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27 Apr, 2017
lundi, 08 octobre 2012 13:01

Les déplacés-es du camp Kid réclament des logements décents et une vie plus digne Spécial

Un représentant du GARR, Angénor Brutus, intervient dans le cadre de la Journée de réflexion Un représentant du GARR, Angénor Brutus, intervient dans le cadre de la Journée de réflexion Photo: Romina Marconi

Situé dans le quartier de Christ-Roi à Port-au-Prince, ce site d’hébergement loge environ cinq cents (500) familles déplacées depuis la catastrophe du 12 janvier 2010.  Un amas d’abris dont les toits sont maintenus par de grosses pierres ou des morceaux de tôles usées en dit long sur le confort des occupants-es. 

«Plusieurs d’entre nous vivaient en toute dignité avant ce tremblement de terre qui nous a humiliés-es. Voilà pourquoi nous aimerions que les autorités nous relocalisent dans un endroit convenable». a déclaré une rescapée du séisme Odile, à une journée de réflexion réunissant plusieurs dizaines de familles,  le 28 septembre écoulé.

Les participants-es n’ont pas caché leur impatience à laisser le camp pour aller vivre dans un endroit décent. Ils ont reproché aux autorités leur laxisme et leur indifférence en ce qui a trait à l’application de l’article 22 de la Constitution du 29 mars 1987 relatif au logement. « L’Etat doit nous reloger dans un espace convenable, c’est un droit que nous avons d’être relogées décemment.», a insisté une femme déplacée, l’air impatient.

D’autres participants-es ont exhorté les autorités à favoriser la participation des déplacés-es dans les relocalisations. Ils ont fait remarquer que la plupart des relocalisations déjà effectuées tendent à aggraver les conditions socio-économiques des familles déplacées.

«Il y a des gens qui sont relocalisés dans un endroit isolé qui n’a pas d’école, pas d’hôpital, pas de représentants des forces de l’ordre, bref pas de services de base.», a-t-elle dénoncé.

De son côté,Angénor Brutus, panéliste à cette séance de réflexion organisée dans le cadre du lancement de la Journée Internationale de l’Habitat, avait retracé l’historique de cette journée.

Ila signalé qu’en 1985, face au constat de la crise de logements dans le monde, l’Organisation des Nations Unies (ONU) avait déclaré le premier lundi du mois d’octobre, Journée Internationale de l’Habitat. Cette journée a été célébrée pour la première fois en 1986. Depuis lors, chaque année, durant tout le mois d’octobre, beaucoup d’organisations intéressées par la question créent un espace de dialogue pour permettre aux sans abris de faire entendre leur voix.

Le secrétaire exécutif de la Force de Réflexion et d’Action sur la question du logement (FRAKKA), Sanon Reyneld, est intervenu aussi au panel du Camp Kid.  Il a plaidé pour la création par les autorités d’un fonds consacré au logement et la mise en place d’une politique d’aménagement du territoire. M. Sanon en a profité pour exhorter l’Etat haïtien à intégrer les familles déplacées dans le Programme Kay Pa m en cours à la Banque Nationale de Crédit.

Cette journée de réflexion avec les déplacés-es du Camp Kid rentre dans le cadre d’une série d’activités prévues durant tout le mois d’octobre par le Collectif des Organisations pour la Défense du Droit au Logement à l’occasion de la Journée Internationale de l’Habitat. Ces activités sont lancées autour du thème «Lutter pour des logements sociaux dans de bonnes conditions, c’est lutter pour une vie digne». 

Rappelons que la problématique du droit au logement en Haïti préoccupe au-delà des frontières du pays. Ainsi, le 27 septembre 2012, le Forum de Genève sur l’Habitat avait inscrit sur son agenda la situation globale des expulsions forcées et menaces d’expulsions en Haïti. Ils avaient considéré en particulier les expulsions forcées opérées à la Place Jérémie, à la capitale, dans la nuit du 20 au 21 décembre 2011 par un groupe de jeunes de la zone du Bas Peu de Chose avec la complicité du Palais National.

Deux représentants du Collectif Haïtien pour la promotion du Droit au logement et contre les expulsions forcées, Colette Lespinasse du GARR et Jackson Doliscar de FRAKKA,   avaient pris part à ce forum qui s’est terminé par un appel de Genève aux autorités haïtiennes. 

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Dernière modification le lundi, 08 octobre 2012 14:05

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