19 Dec, 2018
lundi, 12 mars 2018 18:13

La MUSO, un outil pour encourager l’entraide dans les communautés frontalières Spécial

Des participantes et participants lors d'une séance de formation sur la Mutuelle de Solidarité (MUSO) Des participantes et participants lors d'une séance de formation sur la Mutuelle de Solidarité (MUSO) Photo: Archives GARR

La Mutuelle de Solidarité (MUSO) est un système de financement populaire qui favorise le développement économique et social des communautés. C’est un outil solidaire capable de répondre aux problèmes d’inaccessibilité au crédit à un taux abordable auxquels font face les populations les plus démunies, notamment celles des zones rurales.

La MUSO est basée sur une relation de confiance entre un groupe de dix (10) à vingt-cinq (25) personnes résidant dans une même localité ayant des intérêts et objectifs communs de créer une activité financière axée sur la solidarité et la vie associative.

Il existe 3 caisses à l’intérieur de la MUSO. La caisse verte dite caisse de business. C’est une caisse de crédit accessible à tous les membres. La caisse rouge dite caisse de secours est alimentée par les cotisations des membres. Pour mobiliser des fonds ou prêts collectifs auprès d’autres institutions financières ou non financières, cela se fait via la caisse bleue.

Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a commencé avec cette expérience après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 surtout avec les réflexions sur les alternatives pour renforcer les communautés frontalières victimes du séisme. Aujourd’hui, ses initiatives se renforcent via le projet Fwontyè San Fòs Kote réalisé en partenariat avec Oxfam Italie, des partenaires locaux et des partenaires dominicainstels que le Conseil national de financement populaire et la Chambre de métiers et d’artisanat d’Haïti(CMAH). Sur une période de trois ans et demi, ce projet est financé par l’Union Européenne.

Actuellement, il existe 28 MUSO qui ont été créées dans trois zones frontalières, notamment Ganthier, Ouanaminthe et Belladère. Sur ces 28 MUSO, 26 fonctionnent normalement. Elles  se réunissent régulièrement, font les cotisations, donnent des prêts aux membres, etc. Les deux autres ne fonctionnent pas pour des raisons diverses, entre autres manque de motivation et difficultés économiques de cotiser. Dans ces groupes il y a cinq cent soixante et une (561) personnes dont quatre cent sept (407) femmes et cent cinquante-quatre (154) hommes. Ces membres ont tous été formés.

A Belladère comme à Ouanaminthe, plusieurs membres ont déjà bénéficié de la solidarité des autres à travers leur MUSO pour s’acquitter des frais scolaires, sanitaires ou mortuaires. Les membres s’entraident en cas de difficultés en utilisant le fonds de la caisse rouge. Selon les responsables du projet Fwontyè Sans Fòs Kote, environ une vingtaine de membres ont reçu une assistance mutuelle pour des cas de maladie, de décès, d’accouchement et de mariage.

De plus, la MUSO renforce la vie associative chez les membres. Lors des réunions, les débats sont toujours très intenses et se concentrent sur les stratégies viables à mettre en place pour améliorer ou résoudre les problèmes d’épidémie, d’inondation, de famine, d’insécurité, d’absence d’eau potable et de délabrement des routes, entre autres, auxquels sont en proie les populations des communautés frontalières.

Même si elles apportent un soulagement à leurs membres, les MUSO connaissent aussi des difficultés relatives surtout au manque de fonds. Ce qui les empêche de répondre aux besoins nécessitant une grande dépense pour des membres.

Créée en 1995 au Sénégal suite à des réflexions pour le financement des populations rurales, la MUSO est apparue en Haïti à partir de 1997, contrairement aux banques communautaires, structures similaires mais plus vielles qui étaient présentes depuis 1984 dans plus d’une dizaine de pays.

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Dernière modification le mercredi, 14 mars 2018 12:39

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