amnesty International, des familles n’ont reçu aucun avis d’expulsion et elles ont été expulsées de leurs camps de fortune par la police accompagnée d’un groupe d’hommes armés de machettes et de masses. Suze Mondesir, un membre du comité du camp, raconte son calvaire : « Il était environ 10h du matin, quand un groupe de policiers accompagnés d’hommes armés de machettes et de couteaux ont débarqué sur le site. Ils nous ont insulté et ont commencé à démolir nos tentes. Les hommes nous ont bousculés alors que les policiers brandissaient leurs armes sur nous pour nous empêcher de réagir. » 

Quelques jours avant l’expulsion, les habitants avaient organisé une conférence de presse visant à dénoncer l’immobilisme des autorités face à leur situation. Ils estiment que leur expulsion était peut-être une mesure de représailles. 

Les femmes ont été particulièrement affectées par l’expulsion vu qu’elles n’ont pas seulement perdu leurs abris et leurs affaires mais aussi leurs sources de revenus. Cléane Etienne, une résidente du Camp Fanm Koperativ raconte : « Les hommes ont donné un coup de pied et renversé la casserole qui contenait du café destiné à la vente. C’était mon gagne-pain. Maintenant j’ai besoin d’argent pour recommencer. » 

Une autre femme a déclaré : « Non seulement nous avons perdu nos possessions mais aussi nous devons acheter du bois et des bâches pour reconstruire les abris, parce que nous n’avons nulle part où aller ».         

« Expulser des personnes des camps de fortune veut dire infliger encore un autre trauma à des personnes qui ont déjà tout perdu dans le tremblement de terre. En les empêchant de rassembler leurs affaires et en les laissant dans la rue, les autorités privent les victimes du tremblement de terre de leur dignité », a déclaré Javier Zúñiga, un conseiller spécial pour Amnesty International. 

Au début du mois, le 12 janvier, lors du troisième anniversaire du séisme dévastateur d’Haïti, des agents de la municipalité et de la protection civile ont expulsé de force environ 600 familles du camp de Place Sainte-Anne dans la municipalité de Port-au-Prince. 

Les habitants du camp n’ont été informés de l’expulsion que cinq jours à l’avance et se sont vu promettre 20,000 gourdes (environ 480 dollars américains) par famille. Selon l’organisation locale Groupe d’appui aux réfugiés et rapatriés, 250 familles n’ont toujours rien reçu. Le jour de l’expulsion, aucune famille n’a eu le temps de rassembler ses affaires avant la destruction des abris. 

Carnise Delbrun, un autre membre du comité de camp au Camp de Place Sainte-Anne a déclaré: “Nous avons vu des agents municipaux tirer en l’air, lancer des pierres pour nous faire évacuer. Peu de temps après, des policiers sont venus les aider. J’ai remarqué des blessés : quatre personnes dont un bébé et un enfant de 5 ans blessés par une planche en bois quand des agents ont détruit leur tente avec rage. D’autres ont essuyé des coups de pierre et beaucoup d’entre nous ont perdu de l’argent, des téléphones portables, des ventilateurs et d’autres possessions personnelles. » 

“Il faut tout faire pour ne pas expulser les personnes des camps, et il faut une véritable consultation et des solutions de relogement convenables avant toute expulsion” a déclaré Javier Zúñiga. “Il faut que les autorités haïtiennes donnent la priorité aux besoinsd’hébergement de ces personnes qui vivent encore dans des conditions désespérées dans les camps de fortune trois ans après le tremblement de terre,” a-t-il ajouté. 

Le 12 janvier 2010, un séisme dévastateur a touché Haïti en laissant 200 000 morts et environ 2.3 millions de sans-abris. Trois ans après, on estime que 350 000 personnes vivent toujours dans des camps de fortune.

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Dernière modification le dimanche, 03 février 2013 22:02

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